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Shovel Knight, une puissante dose de nostalgie
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Atlantico Games

Shovel Knight, une puissante dose de nostalgie

De la plate-forme à l'ancienne, sans les défauts techniques de l'époque ? Le fruit d'une campagne de financement participatif sur le site Kickstarter, ayant levé $311 502 sur les $75 000 réclamés en vaut-il finalement la chandelle ? Jamais la nostalgie de la grande époque du jeu de plate-forme n'aura été aussi prometteuse : bienvenue dans Shovel Knight.

Greg Jacomet

Greg Jacomet

Greg Jacomet, 24 ans, est éditeur du magazine Parisian Gentleman, éditorialiste pour le magazine "The Rake" et un expert aujourd’hui très réputé en matière de parfumerie, notamment masculine. 
 
Il est également un grand spécialiste du monde des jeux vidéo et l’animateur de la rubrique "Atlantico Games" consacrée à l’actualité internationale du secteur.
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Nombreux sont les jeux indépendants qui, par manque de moyens, optent pour un style graphique en 2D, bien moins onéreux à la production qu'une 3D de qualité. Shovel Knight ne fait cependant pas partie de cette catégorie ; ici, la 2D à la Nintendo époque NES est un sacerdoce, un choix éduqué, assumé, et entièrement maîtrisé. L'écran titre est éloquent :  Il y a du gros pixel, une palette de couleur limitée, et de la musique tout droit sortie de l'ère 8bits.

La partie lancée, le jeu nous expose son scénario : vous incarnez le chevalier éponyme, lancé dans une quête pour retrouver sa bien aimée, la belle Shield Knight. Mais la diabolique Enchanteresse a pris le contrôle du royaume, et son ordre de chevalier renégats terrorise les habitants... Jeu de plate-forme oblige, le scénario ne brille pas par sa complexité.

L'intérêt est ailleurs, l'introduction ne dure d'ailleurs que quelques dizaines de secondes. Très vite, manette ou clavier en mains, l'on se retrouve plongé dans un univers délicieusement rétro, où les clins d'oeil aux poncifs du jeu vidéo fin 80 début 90 sont trop nombreux pour être énumérés ici. Les boss font penser à Megaman, la carte du monde à Super Mario Bros 3, certains effets sonores à Ghouls'N'Ghosts, et le gameplay en lui même doit beaucoup à Duck Tales, pour ne citer que quelques références parmi des centaines.

Pourtant, le jeu en lui même est bien plus qu'un simple exercice de pastiche. Shovel Knights possède sa propre identité, ses propres codes, et son propre intérêt. Bien au delà d'un simple piège à nostalgiques, le titre du studio Yacht Club Games s'avère être un retour aux sources rafraîchissant à une époque où les jeux sont de plus en plus complets et complexes. La prise en main est d'une immense simplicité, et aucun tutoriaux ne viennent ralentir le rythme : Shovel Knights a été pensé pour être appris sur le tas, par le biais d'un "level design" intelligemment conçu et qui ne prend pas le joueur pour un imbécile.

La difficulté du titre n'est en revanche pas calquée sur les standards de l'époque, et c'est heureux. Bien que le jeu s'avère être franchement corsé par endroits, la courbe de progression est conçue pour éviter la frustration, sans pour autant retirer au joueur tout sens d'accomplissement une fois le niveau terminé. Les "checkpoints" sont suffisamment proches les uns des autres pour éviter au joueur d'être bloqué bien longtemps, tout en étant suffisamment éloignés pour que chaque passage propose la juste dose de tension et de défi. Le sentiment de progression est par conséquent toujours bien présent. Les boss de fin de niveau sont en outre très réussis, et chaque combat a sa propre saveur.

Shovel Knight est un drôle d'oiseau ; là ou l'on était en droit d'attendre une simple collection de clins d'oeil et de références pour joueurs acharnés et nostalgiques, le studio Yacht Club Games nous propose en réalité un pur produit de l'époque 8 bits… né vingt ans plus tard. Shovel Knight est un jeu qui n'a pas à rougir face à ses illustres ancêtres, dont il aura su s'affranchir avec beaucoup de grâce. Que se passerait-il si la vieille Nintendo était encore en vie, et recevait des jeux développés avec les standards actuels ? Shovel Knight, voilà ce qu'il se passerait. Un beau numéro d'équilibriste d'une élégante simplicité et d'une surprenante profondeur.


Informations :  Editeur : Yacht Club Games ; Genre : Plate-forme 2D ; Consoles : Ordinateurs, WiiU, 3DS ; Prix : ~14€

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