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Shakespeare version 20e siècle ? La princesse Margaret devient une héroïne de théâtre très très sex, drugs and rock'n'roll
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La sister de la Reine

Shakespeare version 20e siècle ? La princesse Margaret devient une héroïne de théâtre très très sex, drugs and rock'n'roll

Une nouvelle pièce de théâtre sur la vie tumultueuse de la Princesse Margaret retrace ses relations avec un ancien gangster, sa place dans la famille royale et sa vie scandaleuse. 

Tim Teeman

Tim Teeman

Tim Teeman est journaliste pour The Daily Beast.

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Copyright The Daily Beast - auteur Tim Teeman

Ce fut tard dans sa vie et à la lumière de tous les scandales générés par la Princesse Diana, le Prince Charles, et les plus jeunes membres de la royauté que la Princesse Margaret aurait déclaré : ''Ils me laissent tranquille ces temps-ci. Ils ont d'autres chats à fouetter maintenant.'' 

Entre l'alcool, les fêtes, ses aventures supposées avec des personnalités comme Mick Jagger et Peter Sellers, l'image publique de Margaret (entre tragique et passionnée voire dissolue et imprévisible) a fait d'elle le membre de la famille royale le plus exposé et scandaleux avant même Lady Diana.  Sœur cadette de la Reine, elle n'était pas tenue aux responsabilités et aux devoirs dévorants que la Reine, en tant que Chef du Commonwealth, devait assumer.

Quand on pense à la Princesse Margaret, on pense à son premier amour contrarié, son amour pour le ballet, et et les fêtes auxquelles elle participait.  Elle vivait dans la société et le monde du show-business, et avait aussi des zones d'ombres, notamment sa relation avec l'ex-gangster John Bindon, l'un des principaux sujets de la pièce de Richard Stirling, A Princess Undone, dont la première aura lieu au Cambridge Arts Theatre au Royaume-uni le 19 octobre. 

Il y a peu d'actrices britanniques – à part Joan Collins, la méchante de 'Dynastie' - capables jouer le rôle de Margaret. A part Stephanie Beacham.  La pièce se déroule en 1993, l'année où John Bindon, qui avait la réputation de pouvoir accrocher cinq pintes à bière à son large pénis, décède.  Dans la pièce, John Bindon rend visite à Margaret, alors qu'elle se demande que faire d'une collection de lettres qui contiennent des informations scandaleuses sur Charles et Diana, et d'autres encore plus scandaleuses sur elle-même.  “Elle était Diana avant Diana, et ça a du être difficile,” a déclaré Stephanie Beacham au Daily Mail. ‘C'est toujours difficile d'être au second plan. Elle adorait sa sœur, mais elle n'avait pas sa place. Elle était présidente de ceci et cela ; elle aimait la belle vie, elle adorait être princesse. Mais elle était difficile, et parfois triste. "On ne dit pas d'un homme qu'il est difficile" ajoute Stephanie Beacham. "Une femme 'difficile' signifie simplement que c'est quelqu'un qui peut à la fois divertir et affronter les autres - et je crois que ça correspond vraiment à la Princesse Margaret."

L'agitation de la Princesse Margaret trouve son origine dans sa position au sein de la famille royale. Elle n'était pas la reine, et dès son plus jeune âge, sa soeur étant désignée pour le manteau de la monarchie, elle dû vivre sa vie dans son ombre , tout en devant lui rester fidèle ainsi qu'à sa famille. L'impatience, les drames de la vie de Margaret, furent d'abord cristallisés par son histoire d'amour avec le Capitaine Peter Townsend, ancien écuyer de son père, le roi George VI, histoire à laquelle elle a du renoncer. Peter Townsend était divorcé de sa première femme et a eu une relation avec Margaret. Ils souhaitaient se marier mais les mœurs religieuses de l'époque s'y opposèrent, même si l'opinion publique britannique soutenait le désir personnel de Margaret au-delà des interdits religieux et sociaux.

En 1955, Margaret met un terme aux spéculations enfiévrées des médias et publie une déclaration dans laquelle elle annonce mettre un terme à sa relation : “Je souhaite qu'il soit su que j'ai décidé de ne pas épouser le Capitaine Peter Townsend. Je suis consciente qu'à la condition de renoncer à mes droits de succession, il aurait été possible de me marier civilement. Mais je suis consciente des enseignements de l'Église, que le mariage est indissoluble, et de mes devoirs envers le Commonwealth, j'ai donc résolu de mettre ces considérations avant les autres. J'ai pris cette décision seule et ce faisant, ai reçu le soutien total du Capitaine Townsend.”

En 1960, la Princesse Margaret épouse Anthony Armstrong-Jones (Lord Snowdon), et à partir de 1966, si l'on en croit les rumeurs, ses liaisons extra-conjugales débutent, certaines avec des célébrités comme Mick Jagger, Peter Sellers et David Niven. Ce fut l'avènement de l'ère de Margaret, la diva royale, qui battait son plein au cours des Sixties. A un événement de la haute société new-yorkaise, elle aurait déclaré à une hôtesse qui lui demandait comment la reine se portait : "Laquelle ? Ma sœur, ma mère ou mon mari ?" (Lord Snowdon a démenti les rumeurs selon lesquelles il aurait eu des relations homosexuelles.)

Dans les années 1970, ses vacances sur l'île Moustique, et les photos avec un Roddy Llewellyn beaucoup plus jeune cimenta l'image de Margaret menant une vie scandaleuse et de luxe éhonté.  

Elle avait confié à Jean Cocteau, "La désobéissance est ma joie." Mais très sourcilleuse sur certaines choses, elle souhaitait être appelée "Princesse Margaret" par ses propres enfants devant les visiteurs et n'aimait pas que les invités quittent les soirées avant elle. John Lennon l'appelait "Priceless Margarine."  Elle fumait beaucoup, jusqu'à 60 cigarettes par jour et a subi une ablation partielle du poumon gauche en 1985, mais les tissus n'étaient pas cancéreux.

Le Daily Telegraph résumait ses années de maladie ainsi : "Elle souffrait d'infections de la gorge, de laryngite, de migraines, de gastro-entérite, de bronchites, de pneumonie et d'une hépatite bénigne." Malgré les recommandations de ses médecins, elle n'arrêta pas de fumer. Elle fut ensuite victime d'une attaque cérébrale, puis se brûla gravement au pied en entrant dans un bain bouillant en 1999. Une série d'attaques la laissèrent partiellement paralysée. La photo de Margaret, dans un fauteuil roulant, apparaissant incroyablement fragile et certainement plus fragile que sa mère, la Reine Mère, qui fêtait ses 101 ans en 2001 est en totale opposition avec la photographie de Norman Parkinson prise en studio en 1980 avec elle, la reine, la reine mère, qui formaient alors un trio glamour et étincelant. 

Sur la photo de 2001, elle est en fauteuil roulant, a un bras en écharpe et est à moitié recouverte d'un plaid. Les princes William et Harry semblent plus inquiets pour elle que pour la reine mère.  La reine mère survivra à sa fille. Margaret décéda à l'âge de 71 ans en février 2002, la reine mère mourra un mois plus tard. Au cours des derniers jours de sa vie, elle aurait regardé des rediffusions de Batman. Elle est morte paisiblement dans son sommeil.  Les spécialistes se sont demandés si elle aurait eu la même vie extravagante, triste, légèrement dingue et peu saine si elle avait épousé le Capitaine Townsend. Peut-être que la pièce de Richard Stirling et la performance de Stephanie Beacham répondront à cette question. Une étonnante combinaison entre divertissements démesurés, inconstance, snobisme, loyauté envers sa famille et sa tristesse personnelle semble avoir été le sort de la princesse Margaret.  Même si elle semblait impossible, on peut rire à une anecdote  selon laquelle Margaret imposait que durant les soirées, des serveurs soient stationnés tous les 15 mètres avec une bouteille de whisky "Famous Grouse" à la main pour remplir son verre. Ou bien lorsqu'elle laissa tomber son manteau, lors d'une autre soirée. L'histoire raconte qu'un homme a immédiatement proposé de le ramasser. Margaret répondit :"Non. Je ne le retrouverai jamais si vous le déplacez." 

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