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Quartier d'affaires de la défense dans les Hauts-de-Seine.
Quartier d'affaires de la défense dans les Hauts-de-Seine.
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Sénatoriales

Hauts de Seine, ton univers impitoyable

Sénatoriales : après Paris, zizanie à droite dans les Hauts-de-Seine.

Anita Hausser

Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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Le feuilleton des sénatoriales de la Droite à Paris hautement médiatisé en raison de la notoriété de ses protagonistes, ne serait-il que l’arbre qui cache la forêt des Hauts-de-Seine, où les listes dissidentes poussent comme des champignons ? On est en droit de se poser la question tant les vocations sénatoriales se multiplient et pas seulement pour contourner la règle de la parité imposée par la loi.

Pour l’heure l’ancien département de Nicolas Sarkozy détient une sorte de record des déchirements à droite. Pas moins de cinq listes y sont annoncées et il y en aura au moins quatre en lice le 25 septembre prochain. A ce jour la majorité présidentielle détient 5 sièges, (quatre UMP et un Modem affilié au groupe Nouveau Centre). La Gauche qui détient deux sièges pourrait arithmétiquement espérer le gain d’un troisième après la défaite de la droite à Asnières et à Colombes aux municipales. Mais elle aussi connait quelques embarras : son leader départemental, Pascal Buchet, maire PS de Fontenay aux Roses, vient en effet d’être condamné pour harcèlement moral. Le candidat est vivement poussé au retrait, mais il a fait appel de sa condamnation. Le PS qui fait liste commune avec le Front de Gauche et les Verts, veut régler le problème dans les tout prochains jours mais il risque de connaitre quelques turbulences au plan local.

En attendant la droite se déchire sur fond de spéculations de la perte ou conservation d’un siège. La compétition est d’autant plus ouverte que deux figures historiques du département, Charles Pasqua et Jean-Pierre Fourcade, tous deux âgés de plus de 80 ans, ne se représentent pas. Quand on sait que la majorité sénatoriale risque de se jouer dans un mouchoir à la lumière des dernières élections locales, toutes été favorables à la Gauche, la situation des Hauts-de-Seine, historiquement à droite, est regardée de près.

Et c’est là que les questions de personnes prennent toute leur importance. Avant d’être battue aux cantonales de Levallois-Perret, Isabelle Balkany se rêvait tête de liste UMP. Mais ce revers électoral a bouleversé la donne départementale et c’est Roger Kartouchi, l’ancien ministre des relations avec le Parlement, actuel ambassadeur auprès de l’OCDE qui a été investi pour conduire la liste UMP. Isabelle Debré, sénatrice sortante devient numéro deux et c’est la troisième place qui met le feu aux poudres. L’UMP compte un autre sénateur sortant en la personne Jacques Gautier, maire de Garches, vice-président de l’Association des Maires du Département, très actif au sein de la Haute Assemblée. Âgé de 65ans, il devait logiquement être reconduit pour un nouveau mandat. Mais il y a beaucoup de monde au portillon, et Patrick Devedjian, qui a reconquis la présidence du Conseil Général est redevenu un des hommes forts du département. Il a pesé de tout son poids pour que la troisième position revienne à son suppléant à l’Assemblée Nationale, Georges Siffredi, le maire de Chatenay-Malabry. Ce dernier a siégé à deux reprises à l’Assemblée lorsque Patrick Devedjian était au Gouvernement. Le voilà en quelque sorte récompensé pour ses bons et loyaux services de député intérimaire.

Mais Jacques Gautier, lui ne l’entend pas de cette oreille. Il est resté sourd aux propositions de recasage, dont celle, plutôt alléchante d’une nomination au poste de Délégué Interministériel à La Sécurité Routière. Fort de son action locale, notamment d’avoir mené à bien la création d’une agglomération de communes de 300 000 habitants, et de son implantation dans le département, il estime « n’avoir que des amis », et a décidé de présenter sa propre liste. Il affirme qu’il ira jusqu’au bout de sa démarche.

La détermination de Joelle-Ceccaldi-Raynaud, députée-maire de Puteaux est moins sûre. L’ancienne suppléante de Nicolas Sarkozy (sa circonscription englobe Neuilly), rêvait également d’une reconversion politique au Sénat, car elle voit poindre la candidature du maire de Neuilly, Jean-Christophe Fromantin, aux prochaines législatives. Le maire de Neuilly a sèchement battu la conseillère générale UMP en mars dernier. Et après une période d’affrontement, marqué notamment par l’affaire de l’EPAD, il semble que Nicolas Sarkozy rêve plutôt d’apaisement avec son successeur non désiré à la Mairie, ce qui veut dire qu’il ne tentera pas de contrer sa démarche aux législatives.

Quant à Isabelle Balkany, elle n’est pas totalement hors jeu puisqu’elle figure en quatrième place sur la liste UMP. La première adjointe au Maire de Levallois considère qu’elle n’a aucune chance d’être élue, mais certains, dont Patrick Devedjian, contestent tout de même sa présence sur la liste, en expliquant qu’elle « tire la liste vers le bas ».

Dans ce contexte on ne peut plus amical, l’ambiance n’est guère plus affectueuse au Centre ; le président du groupe UMP-Nouveau-Centre Hervé Marseille a été investi par le Nouveau Centre, et avec la bénédiction de l’UMP pour mener sa liste. Mais il va une nouvelle fois être concurrencé par Denis Badré sénateur sortant, maire de Ville d’Avray. Lui aussi est très actif au Sénat, notamment pour les questions européennes ; il retournera au combat, et se dit sûr de gagner. Le président du Sénat, Gérard Larcher, ne peut qu’observer la situation, car les Hauts-de-Seine, comme Paris appartiennent au domaine réservé élyséen. La date limite du dépôt des candidatures est fixée au 16 septembre et le scrutin a lieu le 25 du même mois. D’ici là ….

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