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Le Sénat est à droite, et alors ?
Le Sénat est à droite, et alors ?
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Méthode Coué...

Est-ce si grave de perdre la présidence du Sénat ?

Ce dimanche aura lieu l'élection du Président du Sénat, suite à la victoire des socialistes le 25 septembre dernier. Une première alternance ... qui ne changera rien. La seule élection qui compte vraiment, c'est la présidentielle, qui entraîne dans la foulée une victoire aux législatives.

 Authueil

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Authueil est un célèbre blogueur.

Soutier dans un grand paquebot de la république, il fréquente régulièrement les couloirs de l'Assemblée Nationale.

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Après quelques jours de flottement, le temps pour Gérard Larcher de faire son deuil et ses cartons, la Droite a acté la perte de la présidence du Sénat. C'est la conséquence logique du basculement à gauche, où même si elle est assez faible, la majorité de gauche est suffisante pour emporter la présidence.

Mais est-ce une si grande perte pour la Droite ? Pas sûr du tout

La Gauche, en choisissant Jean-Pierre Bel, rend un beau service à la droite, car ce parfait inconnu (une fois sorti de l'Ariège ou du jardin du Luxembourg) et dénué de charisme, n'exploitera pas au mieux la place privilégiée qu'il occupera. Même président du Sénat, il restera un parfait inconnu pour les Français. Il en aurait été autrement si la gauche avait décidé d'installer dans ce fauteuil une grande personnalité, une autorité morale déjà largement connue des français. Quelqu'un comme Jean-Pierre Chevènement aurait eu un autre impact...

Quand on regarde de près les pouvoirs réels du président du Sénat, on se rend compte que c'est maigre. Certes, il est protocolairement le deuxième personnage de l’État. Dans les cérémonies officielles, ça lui donne le droit d'être bien placé, au premier rang. Mais c'est symbolique. De même, s'il assure l'intérim en cas de vacance de la présidence de la République, encore faut-il qu'il y ait vacance. La dernière remonte à 1974... et quand bien même il entrerait à l’Élysée, ses pouvoirs sont faibles. Il ne peut pas changer de gouvernement, ce qui limite singulièrement sa marge de manœuvre.

Le président du Sénat dispose d'un pouvoir de nomination, mais la seule nomination de réelle importance qu'il aura à faire dans les trois ans qui viennent, c'est un membre du Conseil constitutionnel en 2013. Comme on est actuellement à huit membres de droite pour un membre de gauche, il y a de la marge. Et en plus, la couleur politique n'a plus tellement d'importance une fois qu'on est au Conseil constitutionnel : on y est pour neuf ans, et en général, on est en fin de carrière. Après, c'est la retraite !

Les autres pouvoirs portent essentiellement sur le travail législatif au sein du Sénat, et ne sont pas en mesure de gêner la droite, du moins pas plus que ce que pourra faire la majorité de gauche. Avoir la présidence du Sénat n'augmente pas tellement la capacité de nuisance du Sénat pour un gouvernement de droite.

La seule élection qui compte vraiment, c'est la présidentielle, qui entraîne dans la foulée une victoire aux législatives.

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