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Semaine de prévention et de dépistage des cancers de la peau : ces traitements innovants auxquels l’accès se révèle très inégal
©MARTIN BUREAU / AFP

Pas tous égaux

Semaine de prévention et de dépistage des cancers de la peau : ces traitements innovants auxquels l’accès se révèle très inégal

L'immunothérapie anticancéreuse est une avancée médicale pour lutter contre les cancers et notamment les mélanomes qui ne sont pas opérables. Seulement, cette technologie très onéreuse pourrait peser trop lourd dans le budget des hôpitaux pour que tous les patients puissent en bénéficier.

Louis Dubertret

Louis Dubertret

Louis Dubertret est dermatologue-cancérologue. Chef de service émérite en dermatologie à l'hôpital Saint-Louis, il fut également président de la Société française de photobiologie. 

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Atlantico : Qu'est-ce que l'immunothérapie anticancéreuse ? Pourquoi ce traitement est-il très plébiscité ?

Louis Dubertret : Avec l'apparition d'une tumeur, il y a une bataille entre des cellules qui veulent proliférer et l'organisme qui veut les éliminer. L'immunothérapie anticancéreuse permet d'une part à l'organisme de mieux lutter contre les cellules malignes et d'autre part d'empêcher ces mêmes cellules de se faire tolérer par l'organisme. Ce traitement permet d'éviter que le système immunitaire du malade soit paralysé. Ce mécanisme d'action est assez révolutionnaire. Les résultats sont meilleurs que ceux obtenus avec les traitements qu'on avait auparavant. Avant nous avions des traitements chimiques qui étaient toxiques pour les cellules malignes et également pour l'organisme. Ce traitement est beaucoup plus spécifique puisqu'on joue sur les relations entre la tumeur et le corps humain et on obtient de bien meilleurs résultats. Seuls les mélanomes qui ont des métastases, environ un sur cinq, ont besoin de bénéficier de cette immunothérapie. Pour les mélanomes qui ne sont pas opérables, il s'agit d'un progrès extrêmement important.

Malgré les résultats convaincants de cette avancée médicale, les patients français pourraient ne plus en bénéficier. Pourquoi ?

Le progrès que représente l'immunothérapie anticancéreuse coûte cher et il existe un risque de voir apparaître une inégalité dans l'accès aux soins. Il est possible de se retrouver dans la situation où certaines personnes pourraient en bénéficier et d'autres pas. Ce problème, posé par le coût de ce traitement, illustre un phénomène beaucoup plus général très préoccupant.  En France, il y a un conflit d'intérêts entre l'hôpital qui veut se faire rembourser le plus possible ses soins et la sécurité sociale qui veut économiser un maximum. Pour certains médicaments très coûteux, comme l'immunothérapie anticancéreuse, cela pose problème de savoir qui va payer quoi ?  C'est une problématique très générale, qui se pose pour de plus en plus de traitements. Les soins sont de plus en plus chers et la solidarité aura de plus en plus de mal à être assumée. L'hôpital peut donc se retrouver devant des choix de priorités très difficiles à faire.

Il serait intéressant qu'il y ait sur le sujet une réflexion européenne. Il faut s'interroger sur les différentes possibilités de réduire le coût de ce médicament.

Est-ce un problème très européen ?

Dans 95% des pays du monde ces médicaments ne sont même pas accessibles du tout, parce que c'est beaucoup trop cher. Actuellement, la grande majorité de l'humanité voit apparaître des médicaments que les gens ne peuvent pas se payer. En Europe, on commence à se demander jusqu'à quand on sera en mesure de payer. De manière générale, il faut mieux gérer la santé en France et le faire au plus proche des besoins des citoyens et de rien d'autre.

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