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Scoop toujours : on ne nous 
cache rien, on nous dit tout !
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Zone franche

Scoop toujours : on ne nous cache rien, on nous dit tout !

Dernière révélation fracassante en date : dans les trains, des contrôleurs de la SNCF seraient forcés de verbaliser des passagers voyageant sans billet !

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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La France est en train de devenir le paradis du scoop : plus un jour sans qu’une gazette ne se fasse l’écho d’une note ultra-confidentielle et « secrètement obtenue » apportant la preuve d’un terrible scandale…

Même Atlantico, le new kid on the block, se fend à l’occasion d’une info exclusive d’ailleurs propre à déboussoler la concurrence, le scoop étant par nature la chasse gardée de la presse officiellement progressiste.

Le problème, dans un pays où l’investigation journalistique est surtout une affaire de documents anonymes arrivant par la poste, c’est que le scoop du jour n’est pas toujours de première qualité. Et pour un MP3 clandestin atterrissant chez Médiapart et susceptible de faire trembler une héritière parfumeuse ou un champion du monde de foot, combien de lapins d’élevage jouant les lièvres levés en pleine nature ?

Voyons voir, ces derniers temps, j’ai bien aimé (sur Rue89) l’histoire de France 2 obtenant l’installation de ses équipes dans un hôtel de la Croisette pendant le festival de Cannes contre une vague mention de l’établissement à l’antenne... Un tel échange de bons procédés étant à peu près aussi banal que la présence d’algues vertes sur une plage du Finistère au mois de juin, il fallait vraiment qu'il soit « dénoncé » par un syndicat de journalistes pendant ses négociations salariales avec la chaîne pour qu'il se transforme en Majesticgate.

Waterboarding ferroviaire ?

Mais c'est l’affaire des contrôleurs que la SNCF forcerait à verbaliser les voyageurs sans billet qui remporte au moins provisoirement le pompon. Oui, d'après Le Parisien de mardi, le transporteur ferroviaire inciterait fortement les types chargés de vérifier que vous avez bien payé pour votre trajet à vérifier que vous avez bien payé pour votre trajet !

Hum, vous êtes certainement en train de vous dire qu'il doit bien manquer un truc à ce scoop, comme les séances de waterboarding à Guantanamo que se voient infliger les fonctionnaires récalcitrants ― quelque affreux détail qui témoignerait du sort tragique qui leur est fait. Pas vraiment, à vrai dire, au-delà de l’évocation de primes au rendement dont les agents ne se plaignent d'ailleurs pas et qui n'ont rien d'une nouveauté...

De fait, le scoop est tout entier contenu dans le communiqué interne et top-secret (la SNCF n’emploie jamais que  241 000 personnes) tombé entre les mains de nos confrères et que l'on pourrait résumer ainsi : les contrôleurs seront conduits à « faire du zèle », c’est à dire à contrôler le maximum de passagers pendant leur temps de service !

Moi-même, j’aurais plutôt tendance à trouver que l’info principale, sur ce coup, est la réaction de Sud-Rail glanée dans Le Monde et enjoignant les personnels à « ne pas céder aux pressions hiérarchiques » d’une entreprise mettant « la pression sur les contrôleurs pour que ceux ci (…) réalisent des PV », mais on sait bien que j’ai tendance à faire du mauvais esprit et que ça me joue parfois des tours.

N'empêche, avec des scoops de ce calibre, on va finir par regretter l’omerta.

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