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Sarkozy 2.0 : les 5 tweets qu’il ne fallait pas manquer pour comprendre l’offre politique qu’il entend incarner pour 2017
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Geek en politique

Sarkozy 2.0 : les 5 tweets qu’il ne fallait pas manquer pour comprendre l’offre politique qu’il entend incarner pour 2017

Vendredi matin, Nicolas Sarkozy s'est livrée à une opération de communication sur twitter en répondant à certaines questions, en tout genre, d'internautes. Passage en revue des principaux messages et des réponses de l'ancien président, en pleine tentative de séduction électorale.

Christelle Bertrand

Christelle Bertrand

Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien France-Soir, puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, François Bayrou ou encore Ségolène Royal.

Son dernier livre, Chronique d'une revanche annoncéeraconte de quelle manière Nicolas Sarkozy prépare son retour depuis 2012 (Editions Du Moment, 2014).

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Alors bien sûr, le grand public aura surtout retenu que Nicolas Sarkozy n’a pas de préférence entre les chiens et les chats et qu’il accepte d’acheter un téléviseur grand écran à son fils. Bien sûr. Et quoi d’autre ? Rien, vraiment ? Ah, oui peut-être aussi que l’ancien chef d’Etat  vient de finir la saison 3 de Homeland. L’exercice auquel s’est livré le président de l’UMP hier,  à l’heure où la France digérait son café croissant, est un brin étrange. Et avant même qu’il ne pénètre dans la salle de réunion du parti, rue de Vaugirard, où s’est déroulé le live tweet, la presse s’en donnait déjà à cœur joie en commentant : "Nicolas Sarkozy se prend les pieds dans le tapis" "l’opération de com tourne au vinaigre"…  Il faut dire que les questions arrivées sur le hashtag NSdirect ressemblaient plus franchement à une vaste blague qu’à l’amorce d’un débat politique de fond. Extrait : "Quand on est au chômage on ne crée pas un hastag #NSDIRECT pour chercher un emploi; on s'inscrit à pôle emploi". Il a donc fallu trier pour que le débat avec les internautes se tienne. Trier, mais pas trop : "Nicolas a souhaité répondre à tous type de question. Il l’a fait avec beaucoup d’humour. C’est ça tweeter, le pire aurait été de vouloir utiliser un outil sans en accepter les codes", explique un proche de Nicolas Sarkozy. L’ex chef d’Etat y est donc allé de ses petites blagues, tutoyant ses interlocuteurs, commentant les transferts au PSG. "Merci de faire le nécessaire pour que Pogba signe au PSG. La bise à Nasser", écrit un supporter. "Bien reçu le message sur Pogba, je partage ton avis, il va falloir qu’on se cotise !", répond Sarko du tac au tac.

"Ca n’a pas tourné au vinaigre. Nicolas utilise Tweeter depuis longtemps, depuis qu’il est venu devant le BP de l’UMP pour lancer le Sarkothon en 2013. Il y a une importante communauté qui le suit, le soutient et qui est très mobilisée. Et puis, ce qu’on voulait, c’était montrer que Nicolas Sarkozy accepte le débat. Qu’il est à l’écoute et qu’il répond à tous. C’est ça le principal message", explique un proche. Point de message politique construit d’avance, d’idée forte à faire passer. "On ne s’est pas dit, on va caser ça, ça et ça", confirme ce proche. Et pourtant, à travers les réponses de l’ancien chef de l’Etat commence à se dessiner un projet politique, les contours de ce corpus idéologique qu’il va imposer en tant que patron de l’UMP et défendre lors de la primaires. Quelques pistes donc, sans doute passées inaperçues émergent.

Question d’un internaute : "comprenez-vous qu’étant de Gauche je sois quand même républicain ?" Réponse de Nicolas Sarkozy : "Entre le socialisme et la République vous avez choisi le socialisme. Nous avons choisi la République. Il ne s'agit pas de vous exclure mais de dire que la République est une priorité - comme le socialisme est pour vous une priorité". Le président de l’UMP martèle ainsi une idée déjà évoquée lors de son meeting à Nice, le 23 avril dernier.  Exit les concepts de droite et de gauche. Exit aussi celui d’identité nationale. Il renoue avec le Nicolas Sarkozy d’avant 2007, celui qui, sous l’influence de Henri Guaino, affirmait à Périgueux le 12 octobre 2006 : "Les socialistes d’aujourd’hui sont d’abord des socialistes. Ils ne sont pas préoccupés par l’avenir de la République. Ils sont préoccupés par l’avenir du socialisme. Pour eux la République c’est l’affaire des partis. Pour nous c’est le problème de la nation. Pour eux la République c’est la gauche. Pour nous la République ce n’est pas la droite, ce n’est pas la gauche, ce sont tous les Français". Tiens tiens, ainsi, en nommant son nouveau parti Les Républicains, Nicolas Sarkozy ne serait pas la droite, pas la gauche mais… l’ensemble des Français ?

Question d’un autre internaute : "Pour battre François Hollande, êtes-vous prêt à vous réconcilier avec François Bayrou?" Réponse : "Pour préparer l’alternance de la France, il faut le rassemblement général, sans aucune exclusive, à la condition incontournable..."  Et dans un second tweet : "que ce soit le rassemblement des gens qui s’opposent à @FHollande. Pas de ceux qui sont un pied dedans, un pied dehors !" Sur ce point rien de changer, Nicolas Sarkozy n’a pas l’intention de pardonner à Bayrou son soutien au candidat socialiste entre les deux tours au risque de le voir se présenter en 2017 et lui voler quelques voix peut-être déterminantes pour accéder au second tour.

 

Question : "Que pensez vs de cette citation de De Gaulle : "La République est laïque, la France est chrétienne" ?" "Je ne la connaissais pas, j’approuve. Je préciserais, la France a des racines chrétiennes, elle n’est pas que chrétienne." Cette fois, Nicolas Sarkozy semble prendre ses distances par rapport à son discours au Palais du Latran le 20 décembre 2007 durant lequel il affirmait : "nous devons tenir ensemble les deux bouts de la chaîne : assumer les racines chrétiennes de la France, et même les valoriser, tout en défendant la laïcité, enfin parvenue à maturité". Il ajoutait, sous l’influence de Patrick Buisson : "L’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal." Nicolas Sarkozy se recentre donc, mettant l’accent sur l’aspect multiconfessionnel de la France. Quelques tweets plus tard, il condamnait les propos du maire de Venelles qui réclamait l’interdiction de l’Islam en France.

Une dernière question d’internaute permet de préciser le projet : "M. le Président, aujourd'hui vous nous donnez la parole et nous vous en remercions .Quelle place accorderez-vous au référendum ?" Réponse : "La seule façon de redonner du crédit à la parole publique c'est de ne pas craindre l'expression du peuple. Ce fut une erreur de ne plus utiliser le référendum. Le référendum sera l'une des priorités de notre projet". L’idée ne date pas d’hier, entre les deux tours de la présidentielle Nicolas Sarkozy affirmait, dans sa lettre au Français, qu’il souhaitait "Rendre la parole aux Français en sollicitant leur avis par référendum quand ce sera nécessaire pour surmonter les blocages". Il n’aura pas l’occasion de mettre sa proposition en pratique mais beaucoup l’accusent alors de ne l’avoir pas fait durant son quinquennat. Hier, l’ancien premier ministre Grec, George Papandreou, se moquait sur tweeter encore "What a novel idea. Bravo Nicolas!" Nicolas Sarkozy s’était, en effet, opposé, en novembre 2011, à la tenue d’un référendum en Grèce sur le plan de sauvetage européen.

Peu d’annonces donc durant ce live tweet, la forme semble avoir été privilégiée sur le fond. Il s’agissait de montrer, avant tout, l’accessibilité d’un homme que l’on disait peu enclin, depuis 2012, à aller à la rencontre des français. Un premier contact durant lequel l’ancien président n’a pas évité les questions agressives mais qui reste… virtuel.

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