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Saint-Etienne-du-Rouvray : l'assassinat du père Hamel a été une réelle prise de conscience dans les deux communautés
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Saint-Etienne-du-Rouvray

Saint-Etienne-du-Rouvray : l'assassinat du père Hamel a été une réelle prise de conscience dans les deux communautés

Un an après le meurtre du père Hamel, la blessure est encore présente dans les deux communautés.

Mohammed Nadim

Mohammed Nadim

Mohammed Nadim vit et travaille au sud de l'Algérie. Musulman pratiquant, bouleversé par l'atroce assassinat du Père Hamel le 29 juillet 2016, il décide de témoigner.

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Atlantico : Un an après le meurtre du père Jacques Hamel, quel est votre sentiment aujourd'hui ? La France en-a-t-elle tiré les enseignements nécessaires ? 

Mohammed Nadim : Il faut du temps pour surmonter pareil drame. La blessure est encore vivace mais nous devons continuer le chemin tracé par le père Hamel, cet homme bon. Etre toujours au service de ses semblables et combattre le mal par les armes de l'amour.

Je ne sais pas si la France a tiré les enseignements nécessaires mais je constate qu'il y a une réelle prise de conscience dans les deux communautés. Un réel sursaut pour éviter tout simplisme et que le dialogue sort renforcé. 

Contrairement aux autres attentats, celui de Saint-Etienne du Rouvray, a moins divisé. Le maire de la ville affirme même qu'il a permis "un dialogue qu'il n'aurait pas imaginé". Comment expliquez-vous cela ?

"Parce que le monde a tant besoin d'espérance" disait le père Hamel qui a réussi le miracle de réunir les deux communautés après sa mort. Et parce que les hommes de l'église se sont élevés vers un discours pacifique, généreux et beau et qu'il n'y a jamais eu dans leurs paroles la moindre stigmatisation.

Stigmatiser, comme le font à dessein certains politiques, aurait été une double victoire pour les assassins du père Hamel. Prendre sa vie et nous diviser. Or la seule et unique réponse à toute barbarie c'est de s'élever encore et toujours, de crier quoiqu'il advienne, haut et fort notre unité et notre fraternité. C'est le seul et unique barrage que les assassins ne peuvent pas franchir. 

Pour les musulmans, qui se sont rendu nombreux dans les églises, l'acte était des plus sidérant. Un homme de Dieu, un prêtre égorgé à l'intérieur d'une église !!!  C'était insupportable.

Mais si le dialogue islamo-chrétien a toujours été une préoccupation des deux communautés, je constate malheureusement qu'il est toujours accéléré suite à des drames comme celui de l'assassinat du père Hamel.

Nous ne devons pas attendre toujours le pire pour se parler.

Le président Emmanuel Macron souhaite organiser, une à deux fois par an, une sorte de sommet des religions. Cette mesure vous parait-elle judicieuse ?

L'idée du président Emmanuel Macron, dont j'ai beaucoup aimé le discours à Nice lorsqu'il a cité guillaume Apollinaire, et non seulement judicieuse mais elle est nécessaire et toute initiative qui rapproche les communautés religieuses en France est la bienvenue. 

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