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Sacré-Cœur : cachez ces croix que nous ne voulons pas voir…
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Une question de goût ?

Sacré-Cœur : cachez ces croix que nous ne voulons pas voir…

Elles sont, paraît-il, choquantes. Et pourraient occasionner des troubles psychologiques chez certains.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Le Sacré-Cœur est un des monuments les plus connus de Paris. Et aussi un des plus laids. Un cauchemar pâtissier avec une dégoulinante de crème Chantilly. Si on ajoute que cette basilique a été érigée "en expiation des crimes de la Commune de Paris", on comprendra que dès sa naissance, elle a été vouée à la laideur. 

Mais le Sacré-Cœur est là. Et bien là. Connu dans le monde entier et attirant des millions de visiteurs. L'édifice est, nous l'avons dit, une basilique. Une basilique, comme les cathédrales, comme les églises, se doit être ornée de croix. Une idée fâcheuse et détestable.

La Ratp, éprise de sérénité, a donc entrepris de corriger cette anomalie. Elle gère le funiculaire qui, gravissant les pentes de la butte Montmartre, amène au Sacré-Cœur. Sur un tableau lumineux indiquant le temps du trajet, une image de la basilique décapitée : plus de croix ! Ce qui constitue une odieuse tromperie sur la marchandise. Combien de visiteurs innocents peu, très peu catholiques ont eu des malaises en découvrant que l'objet proposé à leur admiration était en réalité surmonté de croix…

Mais la RATP n'est pas seule dans son courageux combat esthétique. Pour les voyageurs étrangers, Orange a placardé des affiches "Welcome to Paris". On y voit les deux symboles inévitables de la capitale. La Tour Eiffel et le Sacré Cœur amputé de ses appendices cruciformes. 

Cette mutilation artistique mérite une tentative d'explication. La première qui vient à l'esprit est que les designers de la RATP et d'Orange ont fait leurs études dans les Académies des Beaux-Arts de Bagdad, Damas, Kaboul ou Riyad. Elle est sympathique, mais elle ne peut suffire à elle seule. 

Peut-être que le Saint-Père a supplié la Ratp et Orange de ménager les susceptibilités religieuses des migrants qu'il affectionne tant ? Peut-être a-t-on voulu prendre en compte les fragilités émotionnelles des touristes en provenance du Golfe Persique ? Peut-être a-t-on voulu éviter des malaises vagaux aux originaires du 93 dans la sensibilité est grande ?

Tout cela est probable mais pas certain. Mais ce qui est sûr, c'est le silence, le terrible silence de l'Eglise sur cette "normalisation" du Sacré-Cœur. L'archevêque de Paris n'a-t-il rien à dire sur le sujet ? La Conférence épiscopale non plus ? La Croix peut-être ? Non. Rien. Pas une ligne. La Croix est supposée être un journal catholique de référence. Son silence et celui des dignitaires de l'Eglise font un bruit assourdissant :le glas qui sonne pour les morts! Quand on cesse de croire à ce qu'on est, on cesse d'être.

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