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La Russie de Poutine risque-t-elle une nouvelle révolution ?‏
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Printemps russe ?

Ce samedi des dizaines de milliers de manifestants étaient réunis dans les rues de Moscou pour protester contre la victoire de Vladimir Poutine aux législatives du 4 décembre. 20 ans après la chute de l’URSS , cela préfigure-t-il la fin de l’ère poutinienne ?

L’avenue Andreï-Sakharov à Moscou était noire de monde ce samedi. Ils étaient près de 120 000, selon les organisateurs, à manifester contre les fraudes électorales aux élections législatives du 4 décembre dernier. Vladimir Poutine, à la tête du parti Russie unie, domine la vie politique russe depuis une dizaine d’années et les citoyens russes ne supportent plus le climat de corruption et d’oppression qui règne dans le pays.

Il y a 20 ans, Mikhaïl Gorbatchev président de l’URSS démissionnait. Aujourd’hui l’ancien président russe conseille à Vladimir Poutine de suivre son exemple : « Il a déjà eu trois mandats, deux en tant que président et un en tant que premier ministre, c’est suffisant. Il devrait faire comme moi et laisser une impression positive de ses actions. »

Mais la fin de l’ère soviétique n’a pas suscité d’activité politique intense.

Aujourd’hui « Les gens se réveillent , affirme Sergei Udaltsov, leader de l’opposition à la tête du Front de gauche, ils ont arrêté de se contenter de ce régime humiliant. » Corruption et pauvreté ont exaspéré les citoyens russes. 40% d’entre eux vivent en dessous du seuil de pauvreté défini par l’ONU alors que l’élite du Kremlin s’enrichit grâce aux exportations de gaz et de pétrole.

Les prochaines élections présidentielles auront lieu le 4 mars prochain, et Vladimir Poutine pourra briguer un nouveau mandat à la tête du pays. Vladimir Poutine a de fortes chances de l’emporter puisque qu’il n’a pas de concurrent sérieux, mais la légitimité de son mandat pourrait sérieusement être entachée par la vague de mécontentement qui s’étend en Russie. Avec 36% d’opinions favorables, le taux de popularité de l’actuel Premier ministre russe est au plus bas.

Le gouvernement russe a bricolé en urgence des réformes censées apaiser l’opposition. Ce vendredi au Parlement, le Kremlin a proposé une loi qui faciliterait la participation aux élections des nouveaux partis d’opposition.

Plus de démocratie ? Pas si sûr. Une source de Russie unie a affirmé au quotidien britannique The Independent (lien) que le gouvernement espérait ainsi favoriser la construction de petits partis d’opposition pour en disperser les voix.

« Nous devons prendre des mesures drastiques, a déclaré cette source, nous avons manqué l’occasion de travailler avec les gens et de les apaiser.  Nous devons vite ouvrir le système. »

Car les Russes se mobilisent. Le 10 décembre déjà , ils étaient 40000 à défiler à Moscou. Cela peut paraître peu, la dernière mobilisation de cette ampleur date de 1991 lors du coup d’état raté contre Gorbatchev.

Pas de leader d'opposition

Mais l’opposition n’a pas vraiment su tirer parti de l’instabilité politique de ces dernières années. Selon Brian Till, la Russie manque d'un leader capable de galvaniser les foules. Pour l’instant pas de candidat au poste. Les élites russes ne semblent pas s’inquiéter du manque de démocratie. Ils estiment que la Russie a besoin de temps pour effectuer sa transition.

Et alors que les manifestants du printemps arabe paraissent tous très jeunes, en Russie les manifestants sont plutôt dans la fleur de l’âge. Il faut dire que le mouvement  Nashi, la jeunesse du Kremlin a réussi à enrôler plus de 100 000 jeunes qui ont ainsi eu le sentiment d’appartenir à un mouvement plus large. Leur adhésion aux idées de Poutine résulte d’un « jeu » plutôt que d’une véritable adhésion politique. Reste à savoir si ces jeunes pourront se recycler dans l’activisme politique.

Pour l’instant on parle toujours de la Russie de Poutine, et personne ne semble en mesure de contester qu’elle lui appartient.

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