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News of the World, exception anglaise ?
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Zone franche

News of the World, exception anglaise ?

Quoi, des journalistes qui fondent leurs investigations sur des écoutes clandestines ? Mais quel scandale !

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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L’affaire « News of the World » est absolument terrifiante : des milliers de personnes espionnées au téléphone, on se croirait revenu au temps de la cellule d’écoute de l’Élysée !

Le bon côté de cette histoire, pour autant, c’est la manière dont elle nous rassure sur l’universalité des turpitudes de ce genre. Non, la France n’est pas le seul pays où l’on sait prendre ses distances avec la morale et l’éthique avec autant d’enthousiasme ! Entre ces Grecs qui trafiquent leur comptabilité nationale, ces ministres allemands qui se fabriquent des doctorats et ces chefs d’État italiens qui détournent des mineures, on aurait presque l’impression de la jouer petit bras…

Bon, à vrai dire, pour les enquêtes à base d’écoutes clandestines, la presse française n’est pas la dernière non plus. Et sans les conversations de riches héritières captées par un majordome en colère ou les enregistrements secrets de réunions sportives, nos tabloïds à nous n’auraient pas grand chose à se mettre sous la dent non plus.

Mais c’est sans doute que, même dans l’exercice périlleux du « journalisme d’investigation », on retrouve toujours un peu du caractère national. Les Britanniques, libéraux et pro-actifs, les organisent eux-mêmes, leurs écoutes. Ils recrutent des barbouzes, s’équipent en matériel hi-tech, organisent des coups montés déguisés en scheik arabe pour confondre trafiquants d’armes et aristos cupides... C’est dégueulasse mais c’est créatif. Leurs homologues français, casaniers et respectueux des usages, préfèrent attendre à la rédac d’être instrumentalisés par tel ou tel en publiant les « documents secrets » qui leur parviennent par la poste.

On objectera que, si c’est pour la bonne cause, pourquoi pas… Mais livrer, comme l’ont fait des plumitifs du Sunday Times (un autre titre du groupe Murdoch) en mars dernier, des valises de billets à des députés européens en échange de propositions d’amendements pour mieux les dénoncer, n’est-ce pas aussi, finalement, faire triompher l’information et la justice ?

Non, c’est pour rire. Evidemment.

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