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C’est une élection cruciale dans la stratégie du Premier ministre David Cameron face aux succès écrasant des travaillistes qui gagnent 854 sièges aux élections locales dans le Nord de l’Angleterre, dans les Midlands et au Pays de Galles, tandis que les co
C’est une élection cruciale dans la stratégie du Premier ministre David Cameron face aux succès écrasant des travaillistes qui gagnent 854 sièges aux élections locales dans le Nord de l’Angleterre, dans les Midlands et au Pays de Galles, tandis que les co
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Ric rac

Royaume-Uni : les conservateurs perdent les élections locales mais gardent (de justesse) la mairie de Londres

La réélection du Maire sortant pour un mandat de quatre ans est en fait un référendum sur la personnalité de Boris Johnson. Sa victoire sauve l’honneur du parti conservateur et constitue une lueur d’espoir pour le Premier ministre David Cameron face à une cruelle défaite aux élections locales à mi-mandat.

Sophie Loussouarn

Sophie Loussouarn

Sophie Loussouarn est spécialiste de l’histoire politique et économique du Royaume-Uni et proche du monde politique anglo-saxon.

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Le jeudi 3 mai 2012, les Londoniens ont voté pour leur Maire qui est une des personnalités politiques les plus influentes du Royaume-Uni. Il a fallu attendre vendredi 4 mai avant minuit pour connaître le vainqueur de cette élection. Boris Johnson est arrivé en tête avec 51,53% (1054 000 de voix) talonné par le candidat travailliste Ken Livingstone, qui arrive en deuxième position avec 48,47% (992 273 de voix). C’est une élection cruciale dans la stratégie du Premier ministre David Cameron face aux succès écrasant des travaillistes qui gagnent 854 sièges aux élections locales dans le Nord de l’Angleterre, dans les Midlands et au Pays de Galles, tandis que les conservateurs perdent 428 sièges.

Agé de 47 ans, le Maire sortant de Londres, le conservateur Boris Johnson, au charisme légendaire, était le grand favori. Le plus connu des hommes politiques britanniques a su faire ses preuves depuis 2008 et est apparu comme un bon gestionnaire de la capitale. Face à lui, l’ancien Maire de Londres de 2000 à 2008, le travailliste Ken Livingstone, âgé de 67 ans, surnommé par la presse « Ken le Rouge », se pose en rival et fait campagne sur la baisse des prix des transports londoniens. Enfin, Brian Paddick, déjà candidat en 2008, a été à nouveau sélectionné par les libéraux démocrates en 2012, mais est arrivé en quatrième position avec 4,2% des suffrages, derrière le candidat des verts, Jenny Jones (4,6%).

Cette bataille entre deux personnalités politiques, Boris et Ken, s’est déroulée sur fond de crise économique avec l’annonce de la contraction du PIB de 0,2% au premier trimestre et du retour de la récession le 25 avril 2012, quelques jours avant le scrutin.

Elevé dans le pensionnat d’Eton, où il a été le condisciple de David Cameron, Boris Johnson a fait ses humanités dans le collège de Balliol à Oxford et s’est illustré comme Président de l’Oxford Union, qui prépare les futurs hommes politiques aux joutes oratoires de la Chambre des Communes. Boris Johnson a commencé sa carrière comme journaliste au Times et au Daily Telegraph, avant de devenir rédacteur en chef du Spectator en 1999. Elu député en 2001 dans la circonscription de Henley-upon-Thames, il est le candidat officiel du parti conservateur à la Mairie de Londres en 2008. Le 2 mai 2008, il remporte 1 168 738 voix contre Ken Livingstone (1 028 966 voix). C’est là un triomphe pour cette étoile montante du parti conservateur qui amorce la reconquête du parti dans la capitale et prépare la victoire des conservateurs aux élections legislatives du 6 mai 2010.

Boris Johnson nomme Richard Barnes Maire adjoint le 6 mai 2008. Boris Johnson se distingue par sa tignasse blonde qu’il ébouriffe volontairement avant chaque entretien télévisé. Très populaire dans la capitale, cet homme politique haut en couleurs se rend à l’Hotel de Ville (City Hall) à vélo et a lancé les velib à Londres, surnommées Boris bikes. Il sait rallier les électeurs au-delà des rangs du parti conservateur.

 

Son adversaire Ken Livingstone a rejoint le parti travailliste à 23 ans et a exercé des fonctions locales dans le quartier de Lambeth. Il a dirigé l’autorité de Londres entre 1981 et 1986, avant d’être élu député dans le nord ouest de Londres pour la circonscription de Brent East entre 1987 et 2001. En 1987, il est élu membre du Comité Exécutif du parti travailliste. Réélu aux élections législatives de 1992 et de 1997, il décide de se présenter à la Mairie de Londres. Il parvient à battre le candidat officiel du parti travailliste, l’ex Ministre de la Santé Frank Dobson, et obtient 38% des voix au premier tour contre le conservateur Steven Norris qui arrive en seconde position avec 27% des suffrages, devant Frank Dobson qui termine troisième avec 13% des voix. Pendant son premier mandat de Maire, il a tenté d’améliorer les transports, il est l’initiateur de l’Oyster Card (équivalent de la carte Navigo) dans le métro londonien en 2003 et il a introduit une taxe sur les voitures (congestion charge) afin de réduire les embouteillages. Très controversée, cette taxe a eu pour effet de réduire la circulation des voitures dans Londres de 20%.

En 2004, Ken Livingstone est le candidat officiel du parti travailliste à la Mairie de Londres et il gagne un second mandat avec 36% contre le conservateur Steven Norris qui obtient 28% des suffrages devant le libéral démocrate Simon Hughes qui remporte 15% des voix. En 2008, Ken Livingstone est battu par Boris Johnson, qui rend hommage à ses réalisations en tant que Maire de Londres et le décrit comme un grand commis de l’Etat. En 2011, Livingstone est à nouveau candidat à la Mairie de Londres.

La réélection du Maire sortant pour un mandat de quatre ans est en fait un référendum sur la personnalité de Boris Johnson. Sa victoire sauve l’honneur du parti conservateur et constitue une lueur d’espoir pour le Premier Ministre face à une cruelle défaite aux élections locales à mi-mandat. Le Maire de Londres sera un atout considérable pour la capitale à la veille de l’ouverture des Jeux Olympiques en août 2012, mais il apparaît aussi comme un rival redoutable pour l’actuel Premier Ministre. Boris Johnson incarne un nouveau type de conservatisme britannique : il a su défendre les banquiers et baisser les impôts locaux. Pourrait-il un jour succéder à David Cameron à la tête du parti conservateur et à Downing Street ?

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