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Dans "Omar m'a tuer", Denis Podalydès interprète Pierre-Emmanuel Vaugrenard, un personnage inspiré de Jean-Marie Rouart.
Dans "Omar m'a tuer", Denis Podalydès interprète Pierre-Emmanuel Vaugrenard, un personnage inspiré de Jean-Marie Rouart.
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Omar m'a tuer

Rouart : «Je suis moins dandy que Roschdy Zem ne le pense»

Dans son film « Omar m'a tuer », Roschdy Zem s'inspire de Jean-Marie Rouart, fervent défenseur du jardinier marocain depuis les débuts de l'affaire, pour son personnage de Pierre-Emmanuel Vaugrenard, interprété par Denis Podalydès. Toujours impliqué dans la bataille pour la révision du procès, l'académicien nous livre son regard sur le film.

Jean-Marie Rouart

Jean-Marie Rouart

Jean-Marie Rouart est écrivain, essayiste et chroniqueur. Ancien directeur du Figaro Littéraire, il est membre de l'Académie Française depuis 1997. Très impliqué dans le comité pour la révision du procès d'Omar Raddad, il est l'auteur de Omar : la construction d'un coupable (Le Fallois, 1994).

 

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Atlantico : Avez-vous été consulté au cours de la préparation du film ?

Jean-Marie Rouart : Roschdy Zem est venu me voir pour me demander de tourner des scènes dans mon appartement, pour développer le personnage de Pierre-Emmanuel Vaugrenard [interprété par Denis Podalydès, ndlr], qui me représente dans le film, en montrant les deux mondes très différents qui s'étaient rencontrés à l'occasion de cette affaire : moi, j'appartiens à une famille liée à l’impressionnisme, à la grande bourgeoisie, et Omar est marocain, issu d'un milieu modeste. Il voulait donner à voir cette rencontre très émouvante. Je n'ai rencontré Omar qu'après sa sortie de prison, car que je voulais pas sentimentaliser les choses et me laisser influencer par ma perception de l'homme. J'ai trouvé que c'était quelqu'un de très serein, avec une très grande force de caractère.

Que pensez-vous du personnage de Vaugrenard, qui vous représente ?

(Rires) J'étais très content. Denis Podalydès est un formidable acteur : avant le tournage, je l'avais rencontré, et il m'avait dédié son très bon livre sur la tauromachie en écrivant "Pour Jean-Marie Rouart avant de rentrer dans sa peau". Après, je ne crois pas être allé au Negresco et avoir eu la légèreté que Podalydès apporte au personnage, mais c'était l'idée de Roschdy Zem, qui me voyait comme un dandy, un contrepoids au personnage d'Omar. Il se sait pas qu'en fait, je n'étais pas préoccupé par mes aises ou par un désir de confort quand je suis allé faire cette enquête. Mais cela fait partie de la dimension forcément différente entre la réalité et la fiction. Je suis moins Rouletabille et plus écrivain qu'on ne le montre !

Au niveau du scénario, il y a quelques libertés minimes prises avec la réalité, comme l'enquête menée à moto, ou la scène de l'Académie, mais l'essentiel de ce qui est montré est vrai, comme par exemple le moment où j'escalade le mur de la Chamade pour prouver qu'il était possible de rentrer dans la propriété sans avoir les clés. Le personnage d'Omar Raddad, interprété par Sami Bouajila, est également très proche de la réalité.

Dans l'ensemble, je trouve le film très réussi. Ce qui m'importait, c'est qu'il soit dans la même ligne que mon ouvrage [Omar, la construction d'un coupable, sur lequel le scénario est basé].

Le film pourrait-il selon vous influencer une potentielle révision du procès ?

Je l'espère ! Si je continue à me battre pour Omar Raddad avec acharnement, c'est bien que je n'ai aucun doute ! En tant qu'écrivain, je suis quelqu'un de très libre, et j'aurais volontiers reconnu mes erreurs. Je pense que l'initiative de l'avocat en faveur d'une nouvelle analyse ADN [que le parquet a acceptée en mai, ndlr] est utile, mais personnellement, je crois que la révision ne pourra venir que de Nicolas Sarkozy. Je lui ai d'ailleurs écrit pour lui demander une révision dans l'intérêt de la loi.

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