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Renonciation du pape Benoît XVI : que va-t-il se passer maintenant ?

Alors que Benoît XVI a annoncé lundi matin qu'il allait démissionner, beaucoup de questions se posent quant à l'avenir du Vatican et du pape.

La renonciation du pape n'est pas une première, mais c'est néanmoins un événement extrêmement rare : il n'y en a eu que 4 quatre dans toute l'histoire de la papauté. Benoît IX (1012-1055) (qui a été pape à trois reprises), démissionne en 1045 car il veut se marier. Son oncle, Grégoire VI (en 1046) est, lui, poussé à la démission car il avait acheté son trône. Célestin V renonce de son propre chef, 5 mois après son élection en 1294, car il se sent incapable de mener la réforme de l'Eglise. Enfin, le dernier pape à avoir démissionné est Grégoire XII, il y a près de 600 ans en 1415, afin de mettre un terme au grand Schisme d'Occident qui a vu l'apparition de 3 papes en même temps, dont un à Avignon.

Surtout, la renonciation de Benoît XVI n'est pas vraiment une surprise. Tout d'abord, car l'âge avait forcé son entourage à alléger considérablement les programmes de ses voyages. De plus, comme l'explique Odon Vallet sur TF1 News : "Benoît XVI a été très marqué par la maladie de son prédécesseur Jean-Paul II, dont il était très proche, et dont les dernières années de pontificat ont été difficiles. Il n'était plus vraiment à même de prendre ses décisions normalement, il était très fatigué. Benoît XVI ne voulait pas reproduire cela". Enfin, Benoît XVI s'était prononcé en faveur de cette décision en 2010 dans un livre d'entretien intitulé "Lumière du Monde" : "Quand un pape en vient à reconnaître en toute clarté que physiquement, psychiquement et spirituellement, il ne peut plus assumer la charge de son ministère, alors il a le droit et, selon les circonstances, le devoir de se retirer".

La démission du souverain pontife est en effet prévue par le droit canonique. Ainsi selon le Canon 332 alinéa 2 : "S’il arrive que le Pontife Romain renonce à sa charge, il est requis pour la validité que la renonciation soit faite librement et qu’elle soit dûment manifestée, mais non pas qu’elle soit acceptée par qui que ce soit". La notion de "renonciation faite librement" tend d'ailleurs les spécialistes du droit canonique à ne pas prendre en compte les démissions de Benoit IX et de Grégoire VI et XII pour ne conserver que celle de Célestin V, seul pape à avoir renoncer à sa charge sans pressions extérieures.

Durant la période de vacance, le cardinal camerlingue de la Sainte Église romaine (actuellement Tarcisio Bertone) et le doyen du collège des cardinaux (Angelo Sodano) sont chargés de la gestion courante de l'Eglise et de l'organisation du nouveau conclave, comme nous l'explique le Père Cédric Burgun, enseignant-chercheur en droit canonique à l'Institut Catholique de Paris. Mais aucune nouveauté ou quelconque réforme ne peut être entreprise avant l'élection d'un nouveau pape, comme le rappel le droit canonique au canon 335 : "Quand le siège de Rome devient vacant ou totalement empêché, rien ne doit être innové dans le gouvernement de l’Église tout entière ; les lois spéciales portées pour ces circonstances seront alors observées".

Quant à l'avenir de Benoît XVI, "rien n'est prévu !" nous explique le père Cédric Burgun, expliquant que le droit canonique ne stipule pas par exemple s'il va pouvoir participer à l'élection du prochain pape qui aura lieu à Pâques. Selon le porte-parole du Vatican, l'option que Benoît XVI garde le titre d'"évêque émérite de Rome" est "raisonnable". "Il ne sera pas reclus au Vatican", en tout cas. Dans un premier temps, le pape s'installera à Castel Gandolfo, la résidence d'été des papes, puis il s'installera dans un ancien cloître qui se trouve dans l'enceinte du Vatican où "il se dédiera à la réflexion et à l'étude."

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