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Merkel/Hollande : Vers un couple normal ?
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Nouvel axe rhénan

Merkel/Hollande : Vers un couple normal ?

Ceux qui attendaient des résultats spectaculaires pour la première rencontre du couple franco-allemand sont restés sur leur faim. Il n’en reste pas moins que cette réunion souligne l’importance et la nécessité d'une coopération franco-allemande quasi forcée.

Henrik Uterwedde

Henrik Uterwedde

Henrik Uterwedde est politologue et directeur adjoint de l'Institut Franco-Allemand de Ludwigsburg.

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Ceux qui attendaient des résultats spectaculaires de la première rencontre entre Angela Merkel et François Hollande sont restés sur leur faim. Il n’en reste pas moins que cette réunion, le jour même de l’investiture du nouveau président français, a été un geste remarqué, soulignant l’importance de la coopération franco-allemande, qui reste, quoi qu’on puisse dire, le pivot central de la construction européenne.

Les différences entre les deux leaders sont connues. Elles vont certainement structurer les débats à venir. La chancelière insiste sur le pacte fiscal, et elle attendra François Hollande sur sa promesse de ramener les déficits publics à zéro d’ici 2017. Le président affiche lui sa volonté d’infléchir la politique européenne dans un sens plus favorable à la croissance.

Mais Merkel et Hollande ont aussi mis l’accent sur leur volonté de dépasser leurs querelles et de faire émerger des solutions communes pour renforcer l’économie européenne. Ils ont fait des premiers pas l’un vers l’autre : François Hollande a relativisé revendiquant de « renégociation » d’un traité signé par 25 chefs de gouvernement et qui commence à être ratifié ; Angela Merkel flairant bien la nécessité de compléter la rigueur budgétaire en Europe par un volet « croissance ».

  1. Quelle croissance, avec quels instruments et quel argent ? Il restera des sujets de litige, et l’on peut s’attendre à de belles controverses. La politique économique est toujours au cœur du débat démocratique, donc objet de débats et de controverses légitimes. Comment en serait-il autrement ? Il est donc normal, même nécessaire, qu’il y ait débat en Europe. Encore faut-il cesser de caricaturer les positions du partenaire, comme cela a été le cas en Allemagne avant l’élection de François Hollande, mais aussi en France avec la polémique s’attaquant à la « dominance » allemande voulant imposer « l’austérité ».

  2. Angela Merkel et François Hollande représentent bien les deux courants dominants de ce débat classique : une approche de centre-droit soulignant la nécessité de stabilité et de compétitivité d’une part, une approche de centre-gauche affichant une sensibilité plus grande aux questions de croissance, d’emploi et de justice sociale d’autre part. En même temps. les deux leaders, assez proches dans leur style politique sobre, gradualiste et pragmatique, savent bien qu’en réalité, la bonne politique économique est un policy mix intelligent entre ces deux approches. Sans gommer le débat nécessaire, ils sont capables de travailler sur leurs différences et de trouver les compromis.

  3. Merkel et Hollande savent aussi qu’ils ont besoin l’un de l’autre, qu’aucun pays n’est capable d’imposer sa voie aux autres (même si certains commentateurs en Allemagne semblent l’oublier parfois), et que l’Europe, n’en déplaise à certains esprits zélés, ne fonctionne pas par l’affrontement et le rapport de forces, mais par le rassemblement et la recherche du compromis.

    Alors, serait-on tenté de dire, à présidence « normale », couple franco-allemand « normal » : ni paillettes ni postures, mais pragmatisme, gradualisme, compromis. Pas très sexy, tout cela ? Peu importe, pourvu qu’il apporte des résultats !

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