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Un collège.
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Ghetto 

Re-durcissement de la carte scolaire : comment la mixité peut favoriser l'exclusion de certains élèves

Vincent Peillon prétend favoriser la mixité sociale et ethnique en revenant sur l'assouplissement de la carte scolaire, mais le mélange des genres n'a pas que des avantages pour les victimes de discrimination, telles que les enfants juifs, qui fuient en masse l'école publique.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Vincent Peillon, le ministre de l’Éducation nationale, vient de recevoir un rapport qu’il avait commandé et qui est naturellement conforme à ses desiderata. Le texte préconise de mettre fin à l’assouplissement de la carte scolaire (décidé par Sarkozy en 2007) dans le but annoncé de favoriser la mixité sociale et toute autre mixité (ethnique, raciale…). Un grand nombre de parents avaient en effet profité des dispositions du prédécesseur maudit de François Hollande pour placer leur progéniture dans des établissements où la violence, la drogue, la haine n’étaient pas obligatoirement au programme.

Il fallait, bien sûr, que cette aberration cesse ! Et que l’Éducation nationale retrouve son rôle premier, celui d’un mixeur, seul appareil susceptible de mélanger les couleurs, les bons et les mauvais, les violents et les calmes, les voyous et les bien élevés. Il est à craindre pour M. Peillon que les résultats attendus de sa contre-réforme ne soient pas ceux qu’il souhaite. Les parents attachés au libre choix se tourneront vers le privé. Les écoles privées déjà pleines seront bondées. Et de nouveaux établissements de ce type vont s’ouvrir.

Dans cette course pour sortir du public, les Juifs, toujours les premiers comme le disent les antisémites et les philosémites, ont pris quelques longueurs d’avance. Les toutes dernières statistiques les concernant sont édifiantes (on peut aussi les considérer comme profondément tristes). Il y a environ 600 000 Juifs en France. Le chiffre de 40 000 élèves – soit près de la moitié des petits Juifs scolarisés – est annoncé s’agissant de ceux qui fréquentent les écoles juives. C’est beaucoup ? Oui. Beaucoup trop ? Oui. Les garçons en kippa, c’est assez mignon. Les garçons sans kippa, c’est encore plus mignon.

Pourquoi sont-ils dans ces établissements ? Les résultats certes y sont excellents. La discipline sévère. Et on y apprend la Torah, ce qui intéresse nombre de parents. Mais en même temps tous ces établissements sont protégés par des barrières métalliques. Et, à certains moments, par des policiers. Contre qui ? Tous les élèves le savent. Et on s’étonnera qu’ils aient quand même envie d’être scolarisés dans des lieux guettés par le danger extérieur.

La raison de cet engouement, qu’on pourra juger pathétique, est consignée dans les travaux de la Commission Stasi, qui, en 2003 (ça date, et depuis les choses n’ont fait qu’empirer), a enquêté sur l’application du principe de laïcité. Parmi les nombreux témoins qu’elle a entendus, il y avait Mme Arvaud, principale du collège Beaumarchais, classé ZEP, dans le 11e arrondissement de Paris. Voici quelques extraits de sa déposition qui permettront de comprendre pourquoi les enfants juifs quittent l'enseignement public :

"Il n’est pas rare que des enfants juifs soient victimes de propos antisémites, dont 'sale Juif !' est l’expression la plus courante et la plus édulcorée. Il n’est pas rare non plus que ces mêmes enfants soient victimes de violences physiques parce que leurs adversaires jouent à les battre, les suivent dans la rue et vont même jusqu’à chez eux."

Mme Arvaud poursuit : "Les enfants qui sont agressés de la sorte finissent par s’ouvrir de leurs souffrances. Mais le plus souvent, quand ils s’en ouvrent, c’est qu’ils n’en peuvent absolument plus, et là, le mal est fait, et la douleur psychologique de ces enfants est immense."

Mme Arvaud encore. "Quand je punis un enfant, j’ai les parents d’origine musulmane – enfin, quand je dis les parents, les pères qui débarquent dans mon bureau, avec les oncles, avec les grands frères, avec les petits frères, avec toute la fratrie – qui m’expliquent qu’il est hors de question qu’une punition soit infligée à leur enfant eu égard au fait que c’est une femme qui la prononce."

Il paraît toutefois que la déposition de Mme Arvaud est sujette à caution. C’est Le Monde diplomatique, dont l’objectivité est à peu près aussi établie que la théorie sur le fait que la Terre est plate, qui le dit. Mais on ne voit pas en quoi la principale de Beaumarchais aurait intérêt à mentir. Pour Le Monde diplomatique, on voit assez bien.

A lire du même auteur : Le gauchisme, maladie sénile du communisme, Benoît Rayski, (Eyrolles éditions), 2013. Vous pouvez acheter ce livre sur Atlantico Editions.

vous pouvez achetez Pourquoi vous vous trompez tout le temps (et comment arrêter) Partie 1 & Partie 2, sur Atlantico Editions.
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