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Qui d’autre après Alstom ? Petite liste des entreprises françaises qui pourraient bien prochainement faire les titres
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Qui d’autre après Alstom ? Petite liste des entreprises françaises qui pourraient bien prochainement faire les titres

Après Alstom, ces groupes dont le gouvernement ferait bien de s'inquiéter...

Jean-Pierre Corniou

Jean-Pierre Corniou

Jean-Pierre Corniou est directeur général adjoint du cabinet de conseil Sia Partners. Il est l'auteur de "1,2 milliards d’automobiles, 7 milliards de terriens, la cohabitation est-elle possible ?" (2012).

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Que le gouvernement s’en occupe n’écartera certainement pas le danger. Potentiellement toute grande entreprise peut faire l’objet d’un raid hostile ou amical. Les entreprises du CAC 40 sont plutôt profitables et n’ont rien à envier à leurs homologues étrangères et donc feront l’objet de convoitise. Mais ceux qui ne sont pas en situation d’être prédateurs pourraient devenir des proies. Il ne faut pas penser que les entreprises françaises sont toutes condamnées à être victimes d’assaillants plus efficaces. Elles peuvent et doivent elles-mêmes continuer à se développer à l’étranger par leur capacité d’acquisition.

On peut toutefois citer des entreprises qui pourraient trouver hors de France une évolution ou faute de stratégie claire connaître des problèmes sérieux comme Vivendi. L’avenir de ces groupes est déterminé par leur capacité de croissance, leur rentabilité, leur taille relative, leurs perspectives d’innovation et leur positionnement dans les marchés à forte croissance d’Asie et des pays émergents, comme l’Afrique. La structure de leur capital et la volonté de leurs actionnaires sont évidemment des paramètres clefs. On  a ainsi vu que pour le groupe PSA la situation économique avait conduit la famille Peugeot, malgré ses réticences et dissensions, à perdre brutalement le contrôle de ce groupe familial séculaire.

Danone pourrait souffrir de sa forte spécialisation sur les marchés de l’eau et des produits laitiers malgré le milliard de consommateurs que ses marques drainent. Alors que la part de son chiffre d’affaires décline en Europe (40% contre 60%) son avenir dépend de la Chine et des Etats-Unis, pays d’où pourraient émerger des prédateurs actifs. Danone est une entreprise encore petite à l’échelle mondiale avec 21 milliards de chiffre d’affaires, 20% de la taille de son concurrent Nestlé.

L’Oréal est un cas à part compte tenu de son capital qui appartient à la famille Bettencourt pour 33,31% du capital, après une récente acquisition d’actions de la famille à hauteur de 6 milliards €, et au groupe Nestlé pour 24% dans le cadre d’un pacte d’actionnaires conclu en 1974 qui prévoit un droit de préemption à l’un ou l’autre des actionnaires en cas de vente d’actions L’Oréal. Or Nestlé pourrait décider de rompre ce pacte six mois après le décès de Liliane Bettencourt alors même que sa fille détient à titre personnel 1% de Nestlé. Cette situation familiale complexe pourrait conduire Nestlé à mettre la main sur l’Oréal. Même s’il n’en a pas l’intention affichée, le groupe Nestlé en a les moyens. Ce dossier complexe reste aujourd’hui une des grandes inconnues des entreprises françaises de rang international.

Accor a beaucoup souffert de l’instabilité de son management depuis plusieurs années. Une stabilisation récente avec la nomination en 2013 comme PDG de Sébastien Bazin, dirigeant du fonds Colony, a rassuré sur l’avenir immédiat du groupe hôtelier mondial. Mais les perspectives à plus long terme ne sont pas stabilisées pour le groupe qui s’est séparé de son immobilier et doit faire ses preuves dans la gestion de ses performances économiques et de son image de marque, alors même que de redoutables concurrents, notamment asiatiques, émergent dans un secteur de l’industrie hôtelière concurrentiel et dont la concentration n’est pas achevée.

Sanofi, dont l’Oréal possède 6% du capital, et qui compte 28000 emplois en France, risque de devenir une proie dans la restructuration en cours de l’industrie pharmaceutique mondiale qui voit s’affronter des géants puissants comme Novartis, Pfizer, Roche, GSK. Ses projets de réduction d’emploi en R&D ont été fortement contestés par le personnel et les pouvoirs publics. Une rumeur de déplacement du siège hors de France a créé beaucoup d’émotion. Les incertitudes sur la découverte de nouvelles molécules, les difficultés concernant les autorisations de mise en marché sur les grands marchés consommateurs comme les tensions sur les prix des médicaments sont autant de facteurs d’incertitudes qui pèsent sur l’avenir de cette entreprise dans un secteur chahuté où les portefeuilles d’activités sont actuellement remis en cause.

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