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Un impressionnant numéro d'acteur : Jacques Weber est seul en scène, habillé en clown qui plus est (houppettes de cheveux frisés de chaque côté de la tête, visage blanc, nez maquillé en rouge, immenses chaussures).
Un impressionnant numéro d'acteur :  Jacques Weber est seul en scène, habillé en clown qui plus est (houppettes de cheveux frisés de chaque côté de la tête, visage blanc, nez maquillé en rouge, immenses chaussures).
©Dunnara Meas

Atlanti-culture

Quand un grand acteur sublime un texte

"La Dernière Bande" n'est pas la meilleure pièce de Samuel Beckett mais Jacques Weber arrive à nous prendre aux tripes.

Catherine Raffour pour Culture-Tops

Catherine Raffour pour Culture-Tops

Catherine Raffour est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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L'auteur

Samuel  Beckett (1906-1989) est un écrivain irlandais qui a obtenu le Prix Nobel de littérature en 1969. Ses textes sont souvent associés au théâtre de l'absurde (En attendant Godot-1953, Fin de partie-1957).

"La Dernière Bande", texte écrit en anglais sous le titre "Krapp's Last Tape", en 1959, a été traduit en français par Beckett lui-même. Cette courte pièce de 9 pages a été jouée à plusieurs reprises depuis les années 1960 (durée environ une heure).

Thème

Au soir de sa vie, le jour de son dernier anniversaire, un homme seul et désabusé écoute un enregistrement. Il le choisit au milieu d'un stock de bandes sons soigneusement classées. Depuis des années, à l'occasion de son anniversaire, il livre au magnétophone ses souvenirs, ses états d'âmes, ses réflexions. Cette année-là, il avait 39 ans. Difficile relecture d'un passé définitivement révolu : il s'énerve de sa bêtise, vérifie l'usage de mots inusités, se reconnaît fugitivement amusé, s'impatiente de ses incapacités, s'attendrit du souvenir d'un amour manqué. Le regard de la jeune femme, le mouvement d’une barque coincée au milieu des roseaux l'émeuvent, le souvenir de cet instant répété en boucle l'apaise... définitivement.

Points forts

- Un impressionnant numéro d'acteur :  Jacques Weber est seul en scène, habillé en clown qui plus est (houppettes de cheveux frisés de chaque côté de la tête, visage blanc, nez maquillé en rouge, immenses chaussures). Il la tient magistralement dès le début avec plus de 10 minutes sans texte, tout en gestes et mimiques…. Et pourtant, au-delà du clown, c'est le vieillard que l'on suit pendant une heure : les soupirs et grognements variés qui rythment ses actions, la concentration, les gestes lents, appliqués et tremblants pour ouvrir un tiroir ou rechercher un mot dans un dictionnaire à l'ancienne mais surtout ce regard absent, lointain qui pourtant vous fixe précisément et vous pénètre : que voit-il? Que sait-il ?

- La mise en scène se concentre sur les attitudes et expressions du personnage qui se meut dans un décor sobre et efficace :  une lampe d'usine pendue au plafond, un bureau sur lequel est posé un magnétophone à bandes. La manipulation permanente de la bande accentue le côté fragmenté du souvenir difficile à saisir.

Points faibles

Ce n'est pas une œuvre majeure de Beckett. Le texte est heureusement transcendé par le talent de Weber et du metteur en scène Peter Stein.

En deux mots... 

Peut-on vivre et combler sa solitude par ses souvenirs ? Cela semble difficile, à en croire Beckett: oubli, incompréhension, amertume, sentiment d'échec semblent être les émotions ressenties par le vieillard penché sur les vestiges de son passé.

Une phrase

"Clair pour moi que l'obscurité que je m'étais toujours acharné à refouler est en réalité mon meilleur". 

Recommandation

ExcellentExcellent

Théâtre

La Dernière Bande de Samuel Beckett

Mise en scène: Peter Stein

Avec Jacques Weber 

Informations 

Théâtre de l’Œuvre

55 rue de Clichy, 75009 Paris

Jusqu'au 30 juin

Réservation : 01 44 53 88 88 

www.theatredeloeuvre.fr

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