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Quand "le meilleur d'entre nous" (selon Chirac) fait de l'humour, c'est très, très moyen...
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Hihihi !

Quand "le meilleur d'entre nous" (selon Chirac) fait de l'humour, c'est très, très moyen...

Alain Juppé a fait rire les étudiants d'Assas. Pas sûr que tout le monde trouve cela drôle.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Le maire de Bordeaux était l'invité des étudiants d'Assas. Un public conquis à l'avance : plus à droite que la fac d'Assas il n'y a pas. Et comme le public était jeune, le vieux sage a décidé qu'il n'allait pas l'emm... avec de la politique et du sérieux. Et donc il l'a fait rire avec une séquence pas du tout improvisée (quand un homme politique de son envergure est invité, rien n'est jamais laissé au hasard). A la tribune, le téléphone sonne, bien sûr sur haut-parleurs : un certain Paul Bismuth (l'identité sous laquelle Nicolas Sarkozy discutait sur un portable avec son avocat) demande à parler au maire de Bordeaux.

La voix de Sarkozy est parfaitement imitée. Alain Juppé se fend la pêche. Evoquant la primaire il dit : "s'il n'y a que 500 000 votants, c'est Paul Bismuth qui gagnera, s'il y en a 3 millions ce sera moi". La salle s'esclaffe. Là on est quasiment entre copains. Alain Juppé est aux anges. Pensez donc, il vient de montrer qu'il était aussi jeune que les jeunes qui applaudissent sa prouesse humoristique...

Seul un esprit chagrin pourrait s'insurger contre une tranche de bonne rigolade. Mais il y a humour et humour. Le Paul Bismuth d'Alain Juppé est à ranger dans la catégorie de ce qu'on appelait autrefois les plaisanteries de garçons coiffeurs ou le comique troupier. Et si l'exemple du maire de Bordeaux est suivi par ses compétiteurs, cela promet d'intenses joyeusetés chez Les Républicains.

Qui empêchera Nicolas Sarkozy d'ironiser sur celui, connu pour avoir été "droit dans ses bottes", et qui aujourd'hui se traînerait, vu son âge, dans ses charentaises ? Qui interdira à une Nathalie Kosciusko-Morizet de passer langoureusement sa main dans ses cheveux et de proclamer "je suis belle", histoire de faire comprendre que Juppé et Sarkozy sont moches ? Et, ce sera le pompon, on ne désespère pas d'entendre Nadine Morano, spécialiste de la "race blanche", décréter que les deux cités plus haut sont des "fin de race".

Bruno Le Maire "candidat du renouveau" (une façon de dire que Sarkozy et Juppé ont déjà beaucoup servi) n'a pas hésité à ouvrir le feu en criant à Vesoul devant une salle enthousiaste : "je suis jeune !". Tous ceux qui connaissent son âge, celui de Sarkozy, et surtout celui de Juppé, ont compris le message.

Au point où en est le spectacle chez Les Républicains avec le "Paul Bismuth" du maire de Bordeaux en lever de rideau, il est légitime de penser qu'un Didier Porte, un Stéphane Guillon ou un Nicolas Bedos seraient d'un grand secours pour Juppé et éventuellement pour d'autres. Certes, ces humoristes sont de gauche et ne sont pas très drôles. Mais Les Républicains non plus ne sont pas franchement hilarants.

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