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Quand le groupe Zebda demande "pardon à la France"
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Ca se chante ?

Quand le groupe Zebda demande "pardon à la France"

Enfin un acte de contrition ? Pas du tout : juste une petite méchanceté…

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Il s’appelle Magyd Cherfi. Il est connu parce qu’il fait partie du groupe Zebda, groupe emblématique de la gauche et de la diversité. Il a écrit une lettre à la France (dans  Libération ). La lettre commence par « Madame », ce qui prouve l’élégance et la courtoisie de son auteur. Il aurait pu en effet héler la France par un « salope bonne à niquer ».  Et ce « Madame » est à peu près tout ce qu’il y a de bien dans son texte.

La lettre se veut humoristique. Un humour aussi léger qu’un gros camion. Aussi fin qu’un câble de remorquage. Voilà comment Magyd Cherfi demande « pardon à la France ». « Pardon de ne pas être chrétien »… On rit ? « Pardon pour la barbe et les foulards »… On s’esclaffe ? « Pardon pour les prières étalées dans la rue, pour les youyous »… On est pliés en deux ? 
Il aurait pu faire plus court : « France je t’em… France je t’enc… ». Car c’est bien sûr ce qu’il voulait dire. Je vais me permettre de faire aussi long que lui sans être sûr d’atteindre la perfection de sa pensée.

Culpabilisez-moi, culpabilisez-moi, oui, je suis coupable, je vous demande pardon. Je demande pardon à Magyd Cherfi pour tout. Je lui demande pardon de préférer -pour de simples raisons esthétiques- des gens agenouillés dans une église aux croyants prosternés dans une mosquée. Il ne faut pas m’en vouloir : ça fait partie du paysage humain dans lequel j’ai grandi.  Je lui demande pardon de m’appeler Benoît et non pas Driss ou Mohammed. Je lui demande pardon de fêter Noël et pas l’Aïd. Je lui demande pardon d’avoir fréquenté des filles en mini-jupe et non pas des demoiselles chastement voilées. Je lui demande pardon d’aimer la côte de bœuf non-hallal (et aussi non-cacher). 

Je lui demande pardon de vivre dans le même pays que lui alors que je sais, et que je comprends, que ma présence est à ses yeux inopportune et gênante. Je lui demande pardon de rester ce que je suis : affreusement réactionnaire et conservateur, j’ai bien du mal à changer. Je sais pourtant que je devrais faire des efforts pour lui ressembler afin qu’il m’accepte. Mais bon, je n’ai pas le choix. Il me faut rester ce que je suis et rester ici car je n’ai pas où aller ailleurs. Lui si : il a un deuxième chez lui sur l’autre rive de la Méditerranée. 

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