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Quand Christiane Taubira s'emploie à faire la promo du mot "bamboula"…
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Un tweet de trop

Quand Christiane Taubira s'emploie à faire la promo du mot "bamboula"…

Oui on peut compter sur elle ! L'ancienne Garde des Sceaux est fidèle au poste. Avec une capacité de nuisance intacte.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Au commencement il y avait un flic. Un syndicaliste policier interviewé à la télévision. A une question sur le racisme supposé de certains de ses collègues, il lâcha maladroitement : "bamboula c'est à peu près convenable…". Il essaye de se rattraper en parlant des policiers qui en prenaient plein la gueule avec des "enculés de flics". Peine perdue. Le mal était fait.

Selon la formule consacrée, les réseaux sociaux s'emparèrent de sa phrase. Elle circula des dizaines de milliers de fois d'ordinateurs en ordinateurs, de cités en cités, de banlieues en banlieues. Et elle alluma des flammes de haine et des désirs de vengeance. Les médias relayèrent. Car les médias se soumettent servilement à la dictature des réseaux sociaux. Dans les journaux on aime les "vrais gens". Et le journaliste, conscient de sa médiocrité, tapote sur son écran et interpelle son rédacteur en chef. "Patron ils sont des milliers à crier que ce qu'a dit le flic c'est dégueulasse !". "C'est bon ça. Tu me tricotes vite fait un papier!".

Puis les réseaux sociaux, inconstants et volages, oublièrent un peu "bamboula" pour revenir à l'essentiel. C’est-à-dire à Pénélope. Christiane Taubira ne l'entendit pas de cette oreille. Un mot si riche et si utile ne pouvait  pas à ses yeux disparaître comme ça. Et pour relancer la "machine à bamboula" qui s'essoufflait, elle y alla, sûre d'être reprise, de son tweet régénérateur. "D'abord on casse du bamboula, ensuite on casse du bougnoul, puis on casse du jeune…".

Ayant ainsi reçu leur pâté,  ou si l'on préfère leur carburant, les réseaux sociaux repartirent de plus belle. "Ziva, elle a des couilles c'te meuf!". Mais on peut aussi se poser la question de savoir ce que casse Christiane Taubira. Eh bien, et avec un cynisme assumé, elle casse du flic ! L'ex Garde des Sceaux s'est saisie de la phrase malheureuse et imbécile d'un flic quelconque pour en faire une affaire d'Etat. L'amalgame anti flic elle connait. Avec son "bamboula" dénoncé et surtout amplifié, elle dit à la banlieue : "je comprends votre colère contre les enculés de flics!". Elle dit aussi à des milliers de décérébrés: "on vous insulte réveillez-vous !".

Après le tweet de Christiane Taubira il ne doit pas faire bon être flic en banlieue. "Tiens prends un cocktail molotov dans la gueule, c'est pour ton bamboula ! ". "Tiens je te défonce avec ma batte de baseball. C'est pour ton bamboula ! ". "Tiens prends ce pavé dans la tronche. C'est pour bamboula !". Quand il y a une mauvaise action à commettre on  est sûr de ne pas être déçu avec Christiane Taubira.

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