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PSG - REAL : 3 - 0 Sans ses stars mais avec un Idrissa Gueye impérial, Paris surclasse le Real de Zidane
©Thomas SAMSON / AFP

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PSG - REAL : 3 - 0 Sans ses stars mais avec un Idrissa Gueye impérial, Paris surclasse le Real de Zidane

Privé, excusez du peu, de Neymar, Mbappé et Cavani, le PSG écrase un grand d'Europe. Grâce à un doublé de Di Maria (13ème et 32ème) et à un but de Meunier (90ème), Paris entame de la plus belle des manières sa campagne européenne et prend la tête de son groupe.

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez est entraîneur de tennis et préparateur physique. Il a coaché des sportifs de haut niveau en tennis. 
 
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Comme elle nous avait manqué cette Ligue des Champions ! Sa renaissance coïncide toujours avec le crépuscule de l'été et on retrouve tous la reine incontestée des compétitions de clubs comme on retrouve une vieille amie. Cette épreuve unique, dans laquelle les joueurs s'investissent comme on entre en religion (le survêtement faisant office de robe de bure), est un vrai bonheur rangé dans une armoire pour tous les amoureux du football. A ceci près qu'elle cristallise, pour tous les cadors européens, les espoirs les plus fous comme les angoisses les plus inconfortables et qu'elle reste, à tort ou à raison, l'aune à laquelle se mesurent les plus belles réussites et les échecs les plus douloureux. Et en matière de tragédies, le PSG se pose désormais en mètre-étalon. Le drame de Manchester ayant simplement succédé à celui de la remontada Barcelonaise, le plus puissant des clubs français a juste démontré deux choses ces dernières années: qu'avec lui, tous les désespoirs européens sont permis et que l'on peut changer de direction tout en continuant à tourner en rond. Mais à nouvelle saison, nouveaux espoirs et le grand cirque ambulant qu'est le PSG se (re)lançait hier soir dans le grand bain en affrontant le plus prestigieux de tous les clubs: le Real Madrid de Zinedine Zidane. Un ogre au palmarès effrayant certes, mais un ogre quelque peu édenté cette saison. Un monstre qui ne se remet pas du départ de Christiano Ronaldo et dont la Benzema-dépendance reste plus inquiétante, à long terme, que rassurante. 

Le moins que l'on puisse dire, c'est que celle-là, personne ne l'avait vue venir. Battre le Real Madrid 3 buts à 0 de cette manière en présentant une équipe amputée de Neymar, Cavani et Mbappé, c'est sidérant et ce n'est peut-être pas un hasard. Bien entendu, il n'y pas de conclusion définitive à tirer d'un match de poule mais le constat assigne cette question: et si Paris était meilleur sans ses superstars ? Hier soir, c'est presque un PSG à contre-emploi que l'on a pu apprécier: pas de paillettes, mais de la sueur... pas d'arabesques techniques mais de la cohésion... pas d'individualisme mal placé mais de la solidarité à tous les étages. Si un joueur incarne ces valeurs, c'est bien Idrissa Gueye. Le but de ces lignes est soit de vous le faire aimer beaucoup, soit de vous le faire aimer davantage. C'est bien simple, même sur les vues d'ensemble, on ne voyait que lui. Un ouvrier d'élite. Un fakir, tant il comprenait tout et voyait tout avant les autres. Mais il serait injuste de se focaliser sur un seul joueur tant l'ensemble de l'effectif a été plus qu'à la hauteur de l'événement. Citons Di Maria pour son match exceptionnel et ses deux buts cruciaux (13ème et 32ème), mais aussi Marquinhos, Verratti, Icardi et Bernat pour l'ensemble de leurs oeuvres. Si les victoires appartiennent toujours aux joueurs, celle-ci doit aussi beaucoup à son entraîneur, lequel était en évidente difficulté ces des derniers temps. On ne sait pas si le technicien Allemand est content ce matin, mais il est certain qu'il doit se sentir bien soulagé. Si sa composition paraissait surprenante, elle a donné bien raison à un entraîneur qui suppliait ses dirigeants d'acheter Gueye depuis des mois ! Et il ne faut pas non plus oublier son idée de replacer Marquinhos en sentinelle car il s'agit-là d'une pleine réussite. Mais si Tuchel semble, avec le trident Gueye/Marquinhos/ Verratti avoir trouvé son meilleur milieu de terrain théorique, une question s'impose tout de même: comment faire coïncider cette organisation avec le retour prochain de la MCN ? Ce matin, les Parisiens n'ont toutefois pas à bouder leur plaisir, leur saison est lancée et ils se retrouvent seuls en tête de leur groupe tout en mettant à bonne distance leur adversaire principal. Un concurrent dépassé, hier soir, dans tous les domaines en général et au milieu de terrain en particulier. Un concurrent qui n'aura pas rempli le cahier des charges qu'exige la reine des compétitions au niveau de l'intensité et du combat.

En tapant donc très fort du poing sur la table, le PSG lance parfaitement une campagne européenne qui pourrait s'avérer décisive pour son avenir. Car en cas de nouvel échec retentissant, c'est le projet dans son ensemble qui pourrait vaciller, lassitude oblige. Ce matin, si l'optimisme est évidemment de rigueur, il ne faut pas perdre de vue qu'une saison c'est long et que le club de la capitale a plutôt la mauvaise habitude de voir venir les chagrins de loin.

Comme un symptôme des vicissitudes habituelles et des problèmes à venir, le vrai/faux départ de Neymar aura démontré que dans le football en général, et au PSG en particulier, les conséquences de ce qui ne se passe pas sont parfois bien réelles. Et c'est peu dire que le contrat de confiance impliquant la Sainte Trinité constituée par le joueur, ses dirigeants et les supporters, est déjà trop entamé (Il est vrai qu'il y a eu quelques fois comme des envies de claquer l'apôtre)... Une chose bien curieuse que la confiance, quand on y songe. Lorsqu'elle repose sur un contrat, c'est déjà qu'il y a contradiction dans les termes: car ce n'est plus la foi entre les parties qui domine, mais le doute. Or, la confiance se doit d'être aveugle, sinon elle n'est plus. En résumé, la confiance ne se donne pas, et puisqu'il s'agit toujours d'un pari, c'est donc qu'elle se gagne. Qu'en feront Neymar, ses dirigeants et les supporters ? Les paris sont lancés.

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