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PSG / OL : Sunday Night Fever pour les Parisiens

La tyrannie exercée par le Paris Saint Germain sur le championnat de France lui offre bien peu d'occasions de se mesurer à un adversaire de taille. Du genre de celui qui est capable, dans les bons soirs, de le regarder dans le blanc des yeux et de prétendre à la victoire.

L'Olympique Lyonnais est de cette race. Cette équipe est autant capable d'exploits (comme contre Manchester City) que de performances médiocres. Elle alterne le show comme le froid et ne semble régulière que dans son inconstance. 

Mais parce que le club Lyonnais a l'habitude des grands soirs, parce que Fekir est un vrai créateur, parce que Depay est capable du meilleur et parce que Ndombele est désormais international, cette équipe ne se présente pas au Parc Des Princes en victime expiatoire. Seulement, face à un PSG qui, après le couac de Liverpool, s'est remis en question et arrive lancé (trois victoires consécutives et des progrès évidents), les bonnes intentions et le potentiel ne suffisent pas. Alors qu'ils attaquent la partie sur un rythme très soutenu, un coup du sort (la sortie sur blessure de Fekir dès la début du match) est suivi d'un éclair: A la huitième minute, Mbappe va trop vite pour Anthony Lopes qui le fauche. Le pénalty est indiscutable et Neymar le transforme. La suite sera Lyonnaise. Plus vifs, plus percutants, dominateurs dans la possession du ballon, les joueurs de Genesio dominent des parisiens obligés d'accumuler les fautes et les cartons. Au milieu de terrain, un slalom de Ndombele oblige Kimpembe à commettre l'irréparable. Le carton rouge est légitime. Un sauvetage de Silva dans ses six mètres évite le pire à son équipe et c'est dans la souffrance que Paris, réduit à dix, espère fébrilement la mi-temps. Il était dit que cette première période serait plus riche en faits de jeu qu'en actions construites et l'arbitre rebat encore les cartes en expulsant Lucas Tousart juste avant le retour aux vestiaires. Une première mi-temps totalement paradoxale à l'issue de laquelle les Lyonnais pouvait nourrir une frustration compréhensible. 
 
A dix contre dix, la seconde période commence par deux frappes sur les poteaux (Mbappe puis Cornet). Les équipes se coupent en deux, les espaces se créent. Ensuite, c'est la cour des miracles, tant les actions dangereuses s'enchaînent des deux cotés. Lopes sauve les siens à trois reprises devant Mbappe (!) tandis que Buffon doit, à l'heure actuelle, encore remercier Cornet de sa maladresse (48ème). Dans ce concours de roulette Russe, c'est encore Mbappe (que l'on croyait maudit) qui permet à son équipe de reprendre l'avantage... Sur un double poteau rentrant à la 61ème... Dominateurs mais stériles, généreux mais non récompensés de leurs efforts, les Lyonnais accusent le coup et Mbappe assomme le match à la 65ème, avant de corser l'addition à la 70ème et de donner le dernier coup de marteau dans le cercueil à la 74ème. Un quadruplé en 13mn ! Une oeuvre d'art, un Rubens en crampons, un match à encadrer. 
 
De ce match fou, paradoxal et extravagant, il faut retenir la réussite parisienne et la consternation lyonnaise. Car tout à tourné en faveur de ce PSG dans un match au sommet qui donne au Paris version Tuchel un nouveau record: aucune équipe n'avait débuté le championnat de France par neuf victoires. Un Paris qui n'a pas gagné sur ses habituels points forts ( possession, enchaînements techniques)  qui souffre (qui souffrira) de l'absence de Rabiot, laquelle oblige Tuchel à présenter un effectif ne comportant qu'un seul milieu de terrain de métier (Verratti). En ce sens, cette équipe est une rareté et affiche une vraie faiblesse. Tout a réussi ce soir mais la mer Rouge ne s'ouvrira pas toujours. En ce domaine, c'est la politique sportive et le recrutement qui interrogent. 
 
Plusieurs questions demeurent: Cavani est-il le seul perdant de la soirée ? Mbappé devient-il le favori dans la course au Ballon d'Or ? Il nous faut pour conclure avoir une pensée pour de valeureux Lyonnais qui ont donné beaucoup pour récolter trop peu. Qu'ils se consolent avec cette pensée de Michel Audiard : "Il vaut mieux partir la tête basse que les pieds devant".
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