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Aveugles et sourds : il est temps de poser la question de la responsabilité des dirigeants du groupe PSA Peugeot Citröen
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Aveugles et sourds : il est temps de poser la question de la responsabilité des dirigeants du groupe PSA Peugeot Citröen

Ce vendredi, les ouvriers de PSA ont manifesté à Metz et Rennes suite à l'annonce du plan social de l'entreprise de supprimer 8000 emplois. Cette polémique a entrainé une multitude de réactions de la part du gouvernement Ayrault qui demande des "explications". PSA est en situation d'échec, à cause des erreurs de ses dirigeants. Quelques conseils pour qu'elle se relève.

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME)

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Le Mouvement Ethic estime que la question du droit à l’échec d’un chef d’entreprise s’est posée dans le cas PSA. La réalité c’est que depuis un certain temps les présidents successifs du directoire de PSA se sont trompés du moins sur la stratégie, dans la course à la compétitivité mondiale. Qui peut être considéré comme responsable de la stratégie sinon le président ? Un président du directoire à la tête d’un tel groupe se doit d’avoir une vision. Il est même payé pour cela, et cher.

PSA n’a pas vu venir la fin du diesel, n’a pas su s’adapter aux marchés émergents, n’a pas créé de modèles qui suscitent l’enthousiasme, n’a pas choisi le niveau de ses gammes automobiles. Que peut-on contre l’erreur, qui est par définition humaine ?

Les erreurs de PSA :

1. Trop de dépendance vis-à-vis du marché français.

2. L’export. La géographie des ventes a changé : 15 millions de voitures vendues chaque année en Chine, contre 12 en Europe. Peut-on vendre des véhicules en Chine quand ils sont produits en France? 

3. Le marché s'est creusé au centre. Il existe de moins en moins de place pour les modèles de moyenne gamme (à la française) en raison de la concurrence des constructeurs asiatiques et de la perte de pouvoir d'achat des classes moyennes françaises sur les marchés dominants de PSA. 

Oui, les dirigeants de PSA ont été aveugles et sourds. Mais tout comme les gouvernements et les syndicats, qui auraient du comprendre que la conquête de nouveaux marchés supposait des délocalisations.

Aujourd’hui, que peut-on faire ?

  • Réinjecter de l’argent de l’État ? Non.
  • Changer de président ? C’est au conseil de surveillance de se prononcer et de valider les conditions de son licenciement, qui, au nom de l’exemplarité, devrait être pour le moins sévère.
  • Accepter l’inacceptable, et savoir que la fermeture d’un site est la seule garantie pour garder des emplois.

La question des sous-traitants est tout aussi dramatique mais moins médiatique. Ce sont eux qu’il faut aider car d’autres emplois « invisibles » sont en jeu. Il faut accepter la souplesse d’ajustement des licenciements faute de voir d’autres entreprises disparaitre.

L’État doit faire passer la pédagogie avant la démagogie. C’est la condition de l’adaptation de notre économie à l’implacable concurrence.

Si l’on veut que PSA reste une fierté nationale, il faut avoir le courage de tout changer, au prix d’une restructuration drastique. La destruction créatrice est inévitable, c’est la règle cruelle du « marché », inéluctable pour une croissance économique.

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