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Le scandale médical des implants PIP cache-t-il un certain échec du féminisme ?
Le scandale médical des implants PIP cache-t-il un certain échec du féminisme ?
©Reuters

RIP in PIP

Prothèses mammaires PIP : un scandale médical qui évoque aussi une défaite du féminisme

Les autorités sanitaires invitent 30 000 porteuses d'implants mammaires défectueux PIP à se les faire enlever. Un scandale médical qui révèle également un phénomène social alarmant : pourquoi les femmes n'assument-elles pas leur corps ?

Lydia Guirous

Lydia Guirous

Lydia Guirous est essayite, auteure de « Assimilation en finir avec ce tabou français » aux éditions de l’Observatoire et de « Ca n’a rien à voir avec l’Islam ? Face à l’islamisme réveillons-nous » aux éditions Plon, réédition en version augmentée et inédite.

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Le traitement médiatique des prothèses mammaires PIP s’est uniquement situé sur le champ sanitaire. Or, en dehors du drame sanitaire que vivent les femmes ayant bénéficié d’implants mammaires PIP - drame que je ne conteste pas - il existe un autre regard à porter.

En effet, ce qui me gêne le plus dans cette histoire est le fait que le problème médical et sanitaire n’est qu’une conséquence d’un phénomène psycho-social inquiétant.

Le combat féministe avait à l’origine pour objectif que les femmes assument leur sexualité et donc leurs corps. Assumer son corps ne veut pas dire l’assumer à l’aune du regard de la société de consommation, des fantasmes masculins et encore moins du bistouri agile des chirurgiens mercantiles du 16ème arrondissement.

Lorsque je vois que des centaines de femmes vont être obligées de suivre les recommandations de la DGS (Direction Générale de Santé) pour retirer leurs seins en plastique, cela me pose un problème et m’amène à porter un double constat :

  • Les féministes de Mai 68 ont échoué, beaucoup de femmes n’assument toujours pas leurs corps. Il suffit de se promener dans la rue pour le constater. Certaines, le cache emmitouflées dans des pulls et des sweats à capuche que même un pilier de l’équipe de France de rugby ne remplirait pas. D’autres, ont choisi la voie de l’hyper sexualité et surjouent de leurs corps dès le plus jeune âge, tant leur manque de repères et de confiance est énorme.
  • Les femmes sont victimes de leurs propres turpitudes car elles s’aliènent volontairement aux fantasmes de la société de consommation et des désirs masculins. Ce n’est pas la peine de défiler avec des pancartes place de la Bastille, si c’est pour poser le lendemain sa tête dans un bac pour blonde peroxydée ou mettre ses seins entre les mains d’un chirurgien qui vous promet de vous transformer en quelques coups de bistouris en Gisèle Bundchen.

 

Finalement, une des violences sournoises et durables qui s’impose aux femmes est celle des canons de beauté relayés par les médias. Toutefois, si de nombreuses personnes peuvent résister au monstre gras Mac Donald, il doit être également possible pour les femmes de ne pas céder aux chimères de la mode et de la standardisation de la beauté…

Une société où la différence des sexes repose soit sur des artifices, soit sur une négation et un lissage de ces derniers, est une société qui court à sa perte. Nos identités sexuelles différenciées doivent mettre toute leurs énergies et leurs forces dans la réalisation du progrès social et humain et non d’un narcissisme exacerbé. Espérons que la crise nous ouvre les yeux sur un monde en perte de repère.

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