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Pourquoi les sièges dans les transports en commun sont-ils aussi laids ?
©Reuters

Designers sous LSD ?

Pourquoi les sièges dans les transports en commun sont-ils aussi laids ?

C'est vrai quoi, on ne demande pas de fauteuils top tendance, mais tout de même, les constructeurs, faites un effort ! Pourquoi les sièges de bus ou de métro rivalisent-ils de laideur ? Et qu'est-ce que c'est que ces motifs tout droit sortis des années 90 ?

De nos jours, on encourage les populations à prendre les transports en commun. Moins de frais, moins de trafic, moins de pollution. Ces arguments sont bons à prendre, parce que ce n'est en tout cas pas la décoration et l'aménagement de ces modes de transport qui va nous donner envie d'embarquer. Bon, on ne va pas refuser de monter dans un bus parce qu'il n'est pas "à la mode", mais tout de même, n'y a-t-il pas certaines limites au mauvais goût ? Le média britannique BBC s'est penché sur la question, et a trouvé l'explication à tant de mocheté.

Aspect pratique

C'est indéniable : il y a quand même plus glamour que les sièges de transports en commun. Au-delà de leur confort assez simpliste, c'est surtout leur design qui laisse à désirer. Car si les constructeurs auraient pu tout simplement décliner leurs sièges en coloris unis, ils en ont décidé autrement en les bariolant de couleurs toutes plus criardes les unes que les autres, assorties de motifs dignes des tapisseries couvrant nos murs dans les années 90. Un site a même été dédié pour recenser ces atteintes au bon goût, en créant un "Hall of Fame" de l'horreur. Jugez plutôt.

Mais cette laideur a une explication, explique la BBC. L'atout principal de ces sièges tachetés, colorés, bourrés de formes et de figures, est qu'ils ont l'air propre, même quand ils ne le sont pas. Ces multiples motifs ont l'avantage de cacher les éventuelles taches ou traces de vandalisme. Stéphane Pottier, directeur du design à l'agence MBD, témoigne dans les colonnes du site Slate : "Le but de ces couleurs, c’est vraiment de décourager le tag et les lacérations, explique Stéphane Pottier. L’intérêt du tagueur, c’est quand même que son oeuvre soit visible, or là, le résultat sera perdu au milieu des couleurs". Le fait que ces sièges soit en moquette n'est également pas dû au hasard. Ce tissu est très résistant, demeure très facile à nettoyer et ne s'enflamme pas. Un atout qui peut être décisif en cas d'incendie dans un endroit peu ventilé comme un tunnel. En revanche, il suffit de tapoter dessus pour se rendre compte de la saleté qui s'y cache, comme le démontre cette vidéo :

Rien ne sert de suivre la mode

Bon, pour l'aspect pratique, on a compris. Mais n'y avait-il pas moyen de faire quelque chose d'un peu plus joli ? Eh bien, disent les constructeurs, c'est que la mode est volage. Ces motifs, s'ils attirent le regard au premier coup d'œil, sont finalement assez passe-partout. "Dans le transport collectif, on n'a pas le droit d’être clivant parce qu’il faut satisfaire 95% de la population. Tout le problème, c’est d’être consensuel sans tomber dans un truc complètement inintéressant. C’est aussi pour ça que le thème végétal et naturel est très présent, on est un peu dans le politiquement correct là-dessus", indique Stéphane Pottier. Et puis, ne peut-on pas prédire que la mode reviendra un jour ou l'autre aux motifs bariolés ? Après tout, la mode est un cycle.

De plus, les constructeurs font ce qu'ils peuvent. Sachant que les sièges des transports en commun sont renouvelés tous les 10 ou 15 ans en moyenne, les designers se doivent de deviner quels motifs seront les plus banals d'ici une décennie, sans trop choquer lorsque le changement de couleur a lieu. Ainsi, on enregistre une progression dans le style, sans toutefois faire rupture avec les anciens designs. Le tout est d'arriver à savoir de quoi l'avenir sera fait. Qui sait, peut-être les lignes rose et vert à l'effet craquelé appréciées par la RATP orneront-elles tous nos prochains vêtements dans dix ans ? Bon, on n'ira pas prendre le pari non plus.

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