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Les robots et l'intelligence artificielle remettent en question de nombreux métiers, y compris les métiers fortement qualifiés.
Les robots et l'intelligence artificielle  remettent en question de nombreux métiers, y compris les métiers fortement qualifiés.
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Pourquoi les robots ne vont pas détruire tous nos emplois… mais les changer profondément

Les robots et l'intelligence artificielle sont d'ores et déjà là, et remettent en question de nombreux métiers, y compris les métiers fortement qualifiés. Peu de métiers seront détruits, mais presque tous seront transformés.

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.

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L'emploi inquiète. En plus de la mondialisation et des problèmes économiques de la France, se profile à l'horizon le spectre de l'automatisation. L'évolution combinée des robots et de l'intelligence artificielle va, c'est sûr, transformer le monde du travail. Va-t-elle en plus détruire tous nos emplois ? 

Ces techniques ont fait de vrais progrès. Amazon a récemment doublé le nombre de robots que l'entreprise utilise, remplaçant de nombreuses tâches effectuées par des gens. Le logiciel Quill arrive même a analyser des rapports et produire une synthèse qui peut donner l'illusion d'avoir été écrite par une personne.
Un rapport du cabinet de conseil McKinsey, basé sur une étude de plus de 2000 activités liées au travail, et des dernières technologies, pas encore déployées mais dont la fonctionnalité est démontrée, se penche sur la question. 
Le rapport n'étudie pas tant les métiers en tant que tels, que des activités ; le cabinet a divisé la plupart des métiers existants en différentes activités qui sont constitutives du métier. Par exemple, pour une vendeuse en magasin, les activités peuvent être "accueillir les clients", "répondre aux questions sur les biens et services", "nettoyer et s'occuper du lieu de travail", "faire des démonstrations de produits", "effectuer des ventes et transactions", etc.
En effet, une des premières conclusions--rassurante--du rapport est que moins de 5% des métiers existants peuvent être complètement automatisés. Par contre, l'automatisation détruira de nombreuses activités. Selon le rapport, c'est 45% des activités qui existent aujourd'hui qui seront détruites par l'automatisation. Il faut rajouter 13% de plus si les technologies de compréhension et d'utilisation du langage deviennent effectives. Plus de 60% des métiers verraient 30% ou plus de leurs activités constitutives automatisées. 
Peu de destruction de métiers, donc, mais une transformation absolument révolutionnaire du monde du travail.
De nombreux métiers devront évoluer pour s'adapter à la nouvelle situation. 
Autre conclusion importante du rapport : cette transformation ne visera pas principalement les emplois non qualifiés. Il y a même de nombreux emplois intellectuels et qualifiés qui seront transformés. En effet, l'intelligence artificielle promet d'automatiser de nombreuses activités qui sont aujourd'hui le domaine d'emplois qualifiés. De nombreux aspects de la gestion de patrimoine et financière, par exemple, seront faits par des logiciels. Le secteur financier en général risque d'être automatisé à un très important degré. Les juristes ne seront pas en reste : les logiciels de recherche et d'interprétation textuelle peuvent dès aujourd'hui remplir beaucoup de tâches de recherche aujourd'hui effectuées par des êtres humains. Les médecins généralistes seront remis en question--dès aujourd'hui, le logiciel d'IBM Watson fournit des diagnostics médicaux meilleurs que les professionnels. Dans la vante, une grande partie de la prospection sera automatisée. A contrario, de nombreux emplois considérés comme non qualifiés seront préservés, notamment les services à la personne et les métiers de réparation. 
Quelles sont les activités qui ne seront pas automatisables ? Il y a deux catégories principales : celles liées à la créativité, et celles liées à l'émotionnel. Et c'est là l'aspect positif de la tendance, selon le rapport : si 29% des activités recensées sont liées à l'émotionnel, seulement 4% impliquent de la créativité. Les métiers devront donc se recentrer sur ces aspects et peut être, espèrent les rédacteurs du rapport, nous aider à donner plus de sens à notre travail. 
Ainsi, les gérants de patrimoine passeront beaucoup moins de temps à faire des calculs et de la paperasse, mais pourront se recentrer sur la compréhension et l'accompagnement de leurs clients. Les hôpitaux seront sans doute transformés, le triage et le diagnostic étant automatisés, permettant aux médecins de se concentrer sur les cas les plus importants ou les plus inhabituels. Les architectes passeront moins de temps sur la technique, et plus sur la créativité. 

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