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Pourquoi les pénis des statues grecques sont-ils si petits ?
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O tempora, o mores

Pourquoi les pénis des statues grecques sont-ils si petits ?

C'était un idéal esthétique.

Ne mentez pas. Vous vous êtes forcément posé la question. Les statues grecques, que nous avons tous vues, représentent une forme d'idéal masculin. Et si beaucoup aspirent à la perfection des corps des dieux grecs, il y a souvent un attribut qui ressemble moins à l'idée que certains peuvent se faire aujourd'hui de la perfection.

En Grèce antique, la nudité masculine était loin d'être un tabou : au contraire, elle était célébrée. Les athlètes s'entraînaient et concourraient nus, et les Grecs allaient nus à la guerre, fiers d'arborer leurs attributs (et leur courage de les laisser sans protection), comme le rappelle Cecil Adams, du site The Straight Dope. Le fait d'être gêné d'avoir à se mettre nu pour jouer à un sport était considéré comme un manque de masculinité et une forme de barbarisme. 

Il n'y avait également pas beaucoup de tabous autour de la chose. Les archéologues ont recensé d'innombrables représentations de presque tous les actes sexuels imaginables, et aussi de toutes les formes ou types d'appareils génitaux, y compris ceux grotesquement surdimensionnés. 

Grâce à toutes ces données, on peut se faire une idée relativement précise du point de vue de la culture grecque sur le pénis. Comme l'explique le professeur Kenneth Dover dans son ouvrage Greek Homosexuality, les pénis longs et épais étaient considérés (en tous les cas dans le monde de la haute culture qui produisait l'art grec) comme grotesques ou comiques, et étaient réservés dans les oeuvres d'arts aux satyres, aux créatures semi-humaines, aux vieux hommes laids, et aux barbares. Au contraire, le pénis petit, fin était considéré comme un idéal esthétique. 

Aristophane résume l'idéal physique masculin selon les Grecs, dans sa pièce Les Nuages : "Une poitrine brillante, une peau claire, des épaules larges, une langue retenue, des fesses fortes, et une petite b---." Par conséquent, la Renaissance ayant voulu revenir aux fondamentaux, a également sculpté des statues similaires.

"Pour les Grecs, les pénis petits et en état flacide étaient associés à la modération, qui était une des principales vertus de l'idéal masculin.", explique le professeur Andrew Lear, qui a enseigné l'histoire classique à Harvard, Columbia et New York University, interrogé par le site Quartz.

"L'idéal de l'homme grec était rationnel et intellectuel. [...] Il faisait beaucoup l'amour, mais il n'y avait pas de lien avec la taille de son pénis, et un petit pénis lui permettait de rester froidement logique.", explique Ellen Oredsson, blogueuse en histoire de l'art. 

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