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A l'heure actuelle, l'ancien président de la République ne souffre pas vraiment, d'un point de vue électoral, de ce genre d'affaires. Ce n'est pas sur cet aspect qu'il est le plus critiqué : c'est bien sur sa gestion politique ou sur son bilan de 2007.
A l'heure actuelle, l'ancien président de la République ne souffre pas vraiment, d'un point de vue électoral, de ce genre d'affaires. Ce n'est pas sur cet aspect qu'il est le plus critiqué : c'est bien sur sa gestion politique ou sur son bilan de 2007.
©Reuters

Bien tenté

Pourquoi la demande de renvoi en correctionnelle de Nicolas Sarkozy par le parquet n'aura que peu d'impact sur la primaire de la droite

Dans le cadre de l'affaire Bygmalion, le parquet de Paris a requis le renvoi en correctionnel de Nicolas Sarkozy, ainsi que des autres personnalités mises en examen. L'affaire, qui date de 2012, resurgit en pleine période de campagne électorale pour l'ancien Président de la République.

Jean-Daniel Lévy

Jean-Daniel Lévy

Jean-Daniel Lévy est directeur du département politique & opinion d'Harris Interactive.

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Atlantico : Ce lundi 5 septembre, le parquet de Paris a demandé le renvoi de Nicolas Sarkozy en correctionnelle. Cette requête est réalisée dans le cadre de l'affaire Bygmalion et du financement de la campagne de l'ancien Président. Au vu des précédents, que peut-on dire des potentiels effets électoraux d'une telle décision ?

Jean-Daniel Lévy : En premier lieu, il me paraît important de rappeler le contexte et l'environnement dans lequel l'action du parquet de Paris prend place. Nicolas Sarkozy était déjà concerné par un certain nombre de mises en examen, d'affaires et de démêlés judiciaires. Ce contexte, il est essentiel de le souligner, n'était pas inconnu : les Français étaient au courant, les sympathisants de droite savaient et, plus important encore, ses potentiels électeurs avaient également connaissance d'une telle situation. Ce faisant, il n'y a pas de modification profonde de cette connaissance et donc pas de surprise profonde de la part des Français.

Par ailleurs, jusqu'à présent ces différentes affaires n'ont pas porté préjudice à Nicolas Sarkozy. Ou du moins, pas de manière nette. C'est quelque chose de très visible quand Nicolas Sarkozy prend la tête de l'UMP : en dépit des précédents judiciaires qu'il avait déjà à ce moment-là, près de 65% des sympathisants du parti déclaraient de lui qu'il était honnête. Auprès des sympathisants Les Républicains, on constate donc qu'il n'y a pas vraiment de remise en cause de son honnêteté. Le fait est que ceux qui interrogent ou remettent en cause sa capacité à faire preuve d'un tel trait de personnalité rentrent, globalement, dans deux catégories. On y retrouve soit des individus qui n'auraient de toute façon pas (ou probablement pas) voté pour lui ; soit des individus qui n'érigent pas la probité au rang de qualité principale d'un candidat. On peut tout à fait penser de Nicolas Sarkozy qu'il n'est pas honnête et, pourtant, continuer à vouloir voter pour lui. En général, ce genre d'affaires tend davantage à braquer ceux qui ne comptaient pas voter pour lui et à renforcer le sentiment d'acharnement dont Nicolas Sarkozy serait la victime auprès de ses électeurs. C'est quelque chose que l'on constatera (ou non) assez vite dans ce cas précis. Les prochains chiffres relatifs aux intentions de vote seront explicites à ce sujet.

Certes, ce n'est pas non plus sans impact : avant les premières affaires de Nicolas Sarkozy, les sympathisants Républicains estimaient à 80% qu'il était honnête. Cependant, si la chute est réelle elle n'est pas rédhibitoire.

A l'heure actuelle, l'ancien président de la République ne souffre pas vraiment, d'un point de vue électoral, de ce genre d'affaires. Ce n'est pas sur cet aspect qu'il est le plus critiqué : c'est bien sur sa gestion politique, ou sur son bilan de 2007, sur son projet qui serait jugé comme "ne correspondant pas aux attentes des Français" qu'il essuie le plus de tirs nourris. Tous ces éléments mis bout-à-bout forment la base des critiques à son encontre mais, du reste et dans leur grande majorité, les électeurs ne le jugent pas sur sa droiture où sur les différentes affaires qui lui tombent dessus. Dans la majorité des cas, un électeur hésitant entre Nicolas Sarkozy ou Alain Juppé ne se décidera pas en faveur de l'honnêteté de l'un ou de l'autre. C'était déjà vrai par le passé et ce n'est pas propre à Nicolas Sarkozy. S'il ne fallait citer qu'un seul exemple, Patrick Balkany compterait parmi les plus parlants : en dépit de toutes les affaires judiciaires qu'on lui connait, il ne rencontre pas de difficultés particulières. On peut également penser à Jacques Mellick, ou alors à Jacques Chirac qui ont tous deux eu affaire à la justice sans pour autant souffrir de conséquences spécifiques sur le plan électoral. Très clairement, ce n'est pas l'enjeu : l'honnêteté n'est pas la qualité recherchée par les Français chez les politiques.

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