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Éditorial

La France, fermée pour cause d'élections jusqu'en juin 2014

La croissance européenne revient enfin avec un rythme encore modeste, sans doute inférieur à 2%. Si l’Allemagne et l’Italie sont en tête de la reprise, la situation reste préoccupante en France, qui fera à peine mieux que la stagnation.

Il y a la France des mots et celle des actes. Dans ses vœux au pays, François Hollande a dressé un portrait idyllique d’une France forte, dynamique, où les prélèvements seront moins lourds, la bureaucratie plus légère, le chômage moins pesant. Des propos qui n’étaient  pas sans rappeler ceux tenus jadis par… Nicolas Sarkozy. Un discours en revanche en parfaite dissonance avec celui que tiennent les prévisionnistes internationaux.

L’économie mondiale est repartie de l’avant sous la houlette des Etats-Unis, où la croissance devrait atteindre 3% cette année, avec un record de la production industrielle depuis six ans et des profits qui n’ont jamais été aussi élevés depuis 1947 grâce au filon de l’exploitation du gaz de schiste. Le Japon est sorti de vingt années de marasme et l’Europe aborde enfin de manière optimiste le retour à la croissance, avec un rythme encore modeste, sans doute inférieur à 2%, l’Allemagne et l’Italie étant en tête de la reprise. Pour la France, la situation reste préoccupante : elle fera à peine mieux que la stagnation. Elle profitera certes du réveil de nos voisins, mais dans une proportion très modeste, car l’économie française reste totalement encalminée. La position de départ reste préoccupante au seuil de la nouvelle année. La construction de logements, qui constitue le nerf de la guerre dans un pays moderne, est en chute libre, à la suite des mesures pénalisantes de la loi Duflot. Les ventes de voitures sont en recul sensible et l’indice d’activité des petites et moyennes entreprises a pris un coup de froid.

De plus, le nouveau tour de vis fiscal qui entre en vigueur avec notamment les hausses de la TVA vont donner un coup de frein supplémentaire à une activité qui n’en avait pas besoin. L’économie pourrait ainsi entrer en hibernation et connaître un premier trimestre difficile, les Français ayant l’intention de surveiller au maximum leur consommation.

Du côté officiel, l’heure sera toujours à la palabre : on continuera de réunir comités et commissions chargés de rapprocher des positions sur des futures réformes, toujours annoncées, mais sans cesse remises au lendemain. On poursuivra la logorrhée sur la stabilité fiscale, la réduction des dépenses publiques, sans aller au-delà des mots, en laissant au contraire se dégrader une situation qui ne  s’est jamais améliorée.  Car, pour le pouvoir, il s’agit de ne rien brusquer, de mettre le temps de son côté, en profitant de la désorganisation de l’opposition, pour éviter de perdre les élections qui vont maintenir la France dans l’immobilisme pendant six mois. Et l’on peut être assuré que les candidats continueront à faire de nouvelles promesses, à mettre sur pied des programmes générateurs de dépenses supplémentaires, qui mettront un peu plus en péril les finances locales.

Autant de signes qui témoignent que la France va conserver ses mauvaises habitudes et justifier de plus en plus sa place de mauvais élève dans la classe européenne tant qu’un choc extérieur ne l’obligera pas à réagir. Mais celui-ci n’est pas encore en vue et la reprise économique mondiale distille une petite musique qui dissimule la gravité des périls à venir.

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