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Edito

Pourquoi l’économie française glisse sur une mauvaise pente à l’italienne

Pour trouver les 180 milliards indispensables à son financement, la France devra payer de plus en plus cher et se heurter à des réticences de plus en plus fortes des milieux financiers qui s’inquiètent des conflits profonds qui agitent l’opinion au cours d’une campagne qui pourrait se traduire à terme par une situation ingouvernable, tant les points de vue sont opposés.

Les Français se passionnent pour l’élection présidentielle comme en témoigne la hausse des audiences médiatiques et la fébrilité enregistrée par l’explosion des messages sur les réseaux sociaux. On devrait s’en réjouir puisque ce phénomène tendrait à prouver  l’intérêt de nos compatriotes pour la chose publique. Malheureusement , à l’image de ce qui s’est produit récemment aux Etats-Unis avec l’élection de Donald Trump, la campagne connaît un dérapage fâcheux, où loin d’aborder les questions essentielles, le débat s’oriente presque exclusivement sur le dénigrement des personnes, où l’on s’efforce de déstabiliser les candidats,  en fouillant dans leur vie privée, pour les amener sous les feux de la justice, pour les  contraindre à renoncer, en conduisant aussi les électeurs à se détourner d’eux. Ainsi les débats d’aujourd’hui se focalisent sur les avatars de la candidature de François Fillion, en évacuant pratiquement tous les autres sujets. Une partie de l’opinion se délecte au demeurant du jeu de massacre auquel nos compatriotes se sont livrés au cours des derniers mois, en éliminant systématiquement les vieux routiers de la politique : un nettoyage par le vide, une sorte de comportement de démolition purement  négatif, sans  préparer ce qui devrait être pourtant la tâche essentielle, alors que la situation de la France n’a jamais été aussi préoccupante. Ainsi s’explique aussi la  vacuité de la plupart des programmes des candidats, ou leur irréalisme utopique.

Les plus hautes autorités du pays multiplient pourtant les appels et les mises en garde, qu’il  s’agisse de Michel Pébereau, du gouverneur de la Banque de France ou de la Cour des Comptes. Leurs diagnostics ne retiennent guère l’attention, sauf de quelques milieux spécialisés. Les périls qui menacent ne sont pas pris en compte, parce qu’ils sont évalués pour des montants astronomiques chiffrés en milliards qui n’ont pas de représentation concrète, parce qu’ils  dépassent tout ce que pourrait imaginer une  population qui n’a  jamais été élevées aux données économiques de base.

Il  serait pourtant indispensable que les Français prennent conscience de l’impréparation devant laquelle se trouve le pays face à l’avenir difficile  qui est devant lui.  Car les atouts qui existaient sur le plan international au cours des années récentes, avec la reprise économique chez nos partenaires,  la baisse des cours du pétrole et des taux d’intérêt est révolue, sans que nous en  ayons profité réellement : le chômage a continue de croître, la croissance est restée quasi-nulle et certains pôles d’excellence comme l’aéronautique, l’automobile ou l’agro alimentaire ont enregistré des performances décevantes. La dette publique n’a cessé de s’alourdir, le gouvernement  ayant  placé des mines pour l’avenir avec l’augmentation des salaires des fonctionnaires dont on a parallèlement  accru le nombre par  des embauches. Et ceci au moment où le cycle économique de désinflation  qui était à l’oeuvre depuis des années se retourne avec la remontée du loyer de l’argent,  qui annonce des effets catastrophiques sur la dette qui pourrait atteindre 100% du produit intérieur brut dès la fin de cette année. Pour trouver les 180 milliards indispensables à son  financement, la France devra payer de plus en plus cher et se heurter à des réticences de plus en plus fortes des milieux financiers qui s’inquiètent des conflits profonds qui agitent l’opinion au cours d’une campagne  qui pourrait se traduire à terme par une situation ingouvernable, tant les points de vue sont opposés. Car pour l’heure, les Français se montrent incapables d’élever le débat et chacun reste à l’heure de son clocher. 

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