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Il est possible de choisir la vie qui nous correspond à n'importe quel âge.
Il est possible de choisir la vie qui nous correspond à n'importe quel âge.
©Flickr/MiiiSH

Sauter le pas

Pour réussir sa vie, il faut parfois plonger dans l'inconnu et croire en soi

Si les regrets font partie de la vie, qui n'aimerait pas pouvoir revenir en arrière et réaliser ce qui paraissait peut-être à l'époque être un risque fou. Gilles Noblet rappelle qu'à tout âge il est possible de prendre un autre chemin, de franchir ses barrières intérieures et de choisir la vie qui nous correspond. Extrait de "Et si je choisissais ma vie ! Trouver sa voie mode d'emploi" (1/2).

Gilles Noblet

Gilles Noblet

Gilles Noblet est animateur du pôle "Évolution professionnelle“ de l'Institut Map'UP.

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Répondre à l’appel de la vie, c’est trouver la force de tracer sa voie malgré les obstacles placés sur notre chemin. Nous n’avons qu’une vie. Faut-il donc la gâcher à ne pas devenir ce que l’on pourrait être ? La vie nous invite à prendre conscience de ce qui nous rend plus vivant. Mais elle nous défie en nous demandant d’agir. Le secret est de s’engager dans une quête pour devenir l’architecte de sa vie. Vous êtes la seule personne habilitée à imaginer votre chemin de vie.

Croire en sa bonne étoile

On lui répétait tout le temps qu’il était nul. Jean-Gabriel aurait pu jeter l’éponge en pleurant sur son sort. Mais, après plusieurs échecs cuisants au bac, il a finalement décroché le fameux sésame qui lui a ouvert l’accès aux études supérieures. Une leçon pour ceux qui ne croient plus en eux. "J’ai vingt-sept ans et j’ai eu mon bac après trois échecs, et au bout de la quatrième fois après moult épreuves", confie-t-il. Sa hargne et sa forte volonté l’ont sauvé du naufrage et lui ont permis d’atteindre l’objectif qu’il s’était fixé. Ceci au prix de gros sacrifices.

Il a suivi une scolarité chaotique et a redoublé cinq fois car il a toujours eu de grosses difficultés de concentration. "On me disait constamment que j’étais un bon à rien, ce que j’ai cru pendant longtemps." Arrivé en terminale L, il fait une grosse dépression suite à une déception amoureuse. Il est recalé une première fois.

Il ne perd pas courage puisqu’il se réinscrit les deux années suivantes. C’est de nouveau un échec. "Sur le conseil de mes proches je me suis mis à bosser dans le secteur social." Il s’occupe alors de toxicomanes et de personnes handicapées, porté par ce désir de revanche sur lui-même. "J’ai compris qu’il y avait au-dessus de moi une force extérieure qui me poussait, qui me donnait la niaque, qui me permettait de me surpasser."

Quelques années plus tard, il s’inscrit à la fac pour repasser son bac. Durant cette année scolaire, il bûche comme un malade, soutenu par ses amis rencontrés à l’université. Il est finalement reçu au DAEU (diplôme d’accès aux études universitaires) avec mention « assez bien ». Sa persévérance a fini par payer.

À ceux qui ont du mal dans leurs études, il dit : «"N’ayez pas peur, ayez confiance en vous !" "J’ai décidé, à long terme, de m’occuper de jeunes en difficulté parce que je crois en eux et que je suis persuadé qu’il y a chez eux une part de cristal comme dans chaque être." Son succès lui a permis de suivre une formation, avec la fondation d’Auteuil, au brevet professionnel de la jeunesse populaire et du sport en alternance dans une ferme pédagogique, avec comme projet celui de devenir éducateur dans l’environnement. "Pour sensibiliser les jeunes à la protection de la nature, c’est-à-dire de notre patrimoine", explique-t-il. "Rien n’est impossible à celui qui croit en lui et ne lâche pas prise", conclut-il.

Plonger dans l’inconnu

À vingt ans, Marine 1 a osé plonger dans l’inconnu en créant son entreprise de coiffure à domicile. "S’il est vrai qu’au début, on est hésitant, que la peur prend le dessus, on est très vite aspiré par une spirale qui décoiffe." Sa clientèle ne cesse d’augmenter et, un an après cette création, le bilan est assez positif. Peut-être parce qu’elle a su garder les pieds sur terre en trouvant le moyen de faire face aux périodes creuses. "Les périodes creuses sont la bête noire des indépendants. Or, comme dans certains secteurs sous tension, il y a pénurie de main-d’œuvre et que le travail ne me fait pas peur, je relève les manches et j’y vais." À terme, son but est d’ouvrir son salon de coiffure.

Le week-end, c’est souvent comptabilité et paperasse. Ce qui ne la gêne pas outre mesure, car elle a dû prendre des responsabilités très tôt, au divorce de ses parents. "Maman m’a élevée seule et j’ai vite compris que, dans la vie, on ne nous donne rien. À vingt ans, je déborde d’énergie, je m’amuse, je fais du sport, mais je travaille aussi énormément. C’est de famille puisque maman est chef d’entreprise dans l’immobilier et que papa s’est mis à son compte dans la rénovation de bâtiments… Je marche donc sur leurs pas."

Elle prend toujours conseil auprès de ses parents qui lui font part de leur expérience. Non pas qu’elle se laisse influencer, mais parce que leur âge leur permet de voir les choses et de les aborder d’une façon différente de la sienne. "Disons qu’à vingt ans, on a tendance à foncer dans le mur, même si l’on sait que c’est un mur. À leur âge, avec leur expérience, ils me disent comment le contourner."

Elle souhaite élargir sa clientèle grâce au bouche-à-oreille. Elle tente de se faire connaître dans les maisons de retraite, les hôpitaux et les logements seniors car ce genre de clientèle la touche beaucoup. "Je pourrai leur amener ma jeunesse et une nouvelle coupe de cheveux. Ils me raconteront leur passé. Coiffeuse, c’est un peu l’aventure humaine. Les gens se confient et se dévoilent. Je suis une parenthèse dans une tranche de vie.

Ça vaut tous les psys, et en plus on en sort bien coiffé !"

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Extrait de "Et si je choisissais ma vie ! Trouver sa voie mode d'emploi", Editions Eyrolles (octobre 2012)

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