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Pierre Danon : "La programme de François Fillon est le premier programme d’un candidat à la présidentielle qui a été construit par 3 ans de consultation de la société civile"
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Méthodologie

Pierre Danon : "La programme de François Fillon est le premier programme d’un candidat à la présidentielle qui a été construit par 3 ans de consultation de la société civile"

Pour la première fois, un candidat à la présidentielle a réellement consulté la société civile dans la réalisation de son programme. François Fillon par cette consultation et avec son sens de la cohérence a réussi à bâtir un réel projet pour la France.

Pierre Danon

Pierre Danon

Pierre Danon a été directeur de campagne adjoint de François Fillon. A 60 ans, il a dirigé Numericable-Completel, British Telecom Retail, et fut COO du groupe Capgemini. Il est aujourd'hui Chairman de Volia, en Ukraine, Vice Chairman de TDC / AS au Danemark, et vice-Président d'Agrogénération, en France.

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Atlantico : Le projet pour la France de François Fillon a été dévoilé il y a déjà un moment, quelle a été la méthode de construction de ce programme ?

Pierre Danon : La construction du projet de François Fillon a été un projet qui a duré plus de trois ans et a mobilisé plus de 500 personnes. Ces personnes ne font pas de la politique et sont issues de la société civile et ce sont eux qui ont tenu la plume. Le travail s’est organisé par thèmes, une vingtaine pendant la primaire, une quarantaine maintenant. Environ 15-20 personnes ont travaillé sur chaque thème pendant environ 6 mois, parfois plus, cela représente un effort considérable. Les groupes de travail étaient constitués de personnes très diverses. Par exemple sur le logement ont collaboré des bailleurs, des constructeurs, des investisseurs, des promoteurs, des associations de propriétaires, des associations de locataires… Le tout pour avoir une vision la plus globale possible. Par la suite, les rapports écrits étaient soumis à des comités de pilotage, avec ou sans François Fillon, constitués de fonctionnaires, des “technos” pour évaluer la faisabilité des projets sur le plan légal. Y étaient associés des parlementaires compétents sur la thématique, par exemple Jean-François Lamour membre de la commission de la défense à l’assemblée. D’itération en itération le travail sur chaque thème s’est construit et était présenté à François Fillon, puis à sa demande il a été peaufiné, amélioré, retravaillé... 

Ce projet a été un processus extrêmement long avec une réelle confrontation d’idées. Nous avons voulu présenter à François Fillon, pour lui donner un large choix, le plus grand nombre d’idées possibles entre lesquelles il a tranché. Il a décidé des 400 mesures présentées lors de la primaire. C’est un travail de réunion de personnes de tous horizons, des entrepreneurs, des juristes, des professeurs, des policiers, des artisans, des directeurs de centre de formation, des employés de Pôle emploi...

Quelles sont les propositions majeures qui ont émergé de cette construction spécifique dans le programme de François Fillon ?

Sur les 400 propositions de François Fillon nous pourrions en qualifier au moins 150 de majeures. Pour prendre un exemple, la réforme en profondeur du droit du travail est une proposition iconique. Nous voulons retirer du code du travail tout ce qui ne relève pas des normes sociales fondamentales et le renvoyer à la négociation d’entreprise. Par ailleurs, la Flat Tax à 30% des revenus du capital en terme de fiscalité : c’est une révolution. François Fillon a été le premier à la proposer après un travail avec des économistes, des fiscalistes…  

En matière sociétale, nous avons construit l’idée de l’impunité zéro avec une volonté de réaction face à tous les délits mineurs, qui exaspèrent la population. Souvent après un renvoi en correctionnelle qui prend des années, un délinquant va seulement entendre lire un article de loi. Nous voulons transformer ces petits délits en contravention. Lorsque nous ne traversons pas sur le passage clouté nous devons payer une amende, ce que nous souhaitons c’est qu’il en soit de même lorsque quelqu’un tague un mur. Par ce système de l’impunité zéro, une personne qui commet un délit doit en subir les conséquences et cela de façon immédiate. En cas de non-paiement, cette contravention pourrait être retenue sur les prestations sociales. Cela nous paraît important pour sortir du climat d’impunité qui existe aujourd’hui dans certains quartiers en France.

Concrètement quelles sont les différences entre le programme de François Fillon et celui d’Emmanuel Macron ?

Le programme d’Emmanuel Macron, c’est tout et son contraire. François Fillon a établi des objectifs précis : réduire le chômage (ce qui n’a pas été fait depuis 40 ans) et arrêter d’augmenter la dette. Il a annoncé clairement ses buts et les propositions qui s'ensuivent et en découlent. Pour réduire le chômage, il faut renforcer la compétitivité des entreprises. Pour cela il faut baisser les impôts et les taxes, donc diminuer les dépenses publiques et ainsi de suite. Dans le programme d’Emmanuel Macron il annonce 60 milliards d’économie tout en voulant 50 milliards de dépenses supplémentaires. Il nous dit donc clairement qu’il ne va pas réduire le déficit public. Par exemple il dit vouloir diminuer les dépenses de l’Unedic de 10 milliards, nous aussi. Cependant, il veut cette réduction sans changer les plafonds d’indemnité, les durées d'indemnisation et il veut offrir l’indemnité chômage aux démissionnaires. Non seulement cette promesse d’économie paraît impossible mais en plus il y ajoute des dépenses considérables. Et personne ne le met réellement face à ses contradictions. En France ça passe.

Vous ne trouverez jamais dans le programme de François Fillon ou dans ses dires une contradiction. Tout le monde peut éventuellement ne pas être d’accord, mais son projet est clair. Il veut réinvestir la baisse de la dépense publique dans une baisse d'impôts et de charges pour les entreprises : 40 milliards en plus du CICE. François Fillon veut le faire pour ramener la compétitivité de la France au plus proche de celle des Allemands et des Anglais. Si on peut être en désaccord avec lui, il est impossible de trouver des incohérences dans le programme de François Fillon et c’est sa force. Cette cohérence c’est sa patte. On ne peut pas dire une chose et son contraire. François Fillon est l’architecte, il a refusé un certain nombre d’idées au titre qu’elles n’étaient pas cohérentes. Il nous a demandé d’aller jusqu’au bout de nos idées. Nous voulons faire 100 milliards d’économies et rendre 40 milliards aux entreprises tout de suite, dès le 1er septembre 2017, pour combler le trou pour l’année 2017-2018. Les économies se feront progressivement pendant le quinquennat, François Fillon est le seul qui a eu le courage de dire qu’il fallait hausser la TVA. Tout cela c’est de la cohérence, François Fillon a des objectifs et il construit ses mesures autour de ces derniers. Même si beaucoup le poussent à abandonner cette mesure, il s’y refuse et c’est pour cela qu’il fera un bon président. Cette cohérence il l’a construite et c’est pour ça qu’il saura mettre en œuvre son programme. Et c’est pour cela que des personnes se réunissent autour de lui, aux docks de Paris, au Trocadéro... Ils ont vu François Fillon tenir et ils savent que pour le redressement de la France il est notre seule chance.

Propos recueillis par Chloé Chouraqui

 

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