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Petits meurtres entre amis : voici comment, depuis toujours, la droite tue les siens
©GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Morts sans sépulture

Petits meurtres entre amis : voici comment, depuis toujours, la droite tue les siens

Une histoire jonchée de cadavres. Et Laurent Wauquiez n'est sans doute pas le dernier.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Dans la mythologie grecque, il y a un personnage passablement effrayant : Cronos (Saturne chez les Romains). Averti par un présage que l'un de ses enfants le détrônerait, il les dévorait les uns après les autres. A l'exception d'un seul, sauvé par un stratagème de sa mère : Zeus (Jupiter) ce qui, soit dit en passant, est de très mauvais augure pour la France.

Entre la légende sanglante de Cronos et la droite française, il y a de puissantes analogies. À cette différence près que dans son cas, ce sont les enfants de Cronos qui se dévorent entre eux. La droite, traditionnellement respectueuse de l'autorité, a le culte du chef. Mais ils sont nombreux chez elle à vouloir être chef à la place du chef. Dans leur gant de velours, il y a toujours un poignard…

C'est une vieille et longue habitude. En 1974, le jeune Jacques Chirac trahit sa famille politique en se dressant contre le candidat légitime de son parti. C'est ainsi qu'il tue Jacques Chaban-Delmas, apportant ses voix à Valéry Giscard d'Estaing qui, grâce à lui, sera élu président.

Puis quelques années plus tard, après avoir été récompensé de sa trahison par un poste de premier ministre, il prépare l'assassinat de celui qu'il a fait roi. Le forfait sera consommé en 1981 quand Chirac apportera, en sous-main, quelques suffrages qui feront gagner Mitterrand. Un coup de poignard définitif dans le cœur de Giscard.

Pendant quatorze ans, Chirac régnera en maître sur le RPR, le parti qu'il a fondé. C'est un tueur. Et ses rivaux, craintifs, s'empressent de montrer patte blanche. En 1995, il devient roi à son tour.

Mais un homme, très populaire au sein de son parti, le gène : le souverainiste Philippe Seguin. En 2001, ce dernier sera candidat à la mairie de Paris. A l'instigation de Chirac, la droite parisienne sabotera sa campagne. Un vrai chemin de croix pour Seguin. Il sera battu par Bertrand Delanoë et finira sa vie amer et désenchanté.

Chirac aura à son tour à connaître quelques souffrances. Sarkozy le trahira en s'alliant à Balladur, "l'ami de trente ans", qui mordra la poussière. Le "traître Sarkozy" sera pardonné et deviendra chef de l'État. S'en suivront quelques autres morts. Jean-François Copé tué par les Fillonistes, Fillon abandonné par les siens en 2017. Laurent Wauquiez lâché aujourd'hui par les autres chefs de son parti. On plaint son successeur.

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