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La "Fabrique de Vinyles" est le premier atelier de pressage vinyle de la région Rhône-Alpes. L'industrie musicale est pénalisée par une pénurie historique de disques vinyles.
La "Fabrique de Vinyles" est le premier atelier de pressage vinyle de la région Rhône-Alpes. L'industrie musicale est pénalisée par une pénurie historique de disques vinyles.
©JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Crise du disque

Pénuries de vinyles : la crise des goulots d’étranglement post-Covid expliquée par la chanteuse Adele

Les commandes massives de vinyles du nouvel album de la chanteuse Adele sont pointées du doigt pour expliquer la pénurie historique de disques vinyles à travers le monde. En réalité, les causes de cette difficulté sont multiples.

Pascal Comas

Pascal Comas

Pascal Comas est trader pour son propre compte. Passionné de musique, il collabora avec de grandes maisons de disques à la sortie des albums d'IAM, Massive Attack... Auteur d'un pamphlet intitulé Pensées à Rebrousse-Poil, il fut également co-directeur d'une grosse start-up suédoise.

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Atlantico : Quelle crise connaît aujourd’hui l’industrie du vinyle ?

Pascal Comas :  Elle connaît une crise d’engorgement de la capacité de production. Il y a eu bien entendu la crise sanitaire qui a semé et sème toujours le chaos dans toutes les industries, mais il y a quelque chose de plus particulier au vinyle. Ce format n’a jamais été abandonné par certains secteurs de l’industrie musicale, soit les plus undergrounds aussi bien dans la house music créative, le jazz ou le broken beat. Dans la période la plus creuse pour le vinyle, ceux qui continuaient à en acheter étaient une minorité.

Il y a eu un retour de mode du vinyle et nombreux sont ceux à s’être mis à en acheter tout d’abord par fascination de l’objet. Les maisons de disque se sont alors mises à ré-imprimer une partie de leur catalogue en vinyle tout en se faisant des marges extraordinaires. Un volume de demande important est arrivé sur le marché et s’est conjugué au problème du Covid créant un engorgement. Aujourd’hui les indépendants sont lésés car les fabricants de vinyles favorisent les gros comptes.

Actuellement, si l’on est indépendant les délais de livraison sont de minimum 18 semaines…

On a blâmé Adele pour avoir sorti et produit trop de vinyles et que cela aurait créé un bouchon dans la production, est-ce un bon exemple de cette crise ?

Comme Adele, des gros artistes engorgent les capacités de production. Il n’y a pas assez d’ateliers pour fabriquer les vinyles par rapport à la demande actuelle. La production n’a pas suivi car pour monter une fabrique de vinyle cela nécessite un certain investissement. Le parc de production ne peut pas se refaire en 5 minutes et prend du temps à construire. Le secteur manque actuellement de visibilité afin que l’investissement soit total. On doit regarder tout d’abord avant de mettre de l’argent si il y a une sous capacité.

Les artistes indépendants sont-ils donc désavantagés ?

C’est le problème. Les indépendants qui ont toujours soutenu le vinyle sont aujourd’hui en queue de peloton. Les usines privilégient les grosses commandes.

Qu’en est-il du streaming ? Peut-il devenir une source de revenus ?

Le streaming est une catastrophe en termes de revenus pour les indépendants. La part reversée aux artistes est ridicule et pour gagner un peu d’argent, il faut faire des millions d’écoutes. Cela devient de plus en plus difficile de vivre pour les artistes undergrounds alors que leurs sons sont repris quelques années plus tard par des artistes des majors….

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