Pendant que droite et gauche s’étripent à qui mieux mieux, François Hollande garde les yeux rivés sur 2017 | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Economie
Pendant que droite et gauche s’étripent à qui mieux mieux, François Hollande garde les yeux rivés sur 2017
©

Éditorial

Pendant que droite et gauche s’étripent à qui mieux mieux, François Hollande garde les yeux rivés sur 2017

Nouvelles lunettes, nominations importantes, distribution de décorations... Le président de la République est entré en campagne pour les élections de 2017 en espérant tirer les marrons du feu des divisions qui déchirent le pays.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

Voir la bio »

Etrange spectacle offert au monde que celui de la France en ce début d’été. L’activité déjà molle va connaître un nouveau creux puisque la grande migration des Français se déroule selon le scénario habituel. Seule la classe politique reste en effervescence avec sa descente aux enfers. Jamais on ne s’est autant déchiré, injurié, étripé, à l’intérieur du camp de la droite, mais aussi de la gauche, comme si le pouvoir était à prendre dès lors que la cote de popularité du chef de l’Etat est au plus bas.

Face à cette schizophrénie, François Hollande affiche une sérénité qui tranche avec le désarroi de la  classe politique, en s’abritant derrière le bouclier des institutions de la cinquième république qui lui permettent de conserver la barre jusqu’au terme de son mandat.

Et il garde, au milieu de la tempête qui secoue les élus, un calme olympien, en répétant inlassablement  le discours optimiste qui est le sien, même s’il est totalement décalé par rapport à la situation du pays et ne recueille aucune crédibilité dans l’opinion.

Dans ce contexte, le comportement de la droite est aberrant. Elle avait un boulevard devant elle face au fiasco de la politique économique, aux allers et retours incessants du pouvoir en matière de décisions, aux aberrations de la politique fiscale, à la hausse continue du chômage et à la croissance qui joue la fameuse pièce de Beckett : "en attendant Godot". C’était sans doute trop facile : au lieu d’adopter le comportement logique que l’on attendrait d’élus soucieux de l’intérêt national, la droite s’est mise à tourner le dos aux problèmes du pays pour se livrer au  jeu dégradant d’un dénigrement interne, à base de calomnies et d’accusations réciproques donnant à penser au public que leur formation politique était mise en coupe réglée par des dirigeants sans scrupules.

Un spectacle atterrant qui témoigne que la droite n’a plus d’idées puisqu’elle ne fait aucune proposition pour tenter de sauver le pays. Le meilleur moyen de faire monter dans l’opinion le Front national qui peut ainsi apparaître comme le recours du désespoir à ceux qui réclament un changement de politique.

Tout cela fait l’affaire de François Hollande qui continue de croire en son étoile et ne songe qu’à son avenir personnel. La confrontation des uns et des autres ne l’inquiète pas. Elle démontre à ses yeux l’impossibilité d’aboutir à un consensus et débouche dans la  plupart des cas sur l’immobilisme, qui est au fond l’attitude de la France depuis des décennies. Le chef de l’Etat en prend acte pour présider à l’ancienne, mais sans vouloir faire acte d’autorité pour sortir le pays de l’enlisement.

Sa bataille est ailleurs : il mène sa propre campagne pour l’après 2017, à sa manière de vieux dirigeant du parti socialiste, habile à la rouerie politicienne. Il suffit de voir de quelle manière il change ses comportements. Il a modifié sa silhouette avec de nouvelles lunettes. Il veille sur toutes les nominations importantes, en ayant soin de gratifier des personnalités comme Jacques Toubon, qui font grincer les dents au PS. Il attache un soin particulier à la distribution des décorations. Il intervient discrètement sur toutes sortes de dossiers en province, cajole les jeunes à l’occasion de manifestations ciblées, vient au secours de certains petits patrons en difficulté. Bref, il retrouve l’attitude de ses ancêtres radicaux socialistes corréziens : le clientélisme. Il est entré en campagne, avec cette confiance inébranlable en lui-même, en espérant tirer les marrons du feu des divisions qui déchirent le pays. Un pari bien audacieux.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !