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le Ministère des finances planche depuis six mois sur le Pacte de responsabilité.
le Ministère des finances planche depuis six mois sur le Pacte de responsabilité.
©Reuters

Amateurisme

Pacte de responsabilité : la censure du Conseil constitutionnel atteste du manque de professionnalisme du gouvernement

Alors que le ministère des Finances planche depuis six mois sur le Pacte de responsabilité, le Conseil constitutionnel a été saisi par l'opposition. En cause, le principe d'égalité devant les salariés qui n'a pas été pris en compte, de quoi se demander comment une telle erreur a pu survenir de la part d'une administration qui se dit parmi les plus performantes du monde.

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME)

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Ce n’est pas un détail ! Comme voudrait le faire croire un gouvernement qui devant un projet retoqué par le Conseil Constitutionnel (excusez du peu), estime seulement qu’il suffit de trouver une autre recette de cuisine. Le sage montre du doigt, l’imbécile regarde le doigt et les Français ne sont pas tous des imbéciles !

Les chefs d‘entreprises en particulier sont donc effondrés par ce témoignage de non professionnalisme émanant du Ministère de l’Economie et des Finances appuyé dans son incompétence par le Ministère des Affaires Sociales et de la Santé.

Comment, en effet, peut-on concevoir que depuis 6 mois les experts de Bercy n’aient pas été capables de se rendre compte que la répartition des charges sociales prévue dans le cadre du Pacte de Responsabilité, était irrecevable puisque ces exonérations rompaient le principe d’égalité entre les salariés Français ? Il faut toutefois remarquer que cette irrégularité n’a pas échappé à tout le monde puisqu’une partie de la classe politique a été lucide. Ce sont les Députés de l’opposition qui ont saisi le Conseil Constitutionnel.

Ce qui est grave pour un Gouvernement socialiste c’est que cela impacte la partie "solidarité" et non pas la baisse des charges pour les entreprises, or les entrepreneurs se soucient beaucoup du pouvoir d’achat de leurs salariés (qui avait déjà été mis à mal par les heures supplémentaires refiscalisées).

Le manque de confiance qui mine notre pays tout entier et étouffe notre croissance se trouve à nouveau alimenté par ce qui témoigne d’une véritable incompétence ; un amateurisme d’autant plus incompréhensible pour des chefs d’entreprises qui sont tous les jours victimes de la complexité de tout ordre qu’ils subissent.

Comment ce dernier (?) épisode peut-il ne pas démotiver les entrepreneurs ? Comment y croire ? A quoi peut-on croire ?

Ce n’est pas "un revers du gouvernement" auquel on assiste mais à un nouveau revers pour la France.

Ce qui est encore plus irritant que tout le reste, c’est que, comme d’habitude, absolument personne n’est responsable. Le Ministre est aux fraises, le cabinet va essayer de les vendre pendant que Bercy les met en barquettes… Mais personne n’était donc chargé de valider cette diminution des charges salariales pour une certaine catégorie de salariés ? Personne, par simple bon sens, n’a pensé que ce n’était pas "juste", personne au sein d’un Gouvernement socialiste n’a pensé à la notion d’égalité ? Sur un millier de fonctionnaires à Bercy, n’y en avait-il pas un seul pour consulter la validité de la mesure auprès du Conseil Constitutionnel ? Et comme à la SNCF, aujourd’hui, on ne s’inquiète pas de savoir ce qu’on aurait dû faire. C’est une Administration irresponsable et pourtant supposée être parmi les plus talentueuses du Monde ! Cette légèreté, cette indifférence devant la faute, ce refus d’incriminer qui que ce soit terrifie les Français que nous sommes. Un chirurgien qui rate une opération peut aller devant un Tribunal. Le restaurant qui intoxique un client doit fermer ; le conducteur qui fait un excès de vitesse dépassant 5% de la vitesse autorisée, va payer ; le salarié qui fera une faute lourde sera licencié… oui, mais pas l’Administration Française et ceux qui nous gouvernent.

Alors, rêvons un peu… Si j’étais Présidente de la République devant la énième mesure retoquée pour inconstitutionnalité, je demanderais au(x) Ministre(s) concerné(s) de nous dire précisément qui n’a pas fait son travail et pourquoi, et "normalement" il me remettrait sa démission que j’accepterais probablement car le symbole est très fort devant un amateurisme que la société ne tolère nulle part et dans aucun domaine.

Et il se trouve que c’est justement la même administration responsable mais jamais "coupable" qui contrôle les commerces, les PME, les travailleurs indépendants, les professions libérales… et qui punit les autres sans état d’âme. 

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