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Oui, il faut encourager les chômeurs à reprendre un emploi rapidement mais, non, les droits rechargeables ne sont pas une bonne idée
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Dialogue social

Les négociations sur l'emploi entre syndicats et patronat ont échoué jeudi. Bernard Thibault impute cet échec au Medef qui, selon lui, se focalise uniquement sur la simplification des procédures de licenciement.

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME).

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Les 3 millions d'entrepreneurs suivent en ce moment avec attention les négociations sur l'emploi entre les partenaires sociaux. Si un accord ne se conclut pas le Gouvernement "menace de légiférer". Tout le monde se demande d'ailleurs en quoi consisterait la loi ?

Quelques réflexions de bon sens viennent immédiatement à l'esprit ; la déjudiciarisation, demandée par le patronat pour limiter le contrôle du juge sur les licenciements, est évidement un aspect de sécurité fondamental pour l'emploi ; la peur de recruter devient un handicap majeur dans notre pays. L'épée de Damoclès du licenciement demeure plus menaçante que jamais ! Cela libérerait les tribunaux prudhommaux, les chefs d'entreprise et les salariés eux-mêmes qui réfléchiraient avant d'aller vraiment en justice sur un dossier argumenté.

En revanche le principe des "droits rechargeables" demandé par les syndicats semble à priori hallucinant. Cette revendication syndicale devrait permettre au chômeur qui reprend un emploi de conserver le reliquat de ses droits au chômage, et tout cela sous l'excellent argument de ne pas décourager la reprise de l'emploi. Mais comment oser vouloir graver dans le marbre qu'il faut encourager quelqu'un à retrouver un travail ? Cette question va bien au delà de l'accord financier demandé, il s'agit vraiment d'une culture nationale qui nous conduit droit à la récession économique. Ou bien les "avantages" attribués aux chômeurs, additionnés les uns aux autres, sont trop élevés et de ce fait découragent réellement un salarié au SMIC de reprendre un emploi et dans ce cas il faut se poser les vraies questions d'une protection dissuasive, ou bien nous  avons décidé d'admettre que nous avons les moyens d'entretenir ceux qui refusent des emplois ?

La meilleure façon d'inciter au retour à l'emploi, mais elle n'est pas politiquement correcte, serait peut-être de contraindre le bénéficiaire de l'assurance chômage d'accepter dès la deuxième proposition un emploi qui correspond à ses compétences ? Justement parce que Pôle Emploi a très peu d'emplois à proposer et bien peu de formations efficaces et de soutiens réels lorsqu'un poste correspond au profil, notre situation économique ne nous permet pas cette tolérance. En revanche oui, Pôle Emploi peut compenser un salaire inférieur important dans certains cas ou même le complément d’un mi-temps. L’important et de re-travailler.

Quant au projet de taxation des contrats court, il est trop pénalisant pour des entreprises qui n'osent pas recruter parce qu'elles n'ont pas de visibilité, que le coût du travail est encore trop élevé et que l'épée de Damoclès (voir pus haut) est présente et c’est justement pour cela que l’on « abuse » des CDD.

En tant que chef d'entreprise, j'ai aussi un peu de difficultés avec la « période de mobilité volontaire » envisagée consistant à laisser partir un salarié de plus de deux ans d’ancienneté qui veut changer d'emploi et quitter mon entreprise… mais avec une garantie de retour ! C'est bien méconnaître la problématique du management, l'intégration au sein des équipes, etc. Le cas d'un salarié qui revient dans son ancienne entreprise existe mais en toute liberté de part et d'autre et après un certain temps, le cas est suffisamment rare pour que ce soit remarqué.

Pour le reste, les sujets discutés peuvent donner lieu à des avancées notables et souvent indispensables, comme la mobilité interne qui consisterait à ce que les salariés change de poste ou de lieu de travail dans l'entreprise dès lors qu’il se trouve à moins de 50 kilomètres ou 45 minutes de transport de son lieu de résidence, même si cette situation est souvent difficile.


À suivre...

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