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11 septembre 2001 : date de l’effondrement des tours du World Trade Center
11 septembre 2001 : date de l’effondrement des tours du World Trade Center
©Reuters Peter Morgan

1963-2013

Où étiez-vous quand… ? L’Histoire des 50 dernières années par ses moments chocs : du 11 septembre à la chute de Lehman Brothers, les années 2000 ou l’entrée dans un monde de violences

Le cinquième épisode de notre série sur "les moments chocs de l'histoire" se penche sur la décennie 2000, entre l’effondrement des tours du World Trade Center et la chute de Lehman Brothers.


Philippe Moreau Defarges, ancien diplomate et chercheur à l'Institut Français des Relations Internationales a choisi cinq dates de la décennie 1990 qui selon lui ont marqué une rupture dans l'Histoire de France, commenté par Bruno Le Maire, député de l'Eure et ancien ministre de l’Agriculture. Une décennie marquée par les attentats du 11 septembre à New York et Washington qui ont fait basculer le monde dans une nouvelle dimension.  

11 septembre 2001 : les attentats de New York et Washington

Philippe Moreau-Defarges : Le territoire américain a été directement frappé par des terroristes. C'est une première. Le territoire était un sanctuaire, presque intouchable. Les Etats-Unis – l'Occident – devenaient vulnérables. Ces événements ont révélé une haine contre l'Occident beaucoup plus importante que ce qu'on ne le craignait. Les attentats du 11 septembre sont imputables à Al-Qaïda et à Oussama Ben Laden mais, au Moyen-Orient, on a vu des scènes de joie après l'effondrement des deux tours du World Trade Center.

Bruno Le Maire : J'étais au ministère des Affaires étrangères, où j'étais conseiller à la Direction des Affaires stratégiques, de Sécurité et du Désarmement. Il y a eu tout de suite une véritable ébullition. On se demandait dans quel monde on entrait, un monde de violences.

Pour en savoir plus, retrouvez les épisodes précédent de notre série sur "les moments chocs de l'Histoire" : les années 1960 : la mort de Kennedyles années 1970 : le renoncement idéologique de la droite,les années 1980: la gauche face au principe de réalitéet les grèves de 1995, les années 1990 ou la France pétrifiée par la fracture sociale

21 avril 2002 : Le Pen au second tour de la présidentielle

Philippe Moreau-Defarges :C'est le début de la normalisation du Front national (FN). C'est aussi l'un des symptômes de la crise des partis traditionnels, d'un côté la droite républicaine de l'autre le Parti socialiste. A partir de cette date, le FN s'est enraciné dans le paysage politique français. Aujourd'hui, non seulement on vote FN mais on le dit, on le revendique.

Bruno Le Maire :J'étais dans ma voiture parce que je rentrais de Normandie et là encore, une surprise totale. J'en garde un souvenir d'une grande tristesse. Ça a été un basculement. Le peuple était capable de réserver des surprises à ses dirigeants, aux médias… On avait perdu le fil avec les citoyens.

29 mai 2005 : le "NON" à la Constitution européenne

Philippe Moreau-Defarges : Le 29 mai 2005, le désamour de l'Europe s'est exprimé ouvertement. Une majorité de Français s'est opposée à une nouvelle avancée européenne et a rejeté une Europe considérée comme technocrate. Mais beaucoup de ceux qui ont voté "NON" ne se présentaient pas comme anti-européens, au contraire, mais réclamaient une autre Europe.

Bruno Le Maire : Dominique de Villepin était ministre de l'Intérieur et je l'ai appris avec lui, dans son bureau. On s'y attendait. On a tout de suite mesuré que cela représentait un échec complet pour la majorité et un échec personnel pour Jacques Chirac, et que cela allait complètement bouleverser les cartes politiques.

Automne 2005 : les émeutes en banlieue

Philippe Moreau-Defarges : Les émeutes de l'automne 2005 ont mis en lumière le malaise des banlieues. Elles ont également souligné un vrai problème : l'intégration dans la société française de la population d'origine immigrée. Cette population avait l'impression d'être des Français de seconde zone. Ces événements mettaient également en exergue l'extrême difficulté de l'intégration dans une société où le chômage est devenu endémique. S'il n'y avait pas ce chômage de masse, il n'y aurait ces problèmes d'intégration.

Bruno Le Maire : J'étais conseiller politique de Dominique de Villepin, alors Premier ministre. Il devait partir au Canada, tout était planifié et, au dernier moment, il a pris la décision d'annuler son déplacement. Ces émeutes ont donné le sentiment que les politiques n'avaient plus de prises sur la réalité.

15 septembre 2008 : la chute de Lehman Brothers

Philippe Moreau-Defarges : La crise financière, dont les prémices se sont fait sentir dès 2007 avec la chute du marché des subprimes aux États-Unis, s'est amplifiée avec la faillite de Lehman Brothers. Nicolas Sarkozy était, à l'époque, à la présidence de l'Union européenne et il a été à la manœuvre pour sauver l'euro.

Bruno Le Maire : J'étais à Evreux, dans ma circonscription. J'ai eu le sentiment que l'on entrait dans un monde nouveau : ce qui paraissait solide ne l'était en fait pas. J'ai eu l'impression que notre monde était construit sur du sable. J'espère que cette faillite a mis un peu de "plomb dans la tête" de certains responsables financiers. Cela prouve que même dans le milieu financier, il faut des règles.  

Propos recueillis par Sylvain Chazot

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