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Novlangue, bis repetita : quand la ministre de la Famille vire au ridicule avec son "langage gay"
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Guerre des mots

Novlangue, bis repetita : quand la ministre de la Famille vire au ridicule avec son "langage gay"

Dominique Bertinotti, la ministre déléguée à la Famille du gouvernement Ayrault, apparaît ce mercredi dans une interview accordée au mensuel Têtu. Elle aborde notamment la question de la légalisation du mariage et utilise un langage un peu particulier...

Christian Millau

Christian Millau

Grand reporter, critique littéraire notamment pour le journal Service Littéraire, satiriste, Christian Millau est aussi écrivain.

Parmi ses parutions les plus récentes : Au galop des hussards (Grand prix de l'Académie française de la biographie et prix Joseph-Kessel), Bons baisers du goulag et aux éditions du Rocher,  Le Petit Roman du vin, Journal impoli (prix du livre incorrect 2011), Journal d'un mauvais Français (21 avril 2012) et Dictionnaire d'un peu tout et n'importe quoi (Rocher, 2013)

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On voudra bien m’excuser, mais la période estivale m’ayant tenu quelque peu éloigné de la chose publique, j’ignorais si nous avions ou non un gouvernement. Alors vous pouvez imaginer à quel point le nom de Mme Dominique Bertinotti m’était inconnu.

Je le regrette d’ailleurs car, par les temps qui courent, les occasions de rire se font rares.

Heureusement, me voici à jour. Non seulement, il existe une dame Bertinotti, présentement en situation citoyenne de vie, mais on chuchote même dans les bars du Marais qu’elle serait quelque chose comme ministre déléguée à la Famille. Je parle du Marais car j’apprends, en outre, qu’avant de grimper au firmament matignonnais, elle  fut le – non, pardon, la - maire du IVe arrondissement. On peut donc imaginer qu’elle a conservé ses petites et grandes entrées au magazine Têtu, organe officiel de la visibilté gay.

Pan dans le mille ! Elle vient de lui accorder une interview dont je conseille vivement la lecture aux grands comme aux petits, aux ecclésiastiques comme aux pères et mères de famille.

Dame Bertinotti a été chargée par le président de la Répubique de porter devant le Parlement le 31ème engagement de campagne du candidat Hollande : "ouvrir le droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels". Une urgence, en effet, dans la situation où nous sommes. Soit dit en passant, on observera que, tandis que les couples dits (abusivement ) normaux, formés par des individus de sexe opposé, ne songent qu’à se défaire, les homos ne pensent qu’à se marier. Avant de divorcer, comme tout le monde.

Mais attention, il ne faut plus dire "mariage gay" mais "mariage pour tous". De même, ceux de nos concitoyens qui ont une demi-douzaine d’épouses doivent désormais dire : "épouses supplémentaires".

Jamais la langue française ne s’est autant enrichie, au point de réenchanter jour après jour notre quotidien. Dans son entretien, Dame  Bertinottipropose une nouvelle lecture lexicale du mot "famille". Désormais, à part les quelques attardés facho-lepénistes de l’église Saint Nicolas du Chardonnet, on ne dira plus "fonder une famille" ou "un foyer"  mais "faire famille". Afin d’être sûre d’avoir été bien entendue, elle répète quatre fois "faire famille".

A partir d’aujourd’hui, dans les restos branchés, en tendant un peu l’oreille, on captera ce genre de conversation : "Quoi de neuf, Mario ?" "Je t’annonce la nouvelle : Gaston et moi, on va faire famille". Et à la table de dames, juste à côté : "Qu’est-ce que deviennent Bichette et Cuirette ?" "Ah, tu ne savais pas ? Mais ça y est, elles font famille !"

L'Éducation nationale, qui veille à tout, prépare, me dit-on, pour la rentrée des "modules pratiques de mise à niveau langagier".

Autrement dit, des "cours de rattrapage de français". Ainsi aurons-nous tous en partage le seul idiome correct, digne de notre degré de civilisation, qui, grâce à dieu, nous fera oublier le jargon de Racine, le patois de Molière et le sabir de Chateaubriand.

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