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Pour les associations féministes "Chiennes de garde" et "Osez le féminisme", la case "mademoiselle" est de trop.
Pour les associations féministes "Chiennes de garde" et "Osez le féminisme", la case "mademoiselle" est de trop.
©madameoumadame.fr

Où sont les femmes ?

Stop aux marches dans la rue, place au féminisme pragmatique

Alors que l'idée de supprimer la civilité "mademoiselle" fait débat, les mouvements féministes sont de plus en plus divisés quant à l'utilité de certaines actions. Quelles sont actuellement les priorités du "combat" féministe ?

Lydia Guirous

Lydia Guirous

Lydia Guirous est essayite, auteure de « Assimilation en finir avec ce tabou français » aux éditions de l’Observatoire et de « Ca n’a rien à voir avec l’Islam ? Face à l’islamisme réveillons-nous » aux éditions Plon, réédition en version augmentée et inédite.

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Silence sur les ondes… mais que se passe-t-il dans la bulle féministe ? Personne ne parle ? Pourtant l’actualité s’y prête depuis quelques mois… Les « Ni putes Ni soumises » se sont soumises et les « Chiennes de gardes » ont cessé d’aboyer. Il ne reste plus que quelques petits bras armées du PS, telle que l’association Osez le féminisme (OLF) qui tente d’occuper la scène par des coups de communication aux goûts douteux : par exemple la campagne « Osez le clito », comme si les femmes avaient attendu Madame De Haas collaboratrice de Benoît Hamon et de Martine Aubry pour apprendre à se servir de leur clitoris?

Tout cela est misérable, infantilisant et décrédibilise les femmes dans la société. La plupart du temps les combats menés par ces associations ne font qu’entretenir la défiance de la société vis-à-vis des femmes, le machisme et les discriminations. Les combats du MLF et de l'émancipation sexuelle des femmes en France, sont périmés...Soyons un peu honnêtes et surtout ouvrons les yeux!

Nous ne sommes plus dans les années 80 aux heures glorieuses de l’UNEF-ID et de la MNEF. La bande d’étudiants professionnelles fringants de « Touche pas à mon pote » a vieilli et s'est transformée en un bataillon d'apparatchiks rouillés du PS. Le temps des roses rue Soufflot a cédé la place aux longues marches vers le pôle emploi … Entre temps le Front National a émergé, les communautarismes se sont développés et notre société s’est progressivement clivée. La crise a généré non seulement une baisse du pouvoir d’achat, mais également une baisse grandissante de confiance des citoyens à l’égard des personnalités publiques. Autrement dit, les Français et les Françaises ne sont plus dupes et ne se laissent plus charmer par les coups de communication de rue comme la Marche des salopes. Le mythe du grand soir plus personne n’y croit, plus personne n’en veut...

Dernière trouvaille consternante dans la bulle féministe, la lutte hautement stratégique pour la suppression du mot « Mademoiselle »!

Franchement, à l’heure où la France et même l’Europe rentrent dans une période de crise, à l’heure où nous dressons un bilan d’échec après dix années de lutte pour la parité, à l’heure où se préparent de nombreuses échéances politiques sur lesquelles les femmes doivent peser, n’y a-t-il pas plus urgent ?

Un féminisme républicain

J’ai choisi, avec l’association Future, au Féminin que j’ai fondée, de dire stop à ce féminisme nombriliste de bobos enfermés dans leur tour d’ivoire. Les Français et les Françaises n’ont pas besoin de cela. 

Mon féminisme est un féminisme Républicain, rassemblant hommes et femmes pour œuvrer pour un « mieux vivre ensemble ». Mon féminisme, je le construis avec les hommes, car c’est avec eux, que nous ferons avancer la situation des femmes dans tous les domaines. J’estime qu’il est plus constructif de travailler à convaincre ceux qui ne sont pas féministes plutôt que de prêcher à des convaincues. Mon féminisme refuse l’indignation comme recette miracle à chaque maux de notre société. Mon féminisme refuse les happenings de rues qui ne débouchent vers rien de concret. 

Je propose un féminisme en phase à la société réelle : la parité, les inégalités salariales et la lutte contre les violences. Il y a urgence et l’actualité nous le rappelle : recul de la parité au Sénat, scandales sexuels au coeur du pouvoir, augmentation des violences faites aux femmes.

Je propose, avec l’association Future, au Féminin, un féminisme pragmatique, de proposition et indépendant de toutes structures politiques.  Plusieurs situations d’inégalités sont identifiées. Aujourd’hui nous sommes en mesure, à condition de volonté et de courage politique, de trouver des solutions précises, concrètes, réalistes et réalisables. Je ne me satisfais pas de déclarations d’intentions. D'ailleurs, j'ai rédigé avec un homme, Jacques Touzard, un manifeste intitulé "Plaidoyer pour un féminisme républicain, modernisé et avec les hommes". Dans cet ouvrage à paraître à l'automne, et qui sera adressé aux candidats à l'élection présidentielle, je dresse une série de propositions concrètes et réalisables rapidement.

"Osez le féminisme" et le Parti Socialiste : même combat !

Je dénoncerai toujours avec force et vigueur chaque action qui visera à faire du féminisme un gadget politique de plus, à l'instar de ce qui s'est fait avec la diversité ou la jeunesse. Le féminisme ne doit pas devenir une corde de plus à l'arc du populisme. Exigeons des associations féministes une indépendance complète vis-à-vis des partis politiques. Le féminisme est un combat d’intérêt général qui se situe au-dessus des partis politiques et qui n'appartient ni à la gauche ni à la droite. Notre indépendance garantit la qualité de notre message et sa force. Le message féministe ne doit pas être bradé sur  l’autel des intérêts partisans.  

Oui j’appelle de tous mes vœux, à travers le titre volontairement provocateur de Vatican II, à une renaissance et un recentrage du mouvement féministe vers les priorités réelles des femmes. Ce n’est pas la société qui doit s’adapter au féminisme mais le féminisme qui doit s’adapter à la société. 

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