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Les banques sont encore dans de sales draps.
Les banques sont encore dans de sales draps.
©Reuters

Décod'Eco

Nouvelle bulle en vue : les banques sont loin d'avoir réglé tous leurs problèmes

La crise déclenchée en 2007-2008 par les subprimes n'est pas terminée, et de nouveaux dangers se présentent pour le secteur bancaire.

Simone Wapler

Simone Wapler

Simone Wapler est rédactrice en Chef des Publications Agora (analyses et conseils financiers).

Elle est l'auteur de "Comment l'Etat va faire main basse sur votre argent: ... et ce que vous devez faire pour vous en sortir !", paru chez Ixelles Editions en mars 2013.

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Petit florilège des titres ces dernières semaines qui permettront de constater que les banques restent bien au coeur des préoccupations. Cette crise est d’abord financière, même si elle dérive en crise monétaire :

  • Séparation bancaire, l’Allemagne dans les pas de la France, Le Figaro
  • Allemagne : une douzaine de banques devront se scinder, Les Echos
  • La menace de Fitch aux Pays-Bas laisse les marchés obligataires de marbre, L’Agefi
  • Le stress sur la dette bancaire augmente, L’Agefi
  • L’immobilier pèse sur les caisses régionales du Crédit Agricole, L’Agefi
  • La mue de Lombard Odier et Pictet a des impacts fiscaux importants, Le Temps
  • Le scandale de la fixation des taux ébranle trois continents, Financial Times
  • L’emprunt : clé de la récession et de la reprise, The Wall Street Journal

Les banques ont connu ces dernières années une prospérité extraordinaire en externalisant leurs risques grâce au procédé dit de titrisation. Dans la finance de grand-papa, une banque prête, connaît son emprunteur et endosse le risque jusqu’à la fin du prêt. La marge de la banque est la différence entre le prix qu’elle a payé ses capitaux (vos dépôts ou l’argent qu’elle lève sur les marchés) et le taux du prêt qu’elle consent. Dans la finance d’aujourd’hui, une banque peut être un intermédiaire qui n’endosse presque plus de risques. Elle va saucissonner ses prêts et créer des “produits structurés” qu’elle vend à des zinzins (investisseurs institutionnels). Comme elle ne porte donc plus le risque jusqu’au bout, elle est beaucoup plus coulante sur à qui elle prête. De fumeux calculs de risques remplacent le contact humain et les statistiques issues de l’expérience.

Les banques sont également devenues “universelles: les mêmes établissements sont censés avoir une approche sécuritaire car ils prêtent les dépôts de leurs clients et une approche audacieuse car ils se livrent à des opérations de marché ou des opérations de prêts risqués. SNS Reaal (bancassureur hollandais en faillite) a donc été nationalisée dans l’urgence (après ABN Amro et Fortis). Selon Didier Burg dans Les Echos, l’Etat néerlandais en est déjà à 40 milliards d’euros, soit plus de 6% du PIB. SNS Reaal est impliquée dans l’immobilier. Or la bulle obligataire a éclaté et la chute des prix est de 25%. L’agence Fitch menace donc de dégrader les Pays-Bas puisque cette nationalisation va peser sur le déficit du pays qui frisera les 4% du PIB. Les mauvaises nouvelles s’enchaînant, les CDS (Credit Default Swap — instruments d’assurance) sur la dette bancaire se tendent à nouveau.

En France, les banques n’ont pas encore été confrontées à l’éclatement de la bulle immobilière

En France, la bulle immobilière n’a pas encore véritablement éclaté. Lorsque cela se produira, nos banques qui ont été chercher de la rentabilité sur des activités de marchés seront à nouveau dans de sales draps. En Suisse, la banque privée vient de se défroquer et trois grandes banques décident que leurs dirigeants ne seront plus responsables sur leurs biens propres. Dommage… Décidément, les havres de paix deviennent difficiles à trouver. Malgré tous les scandales (dont celui du Libor), le lobby bancaire a gagné, il n’y aura pas de véritable séparation des activités bancaires (contrairement à ce qu’avancent Les Echos). Simplement un peu de cosmétique pour faire croire qu’on “fait quelque chose”. C’est normal, n’oubliez pas que les banques financent les gouvernements dispendieux et que l’inceste est total.

Enfin, il ne peut y avoir de sortie de crise sans un système bancaire sain, comme le rappelle The Wall Street Journal. Mais plutôt que l’assainissement, l’establishment politico-financier préfère le replâtrage (cas Dexia) et créer de l’argent pour masquer son insolvabilité. Avec cet argent, les banques spéculent sur les marchés en espérant se refaire une peau. Mais ça ne marche pas tout à fait comme on le voudrait et les cadavres remontent à la surface. Le système est toujours instable.

[N'attendez pas le prochain épisode de la crise pour prendre des mesures de protection : agissez dès aujourd'hui...]

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