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Et les futurs ministres de Hollande pourraient être…
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Pronostics

Et les futurs ministres de Hollande pourraient être…

Ayrault à Matignon, Valls à l'Intérieur, Montebourg aux Collectivités territoriales ? Rien pour Delanoë ? Alors que le gouvernement s’échafaude en secret, certains noms fuitent. Petit pronostics des ministres pressentis dans le nouveau gouvernement...

Bruno  Botella

Bruno Botella

Bruno Botella est rédacteur en chef d'Acteurs publics.

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Atlantico : Le nouveau président de la République n’ a encore rien dévoilé de son gouvernement. Quelques heures avant la passation de pouvoir, on ne connaît même pas l’équipe qui rejoindra l’Elysée ce mardi. Vous qui surveillez étroitement le personnel de la vie politique, qui selon vous pourrait-on voir dans sa garde rapproché à l’Elysée ? Qui sont les candidats ?

Bruno Botella : On parle d’un préfet, Pierre-René Lemas, qui est l’actuel directeur de cabinet de Jean-Pierre Bel au Sénat et qui fait partie de la fameuse « promotion Voltaire ». C’est quelqu’un que François Hollande connaît donc depuis longtemps.

On parle aussi d’Emmanuel Macron, inspecteur des finances, la trentaine, qui travaille à la Banque Rothschild et pourrait se retrouver à l’Elysée ou à la tête d’un cabinet, comme celui du ministre des Finances ou du Budget. Il fait partie d’un groupe de nouveaux venus qui ont un profil plutôt administratif qui ne sont ni élus ni connus du grand public.

On parle aussi pour l’Elysée en tant que conseiller – à moins qu’il ne soit envoyé pour diriger, par exemple, le cabinet du ministre de l’Intérieur - de Nacer Meddah qui était secrétaire général de la campagne de François Hollande. Il a été préfet de Franche-Comté, nommé par Nicolas Sarkozy et viré quelques temps après pour un motif inconnu.

Quels sont les noms qui circulent pour les ministères ?

Des noms circulent. Cependant, le « petit grain de sable » est ce bruit sur les condamnations. Le problème tombe juste sur Jean-Marc Ayrault. S’il s’avérait que Hollande renonce à Ayrault par peur que l’affaire remonte, cela donnerait un bien mauvais signe de sa part. Cela signifierait qu’il céderait à la moindre petite brise médiatique… Ayrault reste tout de même le favori pour devenir Premier ministre.

Martine Aubry reste en embuscade.  Elle a annoncé qu’elle quittait le secrétariat général du PS à l’automne. Le nouveau président doit donc lui trouver un poste à la hauteur. C’est un vrai souci. Martine Aubry, pourrait récupérer un gros ministère. On parle de la Justice ou d’un autre ministère régalien.

Qui sont ceux qui sont à peu près assurés d’être ministre ?

Manuel Valls sera sans doute au ministère de l’Intérieur. On parle aussi sur ce poste de François Rebsamen, le sénateur-maire de Dijon – mais ses propos sur le cannabis pendant la campagne ont été contredits par François Hollande. Il a sans perdu des points à ce moment-là…

Vincent Peillon à l’Education. Il s’exprime sur les thèmes de l’éducation, en tout cas, comme s’il était déjà ministre ! Peut-être est-il déjà assuré d’avoir ce poste à la tête d’un gros ministère qui regrouperait l’Education et la Jeunesse.

Pour la Défense, Jean-Yves Le Drian est très bien placé. Le chef de la région Bretagne est le spécialiste au PS. Bernard Cazeneuve, l’un des porte-paroles de campagne et qui très spécialisé sur la Défense fut un temps en compétition avec lui, mais il semble avoir perdu…

La plupart des hommes cités ont déjà des fonctions locales, est-ce une difficulté supplémentaire à traiter pour François Hollande qui souhaitait limiter le cumul des mandats ?

François Hollande a été très clair. Ces candidats à des ministères vont devoir assurer leurs successions – ou au moins leurs transitions- dans leurs villes, leurs département sou leurs régions. Cela peut en rebuter certains… C’est le cas pour Jean-Yves Le Drian ou pour Jean-Marc Ayrault, Martine Aubry,  Manuel Valls ou Alain Rousset (président du Conseil général d’Aquitaine)…

Alain Rousset, justement, où le verrait-on ?

Il se verrait bien à la tête du gros ministère de la Production, que le nouveau président veut créer. L’appellation fait un peu « gosplan », mais ce ministère regrouperait production et agriculture afin de s’axer sur la réindustrialisation.

On parle d'Arnaud Montebourg pour les Collectivités locales pour mener la grande réforme de réindustrialisation que souhaite conduire le président. Michel Sapin pourrait être à l’Economie et aux Finances. Tout comme Vincent Peillon à l’Education, il s’exprime déjà comme s’il était déjà nommé.

Pour les Affaires sociales, Marisol Touraine est pressentie…

Parlons-en, François Hollande a justement promis la parité…

D’autres femmes sont pressenties. Mais elles ne sont pas très expérimentées. Elles sont trentenaires, voire quadra et souvent parlementaires. Il devra choisir entre une vingtaine de postes. Cela devait faire pas mal de déçus… Il pourrait être tenté de passer à 30 postes. Il pourra placer 15 hommes. Mais du coup, il lui faudra trouver 15 femmes ! Ce qui n’est pas évident non plus.

Il n’y a encore que trop peu de place pour les femmes. Il n’y a qu’à voir l’équipe de campagne de François Hollande pour s’en convaincre. Il pourra toujours trouver des parlementaires ou des spécialistes… Mais ce sera difficile.

Cela peut être le cas de personnes comme Valérie Fourneyron, députée-maire de Rouen pressentie aux Sports ou Catherine Lemorton, députée du parti socialiste de Haute-Garonne, qui est spécialiste des questions de Santé et qui pourrait recevoir ce secrétariat d’Etat.

Les "Hollandettes" risquent de ravir les postes des "Hollandais" ?

C’est le risque. Tous les hommes ne seront pas servis. Comme Bertrand Delanoë pressenti pour la Justice tout comme André Vallini ou Michel Destot, le maire de Grenoble.

Sans compter les places pour les responsables qui ne viennent pas du PS ?

Oui, il faudra faire de la place pour un ou deux élus issus du Front de Gauche et autant pour les Verts… On pourra attendre les législatives pour une deuxième fournée d’entrants. Mais le fait que Cécile Duflot arrive à Paris et fasse campagne avec Danièle Hoffman-Rispal laisse à penser que la patronne des Verts pourrait entrer au gouvernement…

Hériterait-elle forcément du portefeuille de l’Ecologie ?

Pas forcément car les Verts ne veulent plus se cantonner à ses postes. Elle pourrait devenir ministre des Transports ou de la Ville sans trop s’éloigner de sa thématique.

On parle aussi de Christiane Taubira (Radicaux de gauche). L’hypothèse Robert Hue me semble en revanche fragile car François Hollande va donner un signe très fort en misant sur « la jeunesse » et hésitera à nommer d’anciens ministres de François Mitterrand ou sous Jospin. On ne peut pas donner des portefeuilles importants à des sexagénaires et des secrétariats d’Etat à des femmes trentenaires… Ca se verrait. François Hollande avait aussi promis de réduire le nombre de collaborateurs. Sa volonté de rénover les choses devra se voir dans ces premières décisions.

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