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Nous allons basculer du "Gaulois né en France" au "migrant handicapé" !
©PASCAL PAVANI / AFP

C’est Noël mais pas pour tous…

Nous allons basculer du "Gaulois né en France" au "migrant handicapé" !

Le Père Noël est descendu du ciel avec sa hotte pleine de cadeaux. Et dedans il y avait ça.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Le Père Noël a une prédilection particulière pour le Lot-et-Garonne. Il a choisi ce département pour y déverser ses bienfaits. En l’occurrence « il » est une « elle ». Car le Père Noël de cette belle région est une femme, la préfète Béatrice Lagarde.

Dans La Dépêche, journal local, elle détaille le contenu de sa hotte. Contrairement à ce qu’on pourrait penser connaissant la gastronomie du Lot-et-Garonne, il ne s’agit pas de foie gras, de conserves de cassoulet ou de confit de canard. Béatrice Lagarde se réfère à une initiative nationale qui a pour nom « La France, une chance ». On connaissait déjà très bien les « chances pour la France ». Merci à Mme Lagarde de nous apprendre quelque chose de plus neuf.

Le but de « la France, une chance » est que 10.000 entreprises se mobilisent pour venir en aide aux plus défavorisés. Elles sont 84 à s’y être engagées dans le Lot-et-Garonne. Si on rapporte ce chiffre à tout le territoire français, on est vraiment très loin du compte…

Revenons à nos moutons lotais et garonnais. Mme la préfète n’est pas avare de précisions. Les 84 entreprises dont elle salue la générosité mènent déjà des actions en direction des jeunes défavorisés, des jeunes des ZEP, des jeunes en situation de handicap. Et elle a eu cette phrase dont la renversante beauté n’échappera à personne : « en caricaturant on pourrait dire que nous passons du Gaulois né en France au migrant handicapé sous main de justice ».

Ne parlant pas le langage préfectoral, nous ne comprenons pas très bien ce que veut dire « sous main de justice ». Défavorablement connus des services de justice ? Favorablement connus des services de justice ? Ou peut-être invoque-t-elle la main de Dieu qui, comme le souhaite le Pape, veut rendre justice aux malheureux migrants ?

On s’étonnera quand même de trouver dans la bouche d’une représentante de l’Etat le terme « Gaulois » habituellement en usage dans les banlieues. On se demandera aussi pourquoi Béatrice Lagarde réserve sa bienveillance aux « migrants handicapés ». N’y aurait-il pas là une intolérable discrimination à l’égard des migrants non handicapés.

Et que pense-t-elle du Gaulois handicapé ? II y en a et beaucoup plus qu’elle ne le pense. Le Gaulois pauvre et souffrant existe en grand nombre. La préfète du Lot-et-Garonne est supposée être la préfète de tous les habitants de son département, tous sans exception. Il y a également – pour reprendre l’expression de Macron – des « Gaulois réfractaires ». Vraisemblablement réfractaires au projet « La France, une chance ». Va-t-elle envoyer les forces de l’ordre contre eux pour les ramener à la raison ?

p.s. : Dans son homélie de Noël le pape François vient de célébrer « l’amour gratuit » qu’il oppose à la « logique marchande ». On se doutait bien que Sa Sainteté était réfractaire aux amours tarifés. Mais la préfète du Lot-et-Garonne l’a devancé dans cette voie de plusieurs jours.    

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