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Non je ne parlerai pas de Macron aujourd’hui
©Reuters

Les entrepreneurs parlent aux Français

Non je ne parlerai pas de Macron aujourd’hui

Il arrive toujours un moment où l’information s’étouffe elle-même. A force de mimer la masse, les médias lassent. Il est rare de trouver la moindre trace de plus-value, qui fournirait une raison de préférer un support plutôt qu’un autre, d’appuyer sur une touche plutôt qu’une autre.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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Le même visage passe sur toutes les chaînes, affublé des mêmes commentaires, ou supputations, sur le futur gouvernement, qui sera lui même une équipe en CDD. Les mêmes images, sur toutes les chaînes, tournant en boucle me fatiguent par leur manque de signification et leur moutonnisme. Heureusement il y a internet, Deezer et Netflix. Et surtout tellement de livres magnifiques à lire. La richesse de l’information trouve enfin une définition méritée, tant la plupart du temps elle confine surtout à une pitoyable pauvreté très largement répandue.

J’avais lu, très tard, l’excellent SAPIENS de Yuval Harari, qui tente d’éclairer le futur en décrivant les mouvements qui poussent à la tectonique des plaques de l’humanité depuis que l’homo est devenu Erectus. Bonheur absolu. Je serai en avance sur la lecture de son nouvel ouvrage, Homo Deus, qui semble bien pessimiste sur le sort de notre Sapiens d’espèce, qui est sur une pente clairement savonneuse, à laquelle la totalité de la classe politique mondiale est aveugle, tant les échéances évoquées sont éloignées des siennes. Après moi le déluge, semble être le slogan et le corpus politique le mieux partagé dans notre pauvre monde. 

J’ai jeté un nouvel œil à l’Homme Nu de nos 2 journalistes français, qui décortiquent la volonté assez funeste, de certains des GAFA, Google en tête et reste aussi anxiogène que réaliste sur les forces en présence. Je commence à lire le dernier livre de notre ami Bruno Teboul, « Robotariat », (néologisme pour Robotisation et Prolétariat). Inquiétant lui aussi, mais je ne suis qu’à la page 50 ! Cela rend l’ouvrage de Luc Ferry sur le Transhumanisme tout aussi indispensable pour comprendre en 200 pages les philosophies à l’œuvre, chez Google et sa Singularity University. Bref, gavé par une actualité vide d’intérêt, je me régale de papier (je sais, c’est pas bien pour la planète), de belles lettres, et me plongerait prochainement avant l’été, pour grossir intellectuellement tout en soignant ma taille pour la plage, dans ces ouvrages qui annonçaient bien avant tout le monde, l’apocalypse, au risque de faire rire leurs concitoyens. Qui riraient moins aujourd’hui. L’Utopie de Thomas More. 1884 de George Orwell. Bref avant de me gaver de sport, de soleil et de mojitos, et emmagasiner l’énergie dont nous aurons besoin en cas de non majorité à l’Assemblée Nationale, je vais entamer mon capital optimisme en relisant ces oiseaux de « réaliste augure » !

Il n’y a rien à dire sur la politique avant les législatives. Seul le résultat de ce scrutin sera ou le fossoyeur ou le catalyseur de nos 5 prochaines années et notre avenir avec lui. Tout ce qui est à souhaiter du côté des entrepreneurs tient en une simple liste :

- Délais de paiement ramenés à 30 jours,

- Augmentation de la longévité des seniors pour cesser de les conduire à la tombe professionnelle à partir de 50 ans,

- Des négociations salariales au niveau des entreprises, et non des branches, ou permettre une dérogation aux accords nationaux ou de branche, au niveau de l’entreprise. Le tout réservé exclusivement aux PME de moins de 500 salariés.

- Une réflexion sur l’économie dite collaborative et la responsabilité sociale des plateformes afin de bâtir un cadre simple, lisible, qui permette à cette économie de prospérer, mais pas en écrasant les livreurs et les chauffeurs. Un socle social de l’actif qui simplifierait tout.

- Un investissement massif, à l’échelle Européenne, sur le digital/numérique, IA, afin que nous offrions au monde, en associant Afrique et Europe, des modèles alternatifs aux GAFA, non pour les rejeter, mais pour les concurrencer et donner des géants à notre continent et une croissance plus rapide encore à l’Afrique, ce continent magnifique.

- Un droit à l’erreur pour les PME qui reprendraient les propositions de votre serviteur, dans ces mêmes colonnes, il y a 3 ans et pacifierait la relation entre l’administration et le privé.

- Le paquet sur l’exportation afin de se doter d’une équipe musclé obsédée par la conquête internationale.

- Un soutien massif aux agriculteurs, TPE, PME, commerçants, afin qu’ils puissent s’emparer du digital en mettant à leur disposition les briques applicatives, le traitement de la donnée, et l’accès à l’intelligence artificielle qui leur manque pour passer le cap tribal et psychologique des 10 et 20 personnes, qui fait de notre pays une terre sympathique mais naine économiquement.

Pour tout cela il faudrait que le digital et les PME, le commerce extérieur, soient pilotés par des entrepreneurs. Mais même avec Macron, je pense qu’il ne faut pas rêver. La société civile on en parle beaucoup, comme la classe moyenne, sans la définir pour éviter d’être pris à défaut quand on prend un énarque de plus, passé par le privé, qu’on pare ainsi de la qualification de « Civil ».

Je n’ai plus envie de parler de politique jusqu’au lendemain des législatives. Cela ne sert à rien. Je n’ai plus d’espoir de voir tous ces magnifiques activistes de l’entrepreneuriat reconnus pour l’apport qu’il pourrait avoir au profit de leur pays. 

Mais peut-être que nos idées trouveront leur chemin jusqu’au « Château », portées par la nécessité et l’impérieuse nécessité de remettre la France en position de viser la mise en orbite. Si les Républicains qui montrent déjà un aveuglement sectaire et revanchard, et aucune remise en cause, ne pourrissent pas la vie à ce gouvernement afin de privilégier leur victoire éventuelle aux prochaines présidentielles (ce pour quoi ils s’illusionnent totalement) sur le succès de la France, alors peut-être aurons nous, les moyens, nous entrepreneurs, d’enchanter la France, de lui donner la croissance et l’emploi, que son talent mérite. A suivre…

 

 

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