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Noémie Derhan - Books On Demand: "L’auto-édition doit s’ouvrir à tout le monde"
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L'interview Atlantico Business

Noémie Derhan - Books On Demand: "L’auto-édition doit s’ouvrir à tout le monde"

On connaissait le livre numérique, mais les éditeurs traditionnels doivent aussi composer avec le succès grandissant de l’auto-édition. Le principe, donner la possibilité à chacun de publier son ouvrage que l’on soit un auteur confirmé ou un débutant. Ce marché, qui pèse 4% de l’édition française, n’existait pas il y a encore quelques années. Avec ses 25.000 auteurs et ses 1,2 millions de livre sur leurs serveurs, Books On Demand, le leader européen du marché compte bien atteindre son objectif pour 2013 : "3 millions de livres imprimés" indique Noémie Derhan, responsable France de l’entreprise allemande.

Atlantico Business : Les plateformes d'auto-édition, sont de plus en plus nombreuses pour quelles raisons ? Quel intérêt représente l'auto-édition ?

Noémie Derhan : Les plateformes d'auto-édition se sont multipliées tout simplement parce que l'outil internet s'est développé. Il y a 10 ou 15 ans il n'était, de fait, pas aussi facile de publier un livre. En 2006, nous avions imprimé 17.000 livres, puis 100.000 en 2008 et on sera à environ 3 millions cette année. Chez Books On Demand, il y a différents types d'auteurs. Certains n'arrivent pas à être publiés par une maison d'édition "classique" car elles sont très difficiles d'accès. Si on n'a pas un nom ou un contact, il est difficile d'intégrer un éditeur, les taux de rejet sont importants. Les autres auteurs, sont des personnes qui ont simplement envie d'écrire un livre et à qui, on donne la possibilité de l'imprimer de manière libre grâce à notre plateforme. L'intérêt de l'auto-édition, c'est que l'auteur a la possibilité de commander seulement quelques unités de son ouvrage, s'il ne souhaite pas s'engager sur 1000 ou 2000 exemplaires en raison des coûts importants que cela représente. 

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Pourtant, pour un éditeur, imprimer en faible quantité coûte cher. Quel est votre modèle économique ?

Ces faibles tirages, on peut les obtenir grâce à notre technologie d'impression numérique. Cette technologie nous permet d'imprimer différents livres dans le même tirage, on fait en sorte de mettre sur un tirage des livres ayant la même taille par exemple et c'est tout. L'autre aspect du modèle, c'est que l'on travail en flux tendu. Nous n'avons aucun stock. Donc en regroupant les commandes, en imprimant juste ce qu'il faut et en expédiant de manière rapide, on automatise l'impression et cela  permet de réduire les coûts. On peut monter jusqu'à 500 ou 1000 tirages pour que cela soit intéressant au niveau financier. Les éditeurs traditionnels ont des tirages trop importants, ils ne peuvent pas être concernés par ce modèle.

 N'y-a-t-il pas le risque que l'auto-édition soit surtout un refuge pour des auteurs refusés par les maisons traditionnelles parce que leurs ouvrages ne sont pas qualitatifs ?

Je crois surtout que l'auto-édition doit s'ouvrir à tout le monde. Pourquoi telle ou telle personne aurait le droit d'écrire et pas une autre ? Nous avons souvent le cas d'auteurs débutants, refusés initialement par des maisons d'éditions classiques. Cela nous permet de faire émerger de nouveaux talents pour qu’ensuite, il passe dans l'édition classique afin d’imprimer de plus gros volumes. Nous avons aussi des auteurs déjà publiés par des maisons classiques qui, pour un ouvrage sur un sujet plus pointu, vont venir publier chez nous puisque ça leur permet de garder leur liberté d’expression et un contrôle sur le contenu. Ce n’est pas toujours le cas quand il s’agit de passer par un éditeur traditionnel. Enfin, en passant par Books On Demand, un auteur va rester propriétaire de ses droits d'auteurs et parfois c'est un critère pour ne pas aller dans une "grande maison d'édition". Donc je pense que les deux sont complémentaires. 

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