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Noel Mamère publie un livre avec un titre concis "Contre Zemmour".
Noel Mamère publie un livre avec un titre concis "Contre Zemmour".
©Reuters

La mort, mode d'emploi

Noël Mamère et la gauche pensante (?) contre "Le Suicide français" de Zemmour ! Mais c'est elle qui, avec une constance jamais démentie, s'est suicidée…

Revoilà le bon vieux temps, celui des années 30. La bête immonde etc… Et sur elle on tire à vue. Mais avec des fusils qui font juste "poum, poum".

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Noel Mamère publie un livre avec un titre concis "Contre Zemmour". On ne sait jamais, le nom de Zemmour peut peut-être faire vendre… Joseph Macé-Scaron s'en prend lui à "La panique identitaire"! S'il y a panique, elle n'est pas là où il la situe. Claude Askolovitch s'est mis en quatre pour signer, avec trois autres auteurs, "SOS les années 30 reviennent". Nul doute que sa préférence va pour les années – cons, les années-imbéciles et médiocres, dans lesquelles la gauche pensante se love dans un confort délicieux et douillet !

Ah ! Les années 30 avec ses vrais fascistes, ses monarchistes attardés, ses nationalistes barrésiens, ses antisémites affichés… Mais ça devrait plaire ! Car après la violente manifestation des Ligues en février 1934, il y eut une gigantesque contre-manifestation de la gauche réunie.  Et de ce rassemblement naquit le Front Populaire qui triompha en 1936. Alors, n'est-ce pas, tous les espoirs seraient permis. L'Histoire se répète, disait Marx. La première fois en tant que tragédie. La deuxième sous forme de farce.  Et la gauche, cette gauche-là, crie : "farce nous voilà ! "

Noel Mamère qui, de tous, a un peu de culture politique cite son Gramsci pour diagnostiquer que la gauche a perdu la bataille des idées face à une droite extrême qui a patiemment bâti pendant plus de trente ans, les instruments de sa reconquête culturelle. Le diagnostic n'est pas faux : la gauche est morte. Mais il se trompe cependant sur les raisons de ce trépas : c'est la gauche toute seule qui, avec obstination et persévérance, s'est donnée la mort. Un suicide et rien d'autre.

La gauche a vécu dans un pays factice et fictif qu'elle s'est confectionnée sur mesure cherchant la commodité d'une pensée vide et creuse. La gauche s'est époumonée en répétant de façon obsessionnelle et quasi pavlovienne, qu'elle était antifasciste et antiraciste. Et pour garder cette pauvre raison d'exister elle a insulté des millions de gens qui avaient le défaut de ne pas penser comme elle, qui n'étaient ni fascistes ni racistes, et dont quelques-uns, grâce à elle, le sont devenus.

Aidée en cela par des médias paresseux et complaisants, elle a cru en la toute-puissance de son moulin à prières qu'elle a fait tourner et tourner encore. Elle se regardait dans le miroir que lui tendaient journaux, radios et télés, et ce miroir lui disait : "tu es la plus belle".  Cette gauche-là, gauche-showbiz, gauche-téléréalité, s'est alors crue autorisée, avec une arrogance sans pareille à se dispenser de penser pour se contenter d'exercices tristement déclamatoires. Elle a ignoré le réel et le réel lui est revenu en pleine tronche à la façon d'un boomerang.

Elle a repoussé avec dédain toute notion d'identité nationale, forcément réactionnaire et fasciste. Mais elle a cultivé et caressé d'autres identités, plus jeunes et plus fraiches, qui ont prospéré sur le terreau des banlieues islamisées. Elle n'a vu là-bas que des chances pour la France. Tous les jours c'était "métissage mon amour !".  Et elle n'a pas voulu voir la violence abjecte (bien pire que la délinquance) qui se développait dans ces îlots de haine. Comment ceux qui n'étaient pas métissés, qui n'avaient pas élu domicile dans ces banlieues tant aimées ne se seraient-ils pas réveillés en revendiquant eux aussi une identité ? Ils ont enlevé le cache-France que la gauche avait mis sur la France.

La gauche a continué par vieille habitude à taper sur les églises qui se vidaient pourtant et étaient devenues des havres de paix. Ah les curées sont contre l'avortement, ah ils refusent le mariage pour tous ! Ce qui lui a permis de ne pas voir les mosquées qui se remplissaient et qui, pour certaines d'entre elles, fournissait un abondant lot de djihadistes. Aux yeux de tous, car tout le monde voyait et entendait, elle est devenue la gauche la plus menteuse et la plus hypocrite du monde.

Elle a achevé de se liquéfier en prenant pour cible Alain Finkielkraut, un des rares intellectuels d'envergure dans un pays qui en manque cruellement. Ce Juif polonais qui pour son malheur, a proclamé son attachement à l'identité française. Elle a continué à se déshonorer avec une pétition signée par des centaines de lumpen-intellectuels au rabais prétendant interdire à Marcel Gauchet, un autre penseur digne de ce nom, de prendre la parole aux Journées de l'Histoire de Blois. Gauchet en effet était réputé être réactionnaire et surtout homophobe au prétexte qu'il avait manifesté quelques réticences à propos du mariage pour tous. Regarder la liste des pétitionnaires : c'est la gauche-gay. Regardez-la encore : c'est la conjuration des imbéciles.

Ne sachant plus à quel saint se vouer, elle est allée brûler des cierges devant la statue de Saint-Badiou. Un vieux philosophe rester très jeune car il continue, un peu seul hélas, à honorer la mémoire du bien aimé camarade Staline, de Pol Pot et de Mao. De surcroit, Alain Badiou a eu l'intelligence de confesser dans un livre que le mot "juif" le dérangeait et le torturait. Ce qui est très tendance.

Un grotesque n'allant jamais seul, elle a aussi érigé une statue à Sainte Leonarda. Victime exemplaire et expiatoire car Rom. Les Dibrani étaient de toute évidence des escrocs, des menteurs et des tricheurs. Quelle importance ! Des semaines durant, des journalistes formatés ont fait la queue à Mitrovica, au Kosovo, pour recueillir les saintes paroles (dûment monnayées) de cette sainte famille.

Cette gauche-là inconsciente mais dotée d'un certain instant de survie a essayé quand même de sauver ce qu'elle pouvait de ses guenilles. Dans l'espoir d'avoir quelques enfants - c’est-à-dire  quelques électeurs - elle a tenté d'avoir recours à la GPA (gestation pour autrui) en s'adressant à la droite, pourtant vilipendée car lepénisée, pour lui demander d'être mère porteuse et d'accueillir dans son ventre dans un bébé baptisé "Front Républicain" susceptible de faire barrage au Front National. Désespérément stérile, elle n'a plus non plus négligé la PMA (procréation médicale assistée) en allant chercher dans les banlieues, un peu de chair fraiche et virile. Résultat : près de 60% des électeurs de l'UMP et du FN souhaitent aujourd'hui une alliance entre les deux partis.

Il convient de s'arrêter là. Car se serait indécent de faire trop long sur ce qui n'était pas grand chose et qui aujourd'hui n'est plus rien. On suivra sans trop de passion, les futurs épisodes de la guerre contre Zemmour et Marine Le Pen. Sans jamais oublier que c'est la gauche imbécile et vieillissante qui a fabriqué et Zemmour et Marine Le Pen.

 

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