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Et si, et si... Nicolas Sarkozy 
redressait la barre ?
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Et si, et si... Nicolas Sarkozy redressait la barre ?

Dans un sondage de CSA pour 20 Minutes, BFMTV et RMC, Nicolas Sarkozy est crédité de 30% des intentions de vote au premier tour, contre 26% pour François Hollande. Un tournant ?

Anita Hausser

Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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Évidemment les chiffres varient selon les Instituts, mais la tendance, amorcée après le meeting de Villepinte, se confirme et s’affermit : Nicolas Sarkozy est en hausse, François Hollande stagne ou baisse. Le sondage CSA pour BFM,TV et 20 minutes, est le plus tranché : il crédite Nicolas Sarkozy de quatre points d’avance (30% des intentions de vote), face à François Hollande qui régresse de deux points (26% d’intentions de vote au premier tour). L’écart est moins important pour l’IFOP, (le premier à avoir décelé l’avancée du président sortant, ainsi que pour TNS-SOFRES ; ce dernier Institut place pour la première fois Nicolas Sarkozy (29% des intentions de vote) devant François Hollande (28%). Et si pour l’heure les projections pour le deuxième tour ne varient pas, le candidat socialiste est toujours donné gagnant, l’écart se resserre pour CSA à 53/47 en faveur de François Hollande, alors que TNS SOFRES crédite toujours François Hollande d’une victoire avec 55% des suffrages.

Et la question qui se pose est : s’agit-il d’un véritable retournement de tendance ou d’un resserrement classique d’une présidentielle, qui verra le match final se dérouler dans un mouchoir ?

Dans le camp Sarkozy on jubile d’autant plus en ce moment que cette hausse des intentions de vote est corroborée par de bonnes études qualitatives pour le président sortant, (autorité, compétence, esprit de décision, sang froid), et on fait observer que le candidat se rapproche de son score du premier tour de 2007,(il avait totalisé 31,2 %des voix).

Dans ces mêmes études qualitatives François Hollande continue d’apparaître comme le plus rassembleur et le plus à l’écoute des gens. Le candidat PS retrouve aujourd’hui son étiage de mai 2011, autour de 26% des intentions de vote au premier tour. François Mitterrand avait obtenu 25,8% des voix au premier tour de 1981, devancé par Valéry Giscard d’Estaing à 28,3% ; Georges Marchais, le candidat communiste avait totalisé 15,3% des voix. C’est approximativement le score prêté aujourd’hui à Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de Gauche. Et c’est LA réserve de voix sur laquelle les socialistes comptent pour le second tour. Mais Jean-Luc Mélenchon est devenu l’allié objectif de Nicolas Sarkozy. Depuis le succès de « sa prise de la Bastille », il hausse le ton et au-delà de ses formules fleuries, dénonce comme la Droite, les « incohérences » du candidat Hollande, accusé par Nathalie Koziusko-Morizet d’ « esquiver sur les questions de sécurité, de segmenter ses discours selon les auditoires, de se conduire en rentier des sondages... » « Oui, mais la rente s’épuise », note perfidement un membre de l’entourage de Nicolas Sarkozy.

Pris en tenaille entre la droite et sa gauche, comment François Hollande va-t-il tenter de contrecarrer ce mouvement baissier ? « J'ai un cap et je n'en dévie pas », affirme le candidat avant d’ajouter : « Il n'y a pas besoin de créer je ne sais quel nouveau souffle, mais en même temps il nous faut entretenir cette dynamique jusqu'au bout ». Exercice rendu d’autant plus délicat qu’il a, quoiqu’en disent ses adversaires, déjà présenté son programme en soixante propositions, et qu’il se refuse à faire de nouvelles propositions au nom de « la cohérence », précisément. A l’inverse Nicolas Sarkozy dévoile progressivement ses propositions et annonce la présentation de l’ensemble de son projet pour la semaine prochaine, ce qui constituera une nouvelle séquence forte pour le président candidat.

En déclarant qu’il faut « garder toujours le même rythme », et surtout qu’« il ne faut jamais se laisser impressionner par l'adversaire », François Hollande veut, lui, montrer qu’il s’est préparé à ce passage délicat, et qu’il n’entend pas changer de stratégie, et que son objectif demeure « le redressement de la France après un quinquennat de l’échec ». Cela n’empêche pas l’adaptation : mercredi à Nice, la présence à ses cotés d’Arnaud Montebourg, le champion de l’anti-mondialisation, n’est pas passée inaperçue. Et dans les prochains jours le candidat socialiste va mettre l’accent dans ses discours sur le pouvoir d’achat, l’emploi, la désindustrialisation. Pour mobiliser son électorat, et pour parler à ceux qui sont tentés par le vote Mélenchon. A un peu plus de trois semaines du premier tour rien n’est joué, mais tout se joue en ce moment.

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