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Nicolas Sarkozy, encore un effort pour être républicain !
©Reuters

Un discours, un discours !

Nicolas Sarkozy, encore un effort pour être républicain !

Vous devriez, monsieur le Président, lire le marquis de Sade.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Vous avez été président de la République. Vous voilà maintenant président des Républicains. C'est pas mal non plus. François Hollande avait lâché à vos trousses quelques cohortes d'encartés à gauche à seule fin de vous priver de ce titre enviable. Une démarche supposée "juridique". En réalité grotesque, imbécile et ubuesque. Des juges qui connaissent le droit les ont renvoyés dans les cordes. La France n'est pas encore l'Absurdie.

Vous êtes sur le bon chemin mais comme dirait Raffarin que vous connaissez bien "notre chemin est droit mais la pente est forte". Il vous faut donc persévérer car président des Républicains c'est bien plus beau et plus exigeant que président de la République ou président de l'UMP. Et n'oubliez pas en passant de remercier Valéry Giscard d'Estaing. C'est le seul qui aurait été fondé à vous chercher des noises. En son temps il fut en effet président du Parti Républicain (PR). Mais comme il ne peut pas souffrir Chirac, sans doute qu'il vous aime bien.

Effacez, noblesse de votre nouveau titre oblige, les centaines de discours plus ou moins convenus dont vous nous avaient gratifié depuis des années. Etre chef des Républicains exige un nouveau souffle révolutionnaire. Et pour cela, monsieur le Président, osez le divin marquis ! Oui le marquis de Sade ! Comme vous ne raffolez pas des mièvreries de la Princesse de Clèves, vous y prendrez goût. C'est chez lui, et chez lui seulement, que vous trouverez la vigueur mâle nécessaire pour enflammer les foules républicaines.

Vous êtes méfiant ? Vous croyez qu'il s'agit de Justine ou des 120 jours de Sodome ? D'étreintes scabreuses et multiples dans des positions plus acrobatiques les unes que les autres ? Et bien non ! Le marquis de Sade a écrit un petit livre (pas très connu, car on n'y fornique pas) qui porte comme titre "La philosophie dans le boudoir". Avec un chapitre que je vous recommande particulièrement : "Français encore un effort pour être républicains"! Vous y êtes maintenant ?

Vous y découvrirez des passages d'une violence imprécatrice inouïe qui, si vous vous en inspirez, feront de vous le Bossuet des Républicains.  D'ailleurs comme ce texte-là est - injustement - oublié, vous pourrez le recopier sans crainte. En changeant deux mots : à la place de "christianisme" vous mettrez "socialisme" et au nom de Jésus vous substituerez celui de Hollande. Voyez cette belle et sublime mise en garde.

Si, malheureusement pour lui, le Français s'envelissait encore dans les ténèbres du christianisme d'un côté l'orgueil, la tyrannie, le despotisme des prêtres [...] l'auraient vite ramené sous le joug que son énergie vient de briser. Et prenez celle là aussi. Croyez vous que de bonne foi je me laisserai dominer par l'opinion d'un homme que je viendrai de voir aux pieds de l'imbécile prêtre de Jésus.

Cela vous plaît ? Oui ! Mais vous devez, monsieur le Président, vous arrêter là. Non, n'allez pas plus loin car vous courrez au suicide ! S'il vous plaît, ne lisez pas ce qui suit. C'est un éloge effroyable de la sodomie. Presque tous les sérails d'Alger ne sont plus aujourd'hui peuplés que de jeunes garçons. On ne se contentait pas de tolérer, on ordonnait à Thèbes l'amour des garçons. Le philosophe de Chéronée le prescrivit pour adoucir les mœurs des jeunes gens.

Vous avez conscience du danger ? La Manif pour tous, ça fait quand même des centaines de milliers de voix. En plus vous avez juré fidélité à Mme Bettencourt. Mais pas à Pierre Bergé.

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