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Nick Clegg le 6 mai 2011, au lendemain de sa défaite électorale
Nick Clegg le 6 mai 2011, au lendemain de sa défaite électorale
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EDITORIAL

Une raclée pour le vice-Premier ministre britannique Nick Clegg

La réforme électorale voulue par le leader des Libéraux-démocrates a été refusée par 67,9% des votants. Le gouvernement est divisé.

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein,, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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"Non, au Vice-Premier Ministre" titre le quotidien The Independent, qui est opposé au gouvernement actuel.

Le gouvernement d'union animé par le tandem Conservateurs et Libéraux-démocrates est secoué par le résultat des élections britanniques qui ont eu lieu jeudi. Le vice-Premier ministre libéral-démocrate Nick Clegg, qui voulait obtenir une modification du mode scrutin pour l'AV (Alternative Vote), un système plus favorable aux petits partis comme le sien, subit un sévère défaite. De plus le gouvernement a été violemment divisé entre pro et anti réforme. Et pour couronner le tout, les indépendantistes écossais ont, eux aussi, gagné des sièges. Même ceux qui ne sont pas fans des arcanes de la politique britannique sont surpris. 

69,7% des votants ont dit non au projet de réforme. Et ce n'est pas tout : les Libéraux-démocrates ont aussi été battus lors des élections locales qui se déroulaient le même jour. La défaite nationale, se double d'une défaite personnelle pour Clegg puisque son parti a perdu neuf sièges dans sa région à Sheffield.

"Non à l'AV, Oui à un problème constitutionnel", titre le Guardian soulignant les divisions du gouvernement d'union.

Clegg est vraiment le grand perdant, puisque ses alliés conservateurs menés par l'actuel Premier ministre, David Cameron, ont gagné des sièges, comme les Travaillistes qui sont dans l'opposition. Les électeurs ont profité de cette élection pour faire payer au parti libéral-démocrate le reniement de certaines de ses promesses électorales au profit de son alliance avec les Conservateurs qui ont mis en place une politique d'austérité assez brutale. Son illustration la plus spectaculaire a été la hausse des droits d'inscriptions à l'université qui a provoqué de violentes émeutes d'étudiants, comme Londres n'en avait jamais vues depuis des années. La Rolls du prince Charles avait été attaquée par des manifestants, qui avaient réussi à frapper son épouse Camila, via une fenêtre entr'ouverte du véhicule qui avait été maculé de peinture, après avoir été isolé de son escorte policière.

Cameron s'en sort bien, puisque malgré cette cure d'austérité, son parti est en progrès. Par contre, la coalition qu'il dirige sort affaiblie : les Conservateurs étaient opposés à la réforme voulue par les Libéraux-démocrates. Et la bagarre au sein du gouvernement a dégénéré. Fin mars, Chris Huhne, le secrétaire d'Etat libéral-démocrate à l'Energie a accusé sa collègue conservatrice Lady Warsi de faire une campagne digne de Goebells contre le projet de réforme, comme l'a raconté le Guardian.

Beaucoup d'observateurs, comme la Une du Guardian, soulignent que la coalition est désormais bancale, et qu'un an après son arrivée au pouvoir, elle affiche une fausse sérénité de façade, pendant que chacun soigne ses plaies et ses bosses après la bagarre. Cameron n'a pas le choix, il n'a pas une majorité suffisante pour gouverner sans les Libéraux-démocrates de Clegg.

Le feuilleton politique britannique risque de continuer malgré les déclarations optimistes du Premier ministre britannique.

Le quotidien écossais The Scotsman salue la victoire d'Alex Salmond, le chef du Scottish National Party (SNP).

Les soucis de Cameron risquent de durer, d'autant plus que ces élections locales ont été marquées par la poussée du parti national écossais, le SNP, qui milite pour l'indépendance de l'Ecosse. Son chef, Alex Salmond, se félicite d'avoir emporté la majorité absolue, ce qui lui permettra sans doute, d'organiser un référendum sur l'indépendance de l'Ecosse.

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